Pour Trump, la politique c'est peut-être aussi des affaires

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jennie Matthew
Agence France-Presse
NEW YORK

Donald Trump, milliardaire de l'immobilier, affirme être la définition même du succès à l'américaine. Pourquoi donc le mettre en péril pour essayer de conquérir une petite maison blanche à Washington?

À 69 ans, le magnat flamboyant, vedette de télé-réalité à la coiffure blonde reconnaissable entre toutes, possède hôtels, immeubles et terrains de golf, aux États-Unis et à l'étranger. Il a estimé sa fortune à 10 milliards de dollars pour la Commission fédérale électorale (FEC). Exagéré, selon le magazine spécialisé Forbes, qui l'estime plutôt à 4 milliards, et Bloomberg qui la chiffre à 2,9 milliards.

Dès son entrée en campagne, Trump, en tête des sondages désormais chez les républicains candidats à la Maison-Blanche en 2016, s'est fait remarquer par ses déclarations fracassantes, traitant les Mexicains de violeurs, insultant ses rivaux et perdant au passage plusieurs contrats d'affaires.

Mais faire des affaires pourrait pourtant être ce qui motive son improbable candidature à la Maison-Blanche, selon des experts. Il ne veut pas la Maison-Blanche, mais cherche des leviers qui pourraient l'aider à augmenter sa fortune, selon eux.

«Donald Trump travaille à faire briller la marque Trump», explique à l'AFP Larry Chiagouris, professeur de marketing à l'Université Pace de New York. «Il sait qu'il ne sera pas président».

Dans un article intitulé Donald Trump's brazen genius, le magazine The Economist suggère qu'il vise un levier politique «valant une fortune», dans le dédale des réglementations de l'immobilier.

S'il devient suffisamment influent et génère assez d'intérêt, il sera en bonne position pour obtenir quelque chose du futur candidat désigné par le parti, estime Larry Chiagouris. «Il va rester jusqu'au bout, quand il ne restera que deux candidats, et son soutien pourrait aller d'un côté ou de l'autre».

Trump se décrit comme un négociateur sans pareil. Que voudra-t-il en échange? Un gros abattement fiscal? Construire un casino ou arrêter le casino de quelqu'un d'autre? s'interroge The Economist.

Un oeil sur Cuba?

À moins que, selon M. Chiagouris, Cuba et un nouveau centre de vacances ne soient sur son radar.

«Peut-être que Trump veut que la marque Trump domine le paysage cubain, et ce serait plus facile si le président des États-Unis était un partisan de la marque Trump», dit-il.

Pour Rick Wilson, analyste des médias pour les candidats républicains, rien en Trump ne suggère qu'il ait un solide sens politique.

Il n'est pas un républicain traditionnel, pas non plus typiquement conservateur, explique M. Wilson, soulignant sa position sur les armes à feu ou l'avortement, et ses dons financiers à des candidats des deux partis dans le passé. Il a d'ailleurs un temps été démocrate.

«La mauvaise option» serait qu'il dure jusqu'à la convention républicaine, où le parti désignera son candidat en juillet 2016, estime M. Wilson. «L'option cataclysme» serait selon lui qu'il se présente comme indépendant, divise le vote républicain et assure la victoire d'Hillary Clinton.

Même s'il a perdu quelques contrats depuis ses propos sur les Mexicains, Trump --qui finance lui même sa campagne-- n'a pas de souci à se faire.

L'empire Trump est un conglomérat d'immobilier, hôtels, terrains de golf, divertissement, livres sur comment faire de l'argent, matelas, et même parfums.

Dans sa déclaration à la FEC, Trump a fait la liste d'une vingtaine de biens dépassant 50 millions de dollars.

Il avait commencé sa carrière en travaillant avec son père, millionnaire de l'immobilier, dans un bureau de Sheepshead Bay à Brooklyn où vit aujourd'hui une forte communauté venue de l'ancienne Union soviétique.

Il avait grandi dans l'arrondissement voisin du Queens, fils d'une mère écossaise. Ses grands-parents paternels venaient d'Allemagne, et avaient chanté leur nom de Drumpf en Trump, pour l'angliciser, pratique courante à l'époque.

Aujourd'hui, les touristes se pressent dans le magasin de souvenirs de la Tour Trump sur la Ve avenue, où la moindre casquette est soigneusement emballée dans un énorme sac doré. Au-dessus, un hôtel aux prix vertigineux, et un restaurant trois étoiles au Michelin.

Trump Parc, Trump Palace, Trump Plaza, 610 Park Avenue et Trump Park Avenue: Trump est partout à New York.

Il a restauré l'extérieur de la gare de Grand Central, possédé et vendu le célèbre Plaza Hotel. Jusqu'en 2002, il possédait même le terrain de l'Empire State Building.

Selon ses déclarations à la FEC, il peut gagner jusqu'à 450 000 dollars pour un discours. Il a aussi un vignoble en Virginie.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer