Donald Trump tape à bras raccourcis sur ses rivaux

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Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
Concord

Marquant le pas dans les sondages, le républicain Donald Trump multiplie les attaques contre ses rivaux, dont aucun, martèle-t-il, n'a l'envergure pour devenir le prochain président des États-Unis.

Mercredi, le magnat de l'immobilier était particulièrement en forme, venu dans le New Hampshire pour s'y déclarer officiellement candidat aux primaires.

Ce petit État du nord-est est traditionnellement le premier à organiser ses élections primaires en vue de la présidentielle, en février prochain, et les candidats le courtisent tous assidûment.

Le dépôt officiel des candidatures s'y est ouvert mercredi, jusqu'au 20 novembre.

Mais «M. Trump», comme l'appellent ses partisans enthousiastes, avait surtout à coeur de montrer qu'il restait le plus fort, même si un nouveau sondage Quinnipiac le montre désormais au coude à coude, au niveau national, avec le chirurgien retraité noir Ben Carson (24 et 23% des intentions de vote chez les républicains).

Le sénateur de Floride Marco Rubio est 3e avec 14% des intentions de vote, à la faveur d'un troisième débat réussi, et Jeb Bush s'enfonce encore un peu plus, désormais à 4% des intentions de vote.

Mais pour Trump, Carson, le chirurgien à la voix douce, aussi posé que Trump est hâbleur, n'a tout simplement pas l'énergie nécessaire. «C'est une personne à énergie super basse», tonne Donald Trump, le comparant à Jeb Bush, qu'il catalogue de «basse énergie».

Énergie et tempérament

«Il faut une énergie formidable pour se battre contre la Chine ou l'Inde», explique Trump, 69 ans. «Ben n'a pas ça, il ne peut pas faire le travail».

«Il faut quelqu'un avec de l'énergie et du tempérament», insiste-t-il.

Il balaie aussi d'un revers de manche les progrès de Marco Rubio, 44 ans, dans les sondages. «Il est loin derrière», assène-t-il. «Et il est tellement mauvais sur l'immigration, quand les gens s'en rendront compte, ils ne pourront pas voter pour lui», ajoute-t-il, en dénonçant aussi «un désastre dans ses finances».

Et pour Bush ? «Il dit: je ne parle pas bien, je ne suis pas bon en débat, je ne fais rien de bien... mais vous devez voter pour moi. C'est Jeb Bush», ironise Trump, dont un retweet, vite effacé, associait mardi soir un collage de photos du frère et fils de deux anciens présidents à une croix gammée.

Seul Ted Cruz, le sénateur du Texas, très à droite, et à 13% des intentions de vote, échappe à ses critiques, Trump affirmant avoir avec lui une «bonne relation».

Côté démocrate, il affirme pêle-mêle qu'Hillary Clinton est «protégée» par les démocrates, et ridiculise le sénateur socialiste du Vermont Bernie Sanders, affirmant que «personne ne l'élira de toute façon», et qu'il a donné l'élection à sa rivale, en affirmant lors du premier débat démocrate que les Américains en avaient assez de la polémique sur ses courriels.

«C'était un désastre», affirme Trump.

Dehors, sur les marches du gouvernement de l'État du New Hampshire, ses fans se précipitent à sa sortie. Donald Trump, entouré d'un important service de sécurité, change radicalement, prend son temps, félicite, cajole, signe des autographes.

Trina Larotonda, une mère au foyer de 39 ans, arbore un panneau «la majorité silencieuse» derrière Trump. «On me l'a donné», avoue-t-elle. «Il est très fort, il parle bien», dit-elle de Trump, en expliquant qu'elle hésite cependant encore entre Hillary et Trump.

Mary Donnelly, 58 ans, qui se présente comme la responsable locale de campagne Trump n'a pas ces états d'âme. «C'est le seul», dit-elle.

Elle dit avoir attendu ce moment --la candidature de Trump-- toute sa vie. «Je ferai tout ce que je peux, je déplacerai des montagnes, des collines et des rivières pour qu'il devienne président», ajoute-t-elle.

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