Menace terroriste: New York veut rassurer les touristes

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Les policiers armés étaient omniprésents lors de la parade de l'Action de grâce américaine à New York, le 26 novembre.

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Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
NEW YORK

Après les attentats de Paris et les menaces terroristes dont elle a fait l'objet, la ville américaine de New York cherche absolument à rassurer les plus de cinq millions de touristes qu'elle attend pour les Fêtes.

Cette période de fête a été lancée officiellement jeudi par la parade de l'Action de grâce américaine, avec des centaines de milliers de spectateurs dans les rues, dans une ville qui insiste sur ses mesures de sécurité renforcées.

Après les attentats sans précédent du 13 novembre à Paris (130 morts), une vidéo menaçante du groupe État islamique (EI) a montré des images de New York, dont sa célèbre place de Times Square. Les autorités ont répondu qu'il n'existait pas de « menace crédible » contre la ville.

Il y a eu « quelques annulations, de petits groupes » dans les hôtels, « mais rien d'important », affirme Chris Heywood, le responsable de la communication de NYC & Company, l'équivalent de l'Office du tourisme pour New York.

« La ville est ouverte, c'est ''comme d'habitude'' », insiste-t-il. « Et nous invitons les gens à continuer à venir à New York, pour faire l'expérience de la beauté et de la magie de la saison des fêtes », ajoute-t-il.

« Il n'y a pas eu de baisse de fréquentation depuis les attentats de Paris », affirme aussi une porte-parole des théâtres de Broadway.

L'alerte au niveau mondial sur les voyages lancée par le Département d'État, à destination des Américains, en évoquant une hausse des menaces terroristes, n'a pas échappé à certains professionnels du tourisme déjà inquiets.

« Avion à 90 % vide »

« On a constaté une baisse des réservations », reconnaissait le PDG d'Air France, Alexandre de Juniac, de passage à New York la semaine dernière. Une compagnie aérienne américaine confie aussi que les réservations avec l'Europe ont baissé, sans vouloir donner de chiffres.

« J'étais dans un avion vide à 90 % », raconte à l'AFP Christine Priotto, la maire de Dieulefit [sud de la France], arrivée cette semaine à New York en voyage privé. « C'était un peu bizarre ».

Et à Times Square, où la police est omniprésente, certains policiers armés de fusils mitrailleurs, Farid Et Takaouy, un Marocain vendeur de billets d'autobus à deux étages pour les touristes, affirme qu'il n'a jamais fait aussi peu d'affaires pour une fin novembre.

« Depuis deux semaines, ça a vraiment baissé », dit-il. « Les gens font des photos de la police, et les envoient partout à leurs amis. Du coup, les gens ne veulent plus venir », estime-t-il.

Selon lui, les personnages vivants de Mickey, Buzz Lightyear et autres Statues de la Liberté qui posent avec les touristes pour quelques dollars ont aussi vu leurs affaires baisser.

Les touristes sont une manne financière importante pour New York: les 5,3 millions de personnes attendues pour les Fêtes devraient, selon les autorités, y dépenser 3,7 milliards de dollars.

Mercredi, le célèbre sapin du Rockefeller Center sera illuminé. Les patinoires en plein air sont ouvertes, les grands magasins ont dévoilé leurs célèbres vitrines décorées.

Mais certains touristes hésitent.

Alexandra, Française d'Aix-en-Provence (sud de la France), avait prévu de longue date un voyage à New York avec son mari et leurs deux adolescents. Les attentats de Paris et la vidéo de l'EI semblant menacer New York ont douché leur enthousiasme.

« Sous le coup de l'émotion, nous avons remis en cause ce voyage et pour l'instant, notre fils ne veut pas voyager », dit-elle. La famille hésite, s'est donné un temps de réflexion. Alexandra, rassurée par les mesures de sécurité, pense qu'au final, elle maintiendra son voyage.

La sécurité, « on y pense, c'est sûr, on est plus vigilant », dit Christine Priotto. Mais elle est plus impressionnée par l'accueil des New-Yorkais après les attentats de Paris que par les patrouilles policières. « Quand je suis allée à la Statue de la Liberté, un homme, à la billetterie, m'a serrée dans ses bras », raconte-t-elle, encore étonnée. « Et un autre m'a dit ''Vive la France'' ».

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