Les clients d'Ashley Madison craignent désormais la mise à nu

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La maison mère du site, Avid Life Media, a offert une récompense de 500 000 $ pour toute information menant à l'arrestation des pirates.

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Robert MACPHERSON
Agence France-Presse
Washington

Son mariage «mort», Michael s'inscrit sur le site de rencontres adultères Ashley Madison, le juge mauvais et le quitte. «Mais ils n'ont pas effacé mes informations», rendues publiques après un piratage, raconte cet Américain qui a désormais peur des conséquences pour ses enfants ou son travail.

«Honnêtement le site est mauvais. C'est difficile de rencontrer des gens réels. Je parie que la plupart des utilisateurs, même ceux qui ont payé, n'ont pas réussi à avoir de liaison», estime Michael, qui a fréquenté le site pendant trois mois et travaille pour une ONG dans le Midwest.

«Beaucoup comme moi ont trouvé ça vain et ont quitté le site peu après leur inscription -- mais (le site) n'a pas effacé nos informations», explique-t-il.

Aujourd'hui Michael vit dans la peur après la publication des informations de son compte sur Ashley Madison, parmi les données de 32 millions d'autres utilisateurs rendues publiques suite à un piratage survenu en juillet.

Il ne s'inquiète pas pour son mariage -- sa femme et lui se sont séparés et un divorce est en cours -- mais pour l'impact que pourraient avoir ces révélations sur ses enfants et son travail.

«Ma crainte c'est que tout ça va faire des ravages dans ma vie. J'ai un bon travail, mais beaucoup (de mes collègues) sont croyants. Je pourrais être licencié», affirme-t-il.

«Ce que j'ai fait est mal et je le regrette profondément. Mais perdre mon travail et risquer de faire plonger mes enfants dans la pauvreté n'est sans doute pas la punition adéquate».

«Je m'inquiète aussi de la suffisance des hackers et de la joie exprimée par certains sur les réseaux sociaux».

Rien de privé sur internet 

«La vie est courte. Ayez une liaison», tel est le slogan d'Ashley Madison. Mais les conséquences de son piratage pourraient avoir la vie longue.

Deux suicides pourraient être liés au piratage du site, a annoncé lundi la police de la ville canadienne de Toronto, où est basée l'entreprise.

Le Pentagone regarde de près les identités des utilisateurs de Ashley Madison qui se sont incrits en utilisant leur adresse militaire. L'adultère est passible de poursuites dans l'armée américaine.

«Cela a terrifié, désespéré et enragé à la fois des familles et des partenaires infidèles», a noté la professeur en psychologie Nicolle Mayo de l'université de Mansfield en Pennsylvanie.

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Josh Duggar

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Une des stars de la téléréalité américaine, Josh Duggar, fervent défenseur des valeurs familiales, a reconnu avoir utilisé les services d'Ashley Madison. «J'ai été le plus gros hypocrite de la terre», a-t-il écrit.

La maison mère du site, Avid Life Media, fondée en 2001, a offert une récompense de 500 000 dollars canadiens pour toute information menant à l'arrestation des pirates.

Un Canadien veuf a porté plainte contre Avid Life Media après avoir rejoint Ashley Madison «à la recherche d'une compagne» suite à la mort par cancer de sa femme, à laquelle il était marié depuis 30 ans.

Joslin Davis, président de l'association des avocats en droit de la famille (American Academy of Matrimonial Lawyers), n'a toutefois pas noté de «hausse particulière» du nombre d'appels depuis le piratage.

Mais dans les agences spécialisées dans la gestion de la renommée de leurs clients sur internet ou des agences de relations publiques, les téléphones ne cessent pas de sonner.

«Tous des hommes, c'est choquant», selon Courtney Fitzpatrick, directrice media de Status Labs, qui a été contacté par une cinquantaine de clients d'Ashley Madison.

«Certains se plaignent du vol de leur identité; certains ont reconnu avoir triché et regrettent beaucoup ce qu'ils ont fait. D'autres sont des tricheurs qui ont peur d'être débusqués par leurs femmes», rapporte-t-elle.

Les clients d'Ashley Madison font désormais l'amère découverte que rien sur internet ne peut rester privé, note Denise Friedman, présidente du département de psychologie au Roanoke College en Virginie.

«On met des choses en ligne et on ne se soucie pas de la sécurité» alors que n'importe qui peut abattre les murs sensés nous protéger, ajoute Mme Friedman, qui a étudié l'impact des réseaux sociaux sur les relations amoureuses.

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