Dix ans après Katrina: Obama salue le renouveau de La Nouvelle-Orléans

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Le 16 août, le photographe de presse Carlos Barria tient dans sa main une photo qu'il a prise il y a dix ans dans cette même rue de La Nouvelle-Orléans engloutie par le passage de Katrina.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le président Barack Obama devait saluer jeudi le renouveau - réel mais inachevé - de La Nouvelle-Orléans, dix ans après l'ouragan Katrina qui jeta une lumière crue sur les carences du gouvernement fédéral et ébranla la confiance des Américains.

M. Obama doit se rendre dans des quartiers dévastés il y a une décennie après ce qui fut, selon l'exécutif, la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire américaine (150 milliards de dollars de dégâts pour la seule ville de La Nouvelle-Orléans).

Dans son discours, dont la Maison-Blanche a diffusé des extraits à l'avance, le président devait louer «l'extraordinaire ressort» des habitants, «un exemple de ce qui est possible de réaliser face à une tragédie».

Saluant les ressources d'une ville qui «lentement mais sûrement, continue à avancer», il devait rappeler que le projet de reconstruction n'était pas seulement de restaurer la ville comme elle avait été «mais comme elle aurait dû être: une ville où tout le monde a sa chance».

Lorsque Katrina, ouragan de catégorie 5, a frappé la côte sud des États-Unis le 29 août 2005, la «Big Easy» (surnom de La Nouvelle-Orléans), en partie construite sous le niveau de la mer, a sombré dans le chaos. Plus de 1800 personnes sont mortes, la plupart dans la ville.

À la suite d'une rupture de digue, des quartiers entiers ont été inondés. La situation avait été particulièrement dramatique dans le «Lower Ninth Ward», le quartier le plus pauvre de la ville, construit dans une cuvette et peuplé essentiellement d'Afro-Américains.

À l'époque de Katrina, le président George W. Bush avait décidé de survoler la Louisiane sans se poser. La photo le montrant en train de contempler la zone dévastée à travers le hublot de l'avion présidentiel Air Force One est rapidement devenue le symbole d'une administration déconnectée de la réalité.

«Une autre tragédie» 

Dans son discours, M. Obama, dont ce sera la neuvième visite en Lousiane depuis son arrivée à la Maison-Blanche, devait insister sur les manquements de la précédente administration: «ce qui a commencé comme une catastrophe naturelle est devenu une catastrophe humaine, l'échec du gouvernement à aider ses propres citoyens».

Pour le président américain, cette tempête a aussi révélé «une autre tragédie, qui se préparait depuis des décennies», celle liée à des inégalités structurelles «qui ont laissé trop de gens, particulièrement les personnes pauvres de couleur, sans emploi, sans protection sociale ou logement décent».

«Je revendiquais fièrement ma capacité à prendre des décisions tranchées et efficaces», écrira Bush dans ses mémoires. «Et pourtant, dans les jours qui ont suivi Katrina, cela ne s'est pas passé. Le problème n'est pas que j'ai pris de mauvaises décisions, mais que j'ai mis trop de temps à les prendre».

Dix ans après, la criminalité a baissé, avec un nombre de meurtres au plus bas depuis 43 ans, et l'économie de la ville est repartie à la hausse. Le taux d'occupation des hôtels est plus élevé qu'avant la tempête, et le rythme de créations d'entreprises est 64 % plus soutenu que la moyenne nationale.

«Nous sommes plus forts aujourd'hui», a lancé en début de semaine le maire démocrate de la ville, Mitch Landrieu. «Mais ce n'est pas fini, nous avons encore beaucoup de travail».

De fait, une grande partie de la population noire qui avait quitté les lieux en catastrophe n'est jamais revenue.

L'idée du renouveau est un message qui est «plus parlant pour les habitants blancs de la ville que pour les Noirs», souligne Michael Henderson, de l'Université d'État de Louisiane.

Selon un récent sondage réalisé par cette université, la grande majorité des Blancs estiment que la Louisiane s'est globalement remise de la «tempête». Trois Noirs sur cinq estiment, eux, que ce n'est pas le cas.

Et sur le terrain, certaines voix s'élèvent pour dénoncer la priorité donnée aux touristes et aux nouveaux arrivants au détriment des résidants de longue date.

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