Trump laisse un de ses partisans affirmer qu'Obama est musulman

Donald Trump salue ses partisans alors qu'il monte... (PHOTO BRIAN SNYDER, REUTERS)

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Donald Trump salue ses partisans alors qu'il monte sur la scène lors d'un rassemblement à Rochester, au New Hampshire, le 17 septembre.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Après les Mexicains et les clandestins, les musulmans: le milliardaire Donald Trump restait silencieux vendredi ayant laissé passer des propos islamophobes dans un rassemblement, une nouvelle controverse qui illustre selon les démocrates le racisme du candidat à la Maison-Blanche.

Le candidat aux primaires républicaines a répondu aux questions du public lors d'une réunion jeudi dans le New Hampshire. Le premier homme à s'exprimer a déclaré que les musulmans représentaient un problème pour les États-Unis, a affirmé que Barack Obama était musulman et qu'il n'était pas Américain.

«Nous avons des camps d'entraînement, où ils veulent nous tuer. C'est ma question. Quand allons-nous pouvoir nous en débarrasser?» demande ensuite l'homme, sans qu'on sache s'il évoquait ces soi-disant camps ou l'ensemble des musulmans.

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«Nous allons nous intéresser à beaucoup de choses différentes. Beaucoup de gens le disent, beaucoup de gens disent que des choses mauvaises se passent là-bas. Nous allons nous intéresser à ça et à beaucoup d'autres choses», répond Donald Trump, avant de passer rapidement à une autre question.

Il n'a pas lui-même dit que le président américain était musulman, ou qu'il fallait s'en prendre aux musulmans. Mais sa réponse évasive et le fait qu'il n'ait pas corrigé l'homme sur la religion du président américain, qui est chrétien, représente aux yeux des démocrates une approbation implicite de la teneur islamophobe des propos tenus, ainsi que des fables sur les origines de Barack Obama.

L'échange illustre selon eux la tendance xénophobe de celui qui est depuis cet été en tête des sondages parmi les républicains, avec quelque 30% des intentions de vote, voire du parti républicain. Il avait lancé sa candidature en juin par une sortie sur les clandestins mexicains, assimilés à des criminels et des violeurs, une déclaration qui avait scandalisé, mais qu'il n'a jamais reniée.

«Est-ce que cela surprend qui que ce soit que cela se soit passé dans un rassemblement de Donald Trump ?», a réagi Josh Earnest, porte-parole de Barack Obama. «Les gens qui tiennent ce genre de propos offensants font partie de la base électorale de M. Trump», a-t-il ajouté, dénonçant «la stratégie cynique» de nombreux républicains sur ce thème.

Trump le «birther»

«J'étais consternée», a de son côté dénoncé vendredi la candidate démocrate à la Maison-Blanche Hillary Clinton, en l'appelant à «se comporter comme un président».

«Le racisme du favori républicain Donald Trump n'a pas de limite», a déclaré la présidente du parti démocrate, Debbie Wasserman Schultz.

Donald Trump, qui a livré une prestation moyenne lors d'un débat télévisé mercredi, ne s'est pas exprimé publiquement depuis l'échange. Il a annulé à la dernière minute sa participation à un rendez-vous conservateur en Caroline du Sud, prétextant des affaires urgentes. Ses prochains déplacements sont prévus samedi dans l'Iowa.

Mais l'homme n'est pas connu pour faire marche arrière ou présenter des excuses, a fortiori quand il est au centre d'une polémique.

Son équipe de campagne, dans un communiqué, a tâché de dissiper l'ambiguïté de la réponse initiale: «Les médias veulent limiter la question à Obama. Le problème plus large est qu'Obama mène une guerre contre les chrétiens dans ce pays».

Mais Donald Trump est un récidiviste: il a mené le camp des «birthers», ceux qui croient que Barack Obama, né en 1961 à Hawaii d'un père kényan et d'une mère américaine, est né à l'étranger et inéligible à la présidence américaine.

En 2011, sa campagne pour que Barack Obama publie son acte de naissance, un document officiel, mais privé, était devenue si pressante que le président américain avait fini par rendre publique la version complète de son acte de naissance.

En 2008, le candidat républicain John McCain avait contredit une femme qui venait d'affirmer que le président était «un arabe», une réponse dont les démocrates font aujourd'hui l'éloge.

Reste à voir comment les candidats républicains de 2015 réagiront. L'un d'eux, Scott Walker, gouverneur du Wisconsin, a plusieurs fois cette année refusé de dire s'il pensait que Barack Obama était chrétien.

Deux candidats, le gouverneur du New Jersey Chris Christie et le sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham, ont condamné vendredi le silence de Donald Trump.

Les Américains, eux, sont 80% à penser que Barack Obama est né aux États-Unis. Et 29% croient encore qu'il est musulman, dont 43% des républicains, selon un sondage CNN paru lundi.

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