Ben Carson a-t-il menti?

Ben Carson a toujours affirmé avoir été reçu... (PHOTO PAUL J. RICHARDS, ARCHIVES AFP)

Agrandir

Ben Carson a toujours affirmé avoir été reçu à l'Académie de West Point.

PHOTO PAUL J. RICHARDS, ARCHIVES AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Sébastien BLANC
Agence France-Presse
WASHINGTON

Les nuages se sont brusquement amoncelés vendredi sur l'avenir politique de Ben Carson, candidat à l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine, accusé d'avoir menti sur sa jeunesse violente et son admission dans une prestigieuse école militaire.

Le neurochirurgien noir à la retraite, au coude-à-coude avec le milliardaire Donald Trump dans les sondages, a toujours affirmé avoir été reçu à l'Académie de West Point.

Il aurait obtenu ce succès après avoir dîné en mai 1969 dans sa ville de Detroit avec le général William Westmoreland, devenu célèbre durant la guerre du Vietnam.

En réalité ceci est inventé, a rapporté vendredi Politico, une annonce susceptible de faire l'effet d'une bombe dans la course aux primaires républicaines.

La célèbre institution de West Point n'a gardé aucune trace d'une acceptation dans ses rangs de Carson, ni même d'une candidature de celui-ci, a assuré le site d'information.

Confrontée à ce démenti, l'équipe de campagne de Carson a, selon Politico, reconnu que l'histoire de l'admission à West Point était infondée.

Quant au général Westmoreland, le site affirme qu'il ne pouvait se trouver à Detroit au moment indiqué par le médecin, qui ne cesse de mettre en avant son histoire personnelle comme un bel exemple du rêve américain.

Dans un communiqué à l'AFP, Theresa Brinkerhoff, porte-parole de l'académie militaire, n'a toutefois pas clairement confirmé les révélations de Politico, en précisant qu'il était possible que West Point n'ait pas gardé de trace de Ben Carson si celui-ci avait décidé de ne pas aller jusqu'au bout du processus de candidature.

L'homme de 64 ans cherche à séduire l'aile la plus conservatrice de l'électorat républicain, en peaufinant une réputation d'intégrité morale fondée sur une forte conviction chrétienne.

Il est familier des déclarations provocatrices et des comparaisons hasardeuses.

Violences imaginaires?

Vendredi, le Dr Carson a vu s'ouvrir devant lui un nouveau front, après qu'une autre enquête journalistique a mis en doute les violents accès de colère qu'il aurait eus dans sa jeunesse.

Il a relaté à diverses reprises avoir souffert dans son enfance d'une «irascibilité pathologique», mais avoir connu la rédemption dans la foi chrétienne.

Le chirurgien aux doigts de fée est aujourd'hui réputé pour son calme olympien et sa voix toujours posée.

Ses accès passés l'ont notamment conduit à tenter un jour de poignarder un garçon de 14 ans. L'adolescent n'aurait eu la vie sauve que grâce à la boucle de son ceinturon.

En d'autres occasions, le petit Carson, qui a grandi dans un quartier défavorisé de Detroit, aurait frappé un camarade de classe en tenant dans sa main un cadenas, blessant au crâne l'écolier.

Il aurait menacé sa mère avec un marteau, car elle désapprouvait ses choix vestimentaires. Il aurait enfin jeté une grosse pierre sur un garçon, le blessant au nez et lui cassant ses lunettes.

Des journalistes de CNN, enquêtant sur l'enfance de Ben Carson, ont toutefois échoué à confirmer une seule de ces histoires.

Ces reporters affirment pourtant être entrés en contact avec une dizaine de personnes ayant connu Carson dès l'école maternelle. Le candidat républicain refuse de son côté de livrer les identités des personnes qu'il aurait agressées.

Interrogé vendredi par CNN, Ben Carson a dénoncé «un tissu de mensonges qui veulent faire croire que je mens sur ma propre vie».

«C'est lamentable, je pense que les médias tentent de détourner l'attention des sujets de débat importants de ce pays», a-t-il déploré.

Cette semaine a aussi refait surface un discours remontant à 1998 où Ben Carson affirmait que les pyramides d'Égypte avaient été bâties par Joseph, le personnage biblique, pour stocker des céréales, et non comme le croient les archéologues pour servir de sépulture aux pharaons.

Inquiet de la récente progression de Carson dans les sondages, Donald Trump espère en tout cas que ces controverses vont détourner une partie de ses partisans.

«Avec Ben Carson voulant frapper sa mère sur la tête avec un marteau, poignarder un ami et disant que les pyramides ont été construites pour stocker du grain, les gens ne comprennent-ils pas?», a réagi vendredi le milliardaire.

«Carson est-il en état d'hallucination?», a ensuite tweeté Trump.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer