Le pape François attendu aux États-Unis dans l'après-midi

S'exprimant lors d'une messe dans la basilique de... (PHOTO FILIPPO MONTEFORTE, AFP)

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S'exprimant lors d'une messe dans la basilique de la Vierge de la Charité del Cobre à Santiago de Cuba, le pape François a demandé dans son homélie à la patronne de l'île de «protéger nos racines, notre identité pour que nous ne nous perdions pas sur les chemins du désespoir».

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Jean-Louis DE LA VAISSIÈRE
Agence France-Presse
SANTIAGO DE CUBA

Venu de Cuba, le pape François doit atterrir mardi après-midi aux États-Unis pour un voyage délicat, accueilli dans un geste inédit par le couple Obama, entouré d'espoirs d'une majorité d'Américains, mais aussi des réserves d'une minorité.

Le premier pape latino de l'Histoire posera le pied sur le sol des États-Unis pour la première fois de sa vie à 16h à la base militaire Andrews, près de Washington.

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Le président américain Barack Obama, un protestant qui ne cache pas son admiration pour ce «pape des pauvres», et sa femme Michelle, l'accueilleront à sa sortie de l'avion.

Les médias américains, fortement présents dans l'avion papal, ont accordé une grande importance au voyage d'un pape argentin plébiscité par deux tiers des Américains.

Mais son radicalisme social lui vaut aussi de très vives inimitiés chez les conservateurs et les milieux économiques libéraux, de Wall Street au Tea party jusque dans les rangs des Républicains.

Le fait qu'il vienne de Cuba, où il a évité de critiquer fortement le président Raul Castro, ne fait qu'irriter un peu plus ceux qui jugent que ce pape est un marxiste déguisé ou un traître à la foi catholique, qui serait trop souple sur la doctrine.

Thèmes explosifs

Outre sa rencontre avec le président Obama à la Maison-Blanche mercredi, François est particulièrement attendu jeudi devant le Congrès, et vendredi à la tribune des Nations unies, sur des thèmes hautement explosifs.

Parmi ces sujets, mentionnés dans ses écrits, figurent la protection et l'accueil des immigrés; la défense de l'environnement, avec un plaidoyer ferme pour une révolution énergétique radicale et la décroissance; la critique des dictatures de la technologie et de la finance; la dénonciation des responsabilités des vendeurs d'armes et des grandes puissances dans «la troisième guerre mondiale par morceaux» qu'il dénonce sans cesse.

Le pape jésuite, connu pour son habilité et sa détermination, a préparé soigneusement pendant l'été les discours qu'il prononcera à Washington et New York.

Et, s'il n'est pas antiaméricain selon la plupart des experts, il est critique d'un certain dévoiement de l'idéal américain de liberté par les ultralibéraux.

Sa visite aura lieu sous très haute sécurité, la police américaine voulant parer tout risque d'attentat contre un pape qui tient à se déplacer en voiture découverte pour être en contact avec les fidèles.

Plusieurs rencontres avec les défavorisés de la société américaine, immigrés, sans logis, détenus, sont également programmées.

Il a aussi prévu de présider à New York une cérémonie interreligieuse sur le site du World Trade Center, contre le terrorisme et pour le respect entre religions.

Une autre cérémonie à Philadelphie avec la communauté hispanique exaltera les valeurs fondatrices de l'Amérique comme la liberté religieuse.

À Philadelphie, il doit présider samedi et dimanche la fin d'une rencontre mondiale des familles catholiques, en présence d'un million et demi de personnes attendues. Là aussi sous très haute sécurité.

«Révolution» en compassion

Le souverain pontife doit quitter mardi vers 12h30 une île en plein rapprochement avec les États-Unis, grâce au rôle de facilitateur du Vatican et du pape argentin.

À 78 ans, il est apparu à Cuba éprouvé par la chaleur et un programme très chargé, jalonné de multiples contacts directs avec les foules.

C'est à Santiago de Cuba, grand port de l'est de l'île, qui a vu naître la Révolution cubaine non loin de la base américaine de Guantanamo, que le pape argentin a terminé son étape cubaine.

Dans la matinée, il a célébré sa dernière messe au sanctuaire de la Vierge de la charité «del Cobre», niché dans les collines verdoyantes près de la ville où, la veille, il avait adressé une prière pour l'avenir le peuple cubain.

Dans ce berceau de la révolution castriste, il a exalté une autre «révolution» qui apporte «la réconciliation», basée sur la foi chrétienne qui a aidé des générations à résister aux «douleurs», aux «pénuries» et au «désespoir».

Peu après, à la cathédrale de Santiago, il a béni la ville et salué devant des centaines de fidèles le rôle de la famille. «Prenons soin de nos familles, véritable centre de l'humanité», a-t-il exhorté.

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