Obama dévoile son plan pour fermer Guantánamo

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Le président Obama s'adresse à la presse depuis la Maison-Blanche pour réaffirmer son ambition de fermer la prison de Guantánamo, le 23 février.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

Barack Obama a dévoilé mardi son plan pour fermer la prison de Guantánamo avec l'espoir de tenir enfin cette promesse de campagne, juste avant son départ de la Maison-Blanche, mais l'obstacle du Congrès devrait être difficile à franchir.

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Un rapport très attendu du Pentagone sur la fermeture de la prison de Guantánamo devrait être remis au Congrès américain d'ici mardi soir.

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«Il s'agit de refermer un chapitre de notre histoire», a déclaré le président américain en évoquant ce centre de détention qui incarne, à travers le monde, les excès dans la lutte antiterroriste des États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.

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Dès sa campagne de 2008, Obama avait promis de fermer cette prison «que le monde condamne». Mais en sept années au pouvoir, il n'a pas réussi à faire bouger les lignes. «Je ne veux pas refiler le problème au prochain président», a-t-il martelé mardi.

«Depuis plusieurs années, il est devenu clair que (cette prison) ne permet pas de renforcer notre sécurité nationale, elle l'affaiblit», a-t-il déclaré, évoquant un outil de recrutement pour les djihadistes. «Garder ce centre ouvert est contraire à nos valeurs».

Dans ce plan qui laisse nombre de questions en suspens, l'exécutif a identifié 13 sites sur le sol américain susceptibles d'accueillir les prisonniers actuellement détenus sur l'île de Cuba. Mais il n'en communique cependant pas la liste exhaustive et n'en recommande pas un en particulier.

Le coût total de ce transfert serait significatif, se situant dans une fourchette de 290 à 475 millions de dollars.

Il reste à ce jour 91 détenus dans cette prison qui en a un temps accueilli près de 800. Trente-cinq d'entre eux pourraient être transférés dans des pays tiers dans les mois à venir, selon l'exécutif américain.

La détention sur le sol américain, plutôt qu'à Guantánamo, engendrerait des économies annuelles de l'ordre de 65 à 85 millions de dollars par an, ce qui permettrait donc d'amortir le coût du transfert en «trois à cinq ans», selon l'exécutif.

«Si, en tant que pays, nous ne réglons pas ce problème aujourd'hui, quand le ferons-nous? Allons-nous laisser traîner le dossier pendant 15, 20, 30 ans?», s'est interrogé M. Obama.

Sans surprise, le projet a immédiatement suscité de vives réactions dans le camp républicain.

Une «tache»

«Sa proposition manque de détails cruciaux, requis par la loi, comme le coût exact et le lieu d'un nouveau centre de détention», a critiqué Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants. «Nous ne risquerons pas notre sécurité nationale pour une promesse de campagne».

Le sénateur de la Floride Marco Rubio, en lice dans la primaire républicaine pour la Maison-Blanche, a opté pour un ton résolument guerrier: «Lorsque je serai président, si nous capturons des terroristes vivants, ils ne seront pas jugés à Manhattan, ils ne seront pas envoyés au Nevada. Ils iront à Guantánamo et nous découvrirons tout ce qu'ils savent».

Le sénateur républicain John McCain a lui aussi déploré un projet «vague», mais annoncé que sa commission tiendrait néanmoins des auditions pour examiner les propositions du président.

Si, comme c'est prévisible, le Congrès bloque tout mouvement, l'exécutif américain pourrait être tenté d'agir par décrets. La Maison-Blanche est cependant restée jusqu'ici évasive sur ce thème. Et la marge de manoeuvre juridique du président américain est incertaine et divise les experts.

Les organisations de défense des droits de l'homme mettent en garde de longue date contre la tentation de pérenniser sur le sol américain un système de détention illimitée sans inculpation, dénonçant une solution consistant à simplement «changer le code postal de Guantánamo».

«Guantánamo doit être fermé en s'attaquant au problème de manière frontale, pas en le déplaçant ailleurs», a réagi Naureen Shah, directrice d'Amnistie internationale pour les États-Unis.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Zeid Ra'ad al Hussein a lui salué l'annonce de ce plan, rappelant que Guantánamo était, depuis 14 ans, «une tache» sur la réputation des États-Unis et avait été utilisé par de nombreux régimes répressifs pour justifier leurs comportements condamnables.

«Fermer Guantánamo d'ici la fin de l'année est possible», estime le New York Times dans un éditorial, appelant les républicains à dépasser une opposition «systématique et irréfléchie».

«Cela rendrait les États-Unis plus sûrs, contribuerait à restaurer le rang de l'Amérique comme défenseur des droits de l'homme et représenterait des millions de dollars d'économies pour le contribuable», ajoute-t-il.

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