Paul (Ryan) dans la fosse aux lions

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Le représentant républicain du Wisconsin Paul Ryan a été élu hier à la présidence de la Chambre.

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Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) «Pauvre Paul. C'est le dernier job qu'il voulait.» Tom Cole, représentant républicain d'Oklahoma, s'exprimait ainsi récemment en parlant de son collègue du Wisconsin Paul Ryan, élu hier à la présidence de la Chambre des représentants américaine en remplacement de John Boehner, démissionnaire. Pourquoi ne voulait-il rien savoir de ce poste influent et prestigieux, deuxième dans l'ordre de succession présidentielle après le vice-président? Que veut-il en faire? Et qui est-il, déjà? Tour d'horizon.

1998

C'est l'année où ce diplômé de sciences politiques et d'économie se fait élire à la Chambre des représentants dans une circonscription de son Wisconsin natal. Âgé de 28 ans, il connaît déjà bien Washington, ayant travaillé pour le sénateur républicain de son État, Bob Kasten, et Empower America, groupe de pression conservateur cofondé par son mentor, Jack Kemp.

LE PENSEUR

Le chroniqueur conservateur Fred Barnes lui a donné ce titre dans l'introduction de Young Guns, un livre que le représentant du Wisconsin a fait paraître en 2010 avec deux collègues, Eric Cantor et Kevin McCarthy. Sa réputation d'intello conservateur va de pair avec une maîtrise présumée des questions budgétaires. Ses auteurs préférés: Friedrich Hayek, John Locke et Ayn Rand.

RÉTICENCE

Après avoir présidé pendant quatre ans la commission du Budget de la Chambre des représentants, Paul Ryan s'est installé en janvier dernier aux commandes d'une commission encore plus puissante, qui est notamment chargée des impôts. Ses nouvelles fonctions (et sa jeune famille) expliquent en partie sa réticence à accepter de déclarer sa candidature à la succession de John Boehner.

CHAOS

Paul Ryan a un très bel avenir politique devant lui, et certains n'écartent pas sa candidature éventuelle à la présidence. Mais il voudra éviter d'être entraîné par le chaos qui a coûté à Boehner son poste et qui a forcé le numéro deux des républicains de la Chambre, Kevin McCarthy, à renoncer à sa succession. Un chaos dont sont en bonne partie responsables une quarantaine de représentants issus de l'aile radicale du Parti républicain. Ryan était le seul, semble-t-il, à pouvoir emporter leur appui, ne serait-ce que momentanément.

IRONIE

En 2012, Mitt Romney a tenté de rassurer la droite républicaine en choisissant Ryan comme colistier. Trois ans plus tard, certains ténors de cette même droite au sein des médias ont exprimé leur opposition à la promotion de l'ex-candidat à la vice-présidence. On lui reproche notamment d'avoir voté pour le plan de sauvetage bancaire promulgué par George W. Bush en 2008.

SES IDÉES

Opposé au mariage homosexuel et à l'avortement, Paul Ryan est fidèle à l'orthodoxie conservatrice sur les questions sociales. Le surnom dont l'affublent les démocrates - «Monsieur Austérité» - donne une idée de ses positions en matière budgétaire et fiscale. Il préconise des réformes majeures des programmes sociaux et des coupes budgétaires draconiennes. En 2005, lors d'un discours à des admirateurs d'Ayn Rand, héroïne des libertariens, il a résumé ainsi sa philosophie: «Notre combat, ne vous y trompez pas, est un combat entre le collectivisme et l'individualisme.»

GÉNÉRATION X

À 45 ans, Paul Ryan devient le plus jeune président de la Chambre des représentants depuis près de 150 ans. À ce titre, il est aussi le plus puissant des membres de la génération X sur le plan politique aux États-Unis. Marié et père de trois enfants, il est un fan du groupe Rage Against the Machine, un adepte du programme de musculation P90X et un amateur de chasse.

LE CADEAU

Avant de quitter son poste, John Boehner a fait un cadeau à son successeur: il a négocié avec les démocrates du Congrès et de la Maison-Blanche un accord qui assurera le financement de l'État fédéral jusqu'au 30 septembre 2017 et le relèvement du plafond de la dette jusqu'en mars 2017. Ryan pourra ainsi entreprendre son mandat sans avoir à gérer à court terme une crise budgétaire ou financière. Mais il ne perdra rien pour attendre.

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