Barack Obama appelle l'Amérique à ne pas succomber à la peur

À douze mois de son départ, le bilan... (PHOTO AP)

Agrandir

À douze mois de son départ, le bilan de Barack Obama divise l'Amérique.

PHOTO AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

Barack Obama a exhorté mardi soir l'Amérique à ne pas céder à la peur, face aux turbulences économiques comme à la menace du groupe État islamique qu'il a appelé à ne pas surestimer.

Déterminé à marquer le contraste avec les républicains qui espèrent lui succéder à la Maison-Blanche en 2017, le président démocrate, très à l'aise, enjoué, a invité les Américains à accompagner les «extraordinaires changements» en cours.

À l'attention de ses adversaires, M. Obama a mis en garde, à la tribune du Congrès, contre les déclarations excessives sur l'EI selon lesquelles le monde serait engagé dans «la Troisième guerre mondiale». «Elles font le jeu» des djihadistes, a-t-il averti.

«Des masses de combattants à l'arrière de pick-ups et des esprits torturés complotant dans des appartements ou des garages posent un énorme danger pour les civils et doivent être arrêtés. Mais ils ne représentent pas une menace existentielle pour notre Nation», a-t-il martelé lors de son ultime discours sur l'état de l'Union.

Sûr de son effet, il a ajouté: «Si vous doutez de l'engagement de l'Amérique - ou du mien - pour que justice soit faite, demandez à Oussama Ben Laden!».

Ce rendez-vous traditionnel était pour le 44e président des États-Unis la dernière occasion de s'adresser aux Américains en prime time avant que Washington et le reste du pays ne basculent complètement dans une véritable frénésie électorale.

Candidats démocrates et républicains à la présidentielle s'apprêtent à entrer - enfin - dans le vif du sujet avec le début des primaires, le 1er février dans l'Iowa.

Parler du déclin de l'économie américaine est «une fiction politique», a encore lancé M. Obama, dans une référence à peine voilée aux déclarations alarmistes du milliardaire Donald Trump.

«Découvertes médicales»

Evoquant les bouleversements profonds qui ont touché les États-Unis au cours de l'histoire - avec en particulier des vagues d'immigrations successives - il a appelé à garder le cap: «À chaque fois, certains nous disaient d'avoir peur de l'avenir. (...) À chaque fois, nous avons vaincu ces peurs».

Début décembre, la Maison-Blanche a dénoncé des propos «cyniques» et «destructeurs» de Donald Trump après sa proposition visant, sur fond de craintes d'attentats djihadistes, à interdire temporairement l'entrée des États-Unis aux musulmans.

Les bouleversements en cours sont chargés de promesses, telles que «des découvertes médicales fantastiques», a encore souligné M. Obama, avant d'annoncer un «nouvel effort national» contre le cancer. Et de citer le vice-président Joe Biden selon lequel «l'Amérique pourrait soigner le cancer comme elle a su conquérir la Lune».

Le président a aussi replacé au premier plan une ancienne promesse de campagne sur laquelle il a jusqu'ici échoué: fermer la prison de Guantanamo, ouverte après les attentats du 11 septembre 2001.

«Elle coûte cher, elle est inutile, et elle n'est qu'un tract de recrutement pour nos ennemis», a-t-il lancé, sous des applaudissements nourris.

«Levez l'embargo!»

Mettant en avant le chemin parcouru depuis l'annonce il y a un an du rapprochement avec Cuba, il a nouvelle fois appelé le Congrès à lever l'embargo économique américain.

«Cinquante ans passés à isoler Cuba n'ont pas réussi à promouvoir la démocratie et nous ont fait reculer en Amérique latine. Vous voulez renforcer notre leadership et notre crédibilité sur le continent? Admettez que la Guerre froide est finie. Levez l'embargo !», a-t-il lancé.

Sur les trois sénateurs républicains candidats à la succession de M. Obama, seul Marco Rubio (Floride) était présent dans l'hémicycle. Ted Cruz (Texas) avait lui décidé de poursuivre sa campagne dans le New Hampshire, loin de la capitale fédérale dont il dénonce inlassablement les turpitudes.

A douze mois de son départ, le bilan de Barack Obama divise l'Amérique: selon un sondage CBS/NYT, 46% approuvent son action à la Maison-Blanche, 47% la désapprouvent.

Dans les tribunes du public étaient présents plusieurs femmes musulmanes en hijab, invitées par des élus démocrates, ainsi qu'un réfugié syrien récemment arrivé aux États-Unis.

Jim Obergefell, l'un des plaignants du fameux procès ayant conduit à la légalisation du mariage entre personnes de même sexe, était assis derrière la Première dame. Dans la tribune en face d'eux, la greffière du Kentucky Kim Davis, qui avait refusé d'appliquer l'arrêt de la Cour suprême, a assisté stoïque au discours.

Dans la traditionnelle réponse au président, prononcée cette année par Nikki Haley, gouverneure de l'État conservateur de Caroline du Sud, les républicains, ont, sans le nommer, décocher de sévères piques à Donald Trump.

Le succès de ce dernier dans les sondages affole l'appareil du Grand Old Party, car il est jugé trop extrémiste pour remporter la présidentielle.

«Dans cette période anxieuse, il peut être tentant de suivre les chants des sirènes des voix les plus en colère. Nous devons résister à cette tentation», a lancé Nikki Haley.

Sur Twitter, Donald Trump a ignoré la gouverneure et ironisé sur un discours présidentiel «ennuyeux, plat et léthargique».

«Sept années de progrès. Il faut bâtir dessus, ne pas revenir en arrière», a de son côté lancé Hillary Clinton, grandissime favorite pour être la candidate démocrate lors du scrutin du 8 novembre.

«Je crois au changement car je crois en vous», a conclu Barack Obama en écho aux slogans de la campagne qui l'avait porté au pouvoir, en 2008.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer