L'EI salue la tuerie en Californie, «front commun» de Paris et Washington

Des gens prient près d'un mémorial en hommage... (PHOTO ROBYN BECK, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Des gens prient près d'un mémorial en hommage aux victimes de la tuerie de San Bernardio, vendredi. Le FBI a fait savoir que l'enquête se déroule comme s'il s'agissait d'une «action terroriste».

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Anne RENAUT
Agence France-Presse
WASHINGTON

États-Unis et France ont promis de faire « front commun » face au djihadisme après la fusillade meurtrière en Californie, pour laquelle les enquêteurs privilégient la piste terroriste et qui a été saluée, mais pas revendiquée, par le groupe État islamique (EI).

Dans un programme en anglais diffusé samedi sur la radio du groupe EI, l'organisation djihadiste salue les auteurs du massacre qu'il qualifie de « soldats » de son califat autoproclamé, sans pour autant revendiquer leur action.

Le président américain Barack Obama et son homologue français François Hollande ont réaffirmé leur volonté, « face à une menace commune », de faire « front commun avec leurs alliés » contre le djihadisme, a indiqué l'Élysée à l'issue d'un entretien téléphonique entre les deux dirigeants.

La France a aussi été touchée par de sanglants attentats le 13 novembre qui ont fait 130 morts.

Obama a assuré samedi que l'Amérique ne se laisserait pas « terroriser ». « Nous sommes Américains. Nous défendrons nos valeurs, celles d'une société ouverte et libre. Nous sommes forts. Nous sommes résistants. Et nous ne nous laisserons pas terroriser », a-t-il déclaré dans son allocution hebdomadaire diffusée par la Maison-Blanche.

Les enquêteurs du FBI ont rapporté vendredi avoir trouvé chez le couple d'origine pakistanaise armé jusqu'aux dents, qui a tué mercredi 14 personnes, « des signes de radicalisation » et une « inspiration potentielle par des organisations terroristes étrangères ».

Mais rien n'indique à ce stade que la femme, Tashfeen Malik, 29 ans mariée à Syed Farook, 28 ans, faisaient partie d'un réseau organisé ou d'une « cellule », a insisté vendredi le chef du FBI, James Comey.

Samedi la Maison-Blanche a redit la même chose, après que le président ait été informé par le FBI des derniers développements de l'enquête.

Le FBI a souligné vendredi la « minutieuse préparation » des tueurs et affirmé qu'il privilégiait désormais « l'hypothèse d'un acte terroriste ».

Si cette piste était confirmée, ce serait l'attentat le plus meurtrier aux États-Unis depuis le 11 septembre 2001.

« Loups solitaires » 

Les autorités étudient notamment une page du réseau social Facebook sur laquelle Malik, 29 ans, aurait fait acte d'allégeance au groupe EI.

Le couple, parents d'une fillette de six mois, avait planifié le massacre perpétré lors d'un déjeuner de Noël pour les employés des services de santé locaux, où travaillait Farook.

Le FBI a énuméré les preuves: un arsenal de milliers de munitions, des explosifs, des téléphones portables, des ordinateurs, des conversations avec des extrémistes « aux États-Unis », peut-être à l'étranger.

Ils avaient loué le 4x4 noir dans lequel ils ont tenté d'échapper aux forces de l'ordre avant d'être abattus après un échange de plus de 100 coups de feu avec la police. Et les autorités ont retrouvé deux téléphones portables écrasés dans une poubelle où le couple avait tenté de s'en débarrasser.

Vu l'arsenal retrouvé chez eux, les autorités n'excluent pas que le couple préparait une autre attaque.

Dans un éditorial, publié in extenso en une samedi pour la première fois depuis 1920, le New York Times fustige les élus qui ne sont même pas parvenus à réformer la législation sur les armes après le massacre de 20 écoliers à Newtown en 2012.

Les avocats de la famille de Syed Farook, Mohammad Abuershaid et David Chesley, ont assuré que les proches du jeune homme, « sous le choc », « n'avaient aucune idée » de ce qui se tramait.

À l'opposé, le frère de Farook est, d'après le Pentagone, un ancien combattant qui a gagné des médailles dans la marine.

Selon ses proches, Farook était un jeune homme poli, introverti et solitaire, qui vivait « le rêve américain: il était marié, il avait une fille, il avait gagné 77 000 dollars l'an dernier », selon un jeune homme qui priait dans la même mosquée que lui.

Il avait rencontré sa femme en 2013 sur un site de rencontres et l'avait épousée en 2014 en Arabie saoudite, où elle a vécu après avoir grandi au Pakistan.

À son retour aux États-Unis, le jeune homme n'était plus le même, a assuré un de ses anciens collègues, Christian Nwadike. « Je pense qu'il a épousé une terroriste », a-t-il déclaré à CBS.

Les avocats de la famille de Farook ont décrit Tashfeen Malik comme « une femme au foyer typique », qui s'occupait de son bébé, « avait choisi de ne pas conduire », ne montrait pas son visage.

Ils ont évoqué une famille « très traditionnelle », où les hommes et les femmes ne s'asseyaient pas dans la même pièce.

Au Pakistan, l'ex-doyen de la faculté de pharmacie de Bahauddin Zakariya University, Khalid Janbaz, a décrit Tashfeen Malik comme une « étudiante brillante ».

Mais une étudiante Abdia Rani a expliqué à l'AFP qu'elle se serait « peu à peu tournée vers la religion » devenant plus sérieuse et discrète.

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