Guantanamo: la présence de gardiennes ralentit le procès

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Le juge James Pohl a ordonné en janvier dernier que les militaires arrêtent d'utiliser des gardiennes. Cette décision avait déclenché la colère des autorités militaires au Pentagone.

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Agence France-Presse
Guantanamo

L'audience du procès des cinq hommes accusés d'avoir planifié les attentats du 11 septembre 2001 a été ralentie mardi pour des questions autour des gardiennes les escortant, les débats restant loin de s'intéresser aux faits eux-mêmes, à la prison de Guantanamo.

Le Pakistanais Khaled Cheikh Mohammed (KSM), qui a publiquement admis être le principal organisateur des attentats du 11-Septembre, et ses quatre co-accusés ont mis l'accent sur le fait qu'ils sont escortés vers la salle d'audience par des gardes féminins.

En tant que musulmans, les détenus affirment qu'il est inapproprié que des femmes les escortent, KSM ajoutant même que cela lui rappelait les tortures et humiliations sexuelles qu'il dit avoir subies de la part d'agents de la CIA après avoir été capturé au Pakistan en 2003.

Les règles de la prison militaire de Guantanamo interdisent à des gardiennes de superviser les douches des détenus ou d'effectuer des fouilles au corps, et les autorités ont aussi essayé de s'accommoder au mieux des demandes des détenus, fournissant notamment de la nourriture halal, respectant les temps de prière et ne touchant pas leurs Corans.

La seule témoin appelée mardi, une lieutenant de l'US Army qui a commandé le «camp N.7» de Guantanamo où sont détenus les prisonniers les plus durs, a expliqué qu'elle avait été obligée d'utiliser des soldats femmes après sa prise de fonction en mars 2014 pour parvenir à effectuer toutes les rotations de personnel nécessaires.

La témoin a en outre souligné qu'il n'aurait pas été juste d'empêcher des femmes d'occuper certains postes car cela aurait eu un effet négatif sur leurs carrières.

Le juge dans ce procès, le colonel James Pohl, a ordonné en janvier dernier que les militaires arrêtent d'utiliser des gardiennes. Cette décision avait déclenché la colère des autorités militaires au Pentagone et notamment du ministre de la Défense Ashton Carter. Celui-ci a justement autorisé la semaine passée les femmes à occuper absolument tous les postes dans l'armée, sans aucune exception.

KSM, barbe aux reflets orangés fournie, était assis au premier rang avec les avocats de la défense mardi et portait un châle noir et blanc, ainsi qu'une veste de camouflage militaire. Ses co-accusés étaient assis sur les bancs derrière lui.

Les quatre autres accusés sont les Yéménites Walid Ben Attach et Ramzi ben al-Chaïba, le Saoudien Moustapha al-Houssaoui et le neveu de KSM, Ammar al-Baluchi, aussi appelé Ali Abdoul Aziz-Ali, également d'origine pakistanaise.

Au moins trois des cinq hommes avaient amené des tapis de prière au tribunal et les prévenus ont pu bénéficier d'interruptions pour prier dans de petites cellules derrière la salle d'audience dans lesquelles une flèche bleue indiquant La Mecque a été peinte.

Plus de 14 ans après les attaques qui ont tué près de 3000 personnes à New York, au Pentagone et en Pennsylvanie, la procédure judiciaire contre les cinq accusés détenus à Guantanamo est toujours engluée dans un feuilleton sans fin.

Les innombrables motions de la défense et le casse-tête logistique de transporter à chaque audience juge, avocats et autres personnels de justice n'en finissent pas de bloquer l'avancement du processus.

Les débats doivent reprendre mercredi.

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