É.-U.: le Congrès indemnise les ex-otages de l'ambassade américaine de Téhéran

L'accord de libération signé en 1981 interdisait aux... (Photo archives AP)

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L'accord de libération signé en 1981 interdisait aux anciens otages de poursuivre l'Iran pour obtenir réparation. Selon le démocrate Gerry Connolly, les ex-otages restent les seules victimes américaines de «terrorisme d'État» juridiquement empêchées d'obtenir réparation devant les tribunaux américains.

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Agence France-Presse

Le Congrès américain a adopté une mesure qui permettra enfin d'indemniser, 35 ans après, les anciens otages de l'ambassade des États-Unis à Téhéran, ainsi que les victimes des attentats de 1998 en Tanzanie et au Kenya.

Le Congrès a voté la semaine dernière une grande loi budgétaire qui renouvelle pour cinq ans le fonds d'indemnisation des victimes du 11-Septembre et crée un nouveau programme en faveur de victimes d'attentats commis avec le soutien d'États, ce qui recouvrirait les attentats de 1998 contre les ambassades en Tanzanie et au Kenya, les attentats de Beyrouth en 1983, ainsi que la prise d'otages de 53 personnes qui a duré 444 jours à Téhéran entre 1979 et 1981.

Ce nouveau fonds sera financé par les actifs saisis dans le cadre de sanctions, notamment une partie des 9 milliards de dollars payés par BNP Paribas cette année pour avoir violé des embargos américains contre le Soudan, Cuba et l'Iran.

Chaque ancien otage de Téhéran aura droit à 10 000 dollars par jour passé en otage, soit un maximum de 4,4 millions de dollars. Les conjoints et enfants auront droit à une somme forfaitaire de 600 000 dollars chacun.

L'accord de libération signé en 1981 interdisait aux anciens otages de poursuivre l'Iran pour obtenir réparation. Selon le démocrate Gerry Connolly, les ex-otages restent les seules victimes américaines de «terrorisme d'État» juridiquement empêchées d'obtenir réparation devant les tribunaux américains.

La mesure voit le jour alors que nombre d'élus américains désapprouvent l'accord nucléaire conclu en juillet par Barack Obama et d'autres puissances avec l'Iran.

«Il est évident que nous étions inextricablement liés aux négociations nucléaires», a dit au New York Times l'avocat de plusieurs ex-otages, Thomas Lankford, dans un article publié jeudi. «Certes, il est important de freiner la prolifération des armes nucléaires, mais il est aussi important d'établir le précédent que d'une manière ou d'une autre, on ne laissera pas un État soutien du terrorisme s'en tirer».

Toutes les victimes américaines de «terrorisme d'État» pourront demander une indemnisation si un tribunal américain a émis un jugement final en leur faveur, et selon des élus la loi s'appliquera aussi aux diplomates et employés victimes des attaques simultanées du 7 août 1998 à Nairobi et Dar es Salaam, commises par Al Qaïda (224 morts, plus de 5000 blessés).

La justice fédérale américaine a reconnu le rôle de l'Iran et du Soudan, qu'elle a condamnés en 2014 à payer une indemnisation.

«Cette loi répond à nos prières et envoie le message clair que l'Amérique défendra ceux qui la défendent», s'est félicité un employé de l'ambassade de Nairobi, George Mimba, dans un communiqué.

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