Hillary Clinton se dit contre l'oléoduc Keystone XL

Jusqu'à présent, Hillary Clinton avait refusé de dire... (Photo Charlie Neibergall, AP)

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Jusqu'à présent, Hillary Clinton avait refusé de dire si elle soutenait ou non le projet, un silence qui tranchait avec l'opposition franche de nombreux démocrates au Congrès et de son rival des primaires démocrates, Bernie Sanders.

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Alexandre Panetta
La Presse Canadienne
Des Moines

Les chances que l'oléoduc Keystone XL voie le jour se sont encore amenuisées, mardi, lorsque la candidate à l'investiture démocrate Hillary Rodham Clinton a finalement pris position sur le projet.

Et elle l'a dit deux fois plutôt qu'une: elle s'y opposera.

De passage en Iowa, elle a affirmé que l'oléoduc n'était pas «dans le meilleur intérêt de ce qu'il faut faire pour combattre les changements climatiques».

Mme Clinton, classée favorite pour l'investiture par la plupart des sondages, fait ainsi volte-face sur sa position, elle qui s'y était déjà dite favorable. C'est également une démonstration éloquente de l'opposition politique de plus en plus forte que rencontre le projet.

L'annonce ébranle sérieusement le plan des supporters de l'oléoduc, qui était d'attendre l'arrivée du nouveau président dans l'éventualité où Barack Obama le rejetterait. Le premier ministre Stephen Harper a répété ce souhait à plusieurs reprises et a laissé entendre que si M. Obama refusait d'aller de l'avant, un futur président dirait oui.

En pleine campagne électorale, le personnel de Stephen Harper s'est bien gardé de critiquer Mme Clinton. Dans une déclaration, un porte-parole a réaffirmé les mérites du projet sans mentionner la candidate américaine.

«Il ne s'agit pas d'un débat entre le Canada et les États-Unis», a déclaré le porte-parole de la campagne de Stephen Harper, Stephen Lecce.

«Nous savons que le peuple américain appuie le projet. Nous ne nous immiscerons pas dans les débats des primaires présidentielles.»

Keystone XL transporterait plus du cinquième de toutes les exportations de pétrole aux États-Unis, en se connectant à la partie sud déjà existante de l'oléoduc.

Alors que Mme Clinton était secrétaire d'État, son propre département avait conclu que le transport du pétrole par oléoduc serait plus propre que par train. Les émissions de gaz à effet de serre seraient de 28 à 42 pour cent plus basses avec un oléoduc.

Les opposants à Keystone ont monté une campagne féroce pour convaincre les démocrates, principalement M. Obama et Mme Clinton, que bloquer cette infrastructure accélérerait la transition vers une économie plus verte.

Si l'annonce de Mme Clinton réjouira les démocrates les plus progressistes, son effet sera moins clair auprès des démocrates de centre ou plus conservateurs.

En une minute, après la prise de position de la candidate, Keystone est devenu un enjeu présidentiel. Un candidat à l'investiture républicaine qui s'adonnait à être en entrevue à la chaîne Fox News a réagi.

«Pourquoi?, a demandé le candidat et gouverneur de l'Ohio, John Kasich. Vous voulez savoir pourquoi? Parce qu'elle mène une campagne qui semble servir les groupes d'intérêts.»

Si elle souhaitait que cette déclaration passe inaperçue lors de la visite du pape François à Washington, qui promettait d'être suivie de très près par les médias, c'est raté. Les grands titres défilaient sur les écrans de télévision et les alertes faisaient sonner les téléphones intelligents, alors que le pape était accueilli sur le tarmac de l'aéroport, à sa toute première visite en sol américain.

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