Serial : début de l'audience pour la tenue d'un nouveau procès

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Adnan Syed à son arrivée au palais de justice de Baltimore.

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Juliet Linderman
Associated Press
Baltimore

Les audiences pour décider si Adnan Syed, objet du documentaire en baladodiffusion Serial, pourra obtenir un nouveau procès s'est attardé, mercredi, sur le refus de son avocate, à l'époque, d'appeler à la barre un témoin-clé.

Adnan Syed, aujourd'hui âgé de 35 ans, a été reconnu coupable, à 19 ans, de l'assassinat de sa petite amie, Hae Min Lee, en 1999. Il purge une peine d'emprisonnement à vie. À la suite de la diffusion du documentaire radio Serial, Syed tente depuis mercredi d'obtenir de la Cour d'appel de l'État un nouveau procès. Les audiences devraient durer trois jours, à Baltimore.

L'avocat de l'inculpé, Justin Brown, a plaidé mercredi que l'ancienne avocate de son client, Cristina Gutierrez - aujourd'hui décédée -, avait commis une grave erreur en n'appelant pas à la barre Asia McClain, qui soutenait pourtant avoir vu Adnan Syed dans une bibliothèque au moment où le meurtre aurait été commis.

Mais le procureur Thiru Vignarajah a affirmé qu'il avait des raisons de croire que la jeune fille n'était pas digne de confiance. M. Vignarajah, du bureau du procureur général du Maryland, a fait valoir que Me Gutierrez était dévouée et efficace, et que Syed n'avait pas été condamné à cause de l'incompétence de son avocate mais bien parce qu'il était coupable. Il a ajouté que la décision de Cristina Gutierrez de ne pas recourir au témoignage de Mme McClain a peut-être été la plus sage - en tout cas elle était certainement acceptable.

La défense a toutefois fait le lien entre cette décision et les problèmes personnels éprouvés à l'époque par Me Gutierrez, qui a plus tard perdu le droit d'exercer sa profession. Me Brown a évoqué la santé déclinante et les soucis familiaux de l'avocate, disant que cette situation avait fait en sorte qu'elle avait laissé passer la preuve la plus importante du dossier: le témoin qui pouvait fournir un alibi à Adnan Syed.

Témoignant elle-même mercredi, Asia McClain, devenue depuis Asia Chapman, a soutenu qu'elle avait été induite en erreur sur l'importance de son témoignage, en 2010, par un procureur de l'époque, à qui elle parlait au téléphone. Ce procureur, Kevin Urick, aurait ensuite donné une version fausse de ces conversations, disant au tribunal que Mme McClain avait admis que son crucial témoignage était faux. Or, elle a soutenu mercredi qu'elle n'avait jamais fait un tel aveu.

L'affaire Syed était classée depuis des années lorsque la réalisatrice Sarah Koenig, une ancienne journaliste du Baltimore Sun, a commencé à s'y intéresser en 2014 dans le cadre d'une émission en baladodiffusion hebdomadaire, attirant des millions d'auditeurs chaque semaine à l'antenne d'une radio publique américaine.

Mme Koenig a soulevé des questions concernant le caractère équitable du procès de Syed et a découvert de nouvelles preuves qui ont contribué à ce que la Cour d'appel du Maryland entende la requête pour ordonner un nouveau procès.

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