La CIA admet le piratage embarrassant de courriels de son directeur

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John Brennan est directeur de la CIA depuis 2013.

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Thomas WATKINS
Agence France-Presse
Washington

La CIA a dénoncé mercredi le piratage des courriels personnels de son directeur John Brennan, après la publication par WikiLeaks de documents présentés comme venant de son compte personnel. Une fuite embarrassante pour l'agence américaine du renseignement.

«Il n'y a aucune indication que les documents publiés jusqu'à maintenant soient classés confidentiels», a réagi la CIA dans un communiqué. L'agence dénonce «le piratage du compte de la famille Brennan (qui) est un délit» et qui a été réalisé avec des «intentions malveillantes».

L'organisation WikiLeaks a publié mercredi six documents censés provenir de la boîte courriel personnelle du chef des espions américains. Les documents datent de 2007 à 2009, soit avant sa prise de fonction en 2013 à la tête de la CIA.

«Aujourd'hui, 21 octobre 2015 et pendant les prochains jours WikiLeaks va publier des documents venant de l'une des boîtes courriel non gouvernementales du chef de la CIA John Brennan», a prévenu l'organisation sur son site internet.

Le chef des espions américains «a utilisé ce compte occasionnellement pour des projets liés au renseignement», affirme WikiLeaks.

Parmi les documents publiés mercredi: un questionnaire d'une cinquantaine de pages censé avoir été rempli par John Brennan en 2008, lors d'un processus de vérification de ses antécédents pour être autorisé à accéder à des informations sensibles.

A cette époque, M. Brennan travaillait pour le secteur privé, selon la biographie publiée par la CIA. WikiLeaks affirme pour sa part qu'il était alors à la tête d'une société spécialisée dans le renseignement, The Analysis Corporation (TAC).

Le questionnaire, non-censuré, contient une multitude d'informations personnelles ainsi que les coordonnées de plusieurs proches, dont un numéro attribué à George Tenet, directeur de la CIA entre 1994 et 1996. Ce dernier semble être toujours valable: composé par l'AFP, une femme a indiqué que M. Tenet ne parlerait pas à la presse.

Wikileaks a également mis en ligne deux documents émanant de débats parlementaires sur la torture et datés de 2008. Le premier est une copie d'un proposition de loi examinée à l'époque au Sénat et listant les pratiques à interdire, comme la simulation de noyade (waterboarding). Le second est une lettre attribuée à un responsable d'une commission parlementaire appelant à interdire certaines techniques d'interrogatoire.

On trouve également un fax datant de 2008 détaillant un litige judiciaire opposant la société TAC à la CIA.

Déjà employé par la CIA entre 1980 et 2005, John Brennan a, après son incursion dans le privé (2005-2008), été embauché par la Maison Blanche entre 2009 et 2013 pour conseiller le président Barack Obama en matière de sécurité intérieure et de lutte antiterroriste.

Série de piratages gênants 

Cette publication survient quelques jours après qu'un pirate informatique se présentant comme un adolescent américain a affirmé au tabloïd New York Post avoir pénétré dans la boîte courriel personnelle du directeur de la CIA.

Les États-Unis ont été marqués ces dernières années par plusieurs piratages majeurs de données officielles. En 2010, WikiLeaks avait publié 500 000 documents classés secret défense sur l'Irak et l'Afghanistan et 250 000 communications diplomatiques.

En juillet, le gouvernement américain avait révélé que les données personnelles de 21,5 millions de personnes, qui pour la plupart avaient fait l'objet d'une vérification de leurs antécédents, avaient été piratées.

De hauts responsables américains ont récemment été accusés de ne pas protéger correctement les informations sensibles entre leurs mains.

L'ancien chef la CIA David Petraeus a plaidé coupable d'avoir communiqué à sa maîtresse des documents ultra-confidentiels.

Hillary Clinton, candidate à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2016, fait l'objet de vives critiques de la part des républicains pour avoir utilisé exclusivement un serveur et une adresse courriel privés lorsqu'elle était secrétaire d'État, plutôt que son compte officiel sécurisé.

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