Obama reçoit le président nigérian

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Le président américain Barack Obama a affiché lundi son soutien à son homologue nigérian Muhammadu Buhari en le recevant à la Maison-Blanche.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le président américain Barack Obama a affiché lundi son soutien à son homologue nigérian Muhammadu Buhari en le recevant à la Maison-Blanche après son élection récente, première passation de pouvoir démocratique dans le pays africain.

Les élections de mars ont marqué «l'engagement du Nigeria pour la démocratie», a salué Barack Obama.

Les habitants du pays le plus peuplé d'Afrique, première économie du continent, riche en pétrole, «comprennent que c'est seulement à travers un processus politique pacifique que le changement peut arriver», a ajouté le président américain.

Cette rencontre marque le début d'une semaine diplomatique consacrée à l'Afrique pour Barack Obama, qui s'envolera jeudi pour ce continent. Il visitera le Kenya et l'Éthiopie, mais pas le Nigeria, ce qui lui a valu des critiques qu'il a contrées avec une offensive de charme lundi.

«Le président Buhari prend ses fonctions avec une réputation d'intégrité et un agenda très clair», visant à «s'assurer qu'il apporte la sécurité et la paix à son pays», selon Barack Obama.

Le président nigérian lui a renvoyé les éloges, affirmant que la pression des États-Unis avait permis de s'assurer que les élections soient «libres, justes et crédibles». «Nous en serons toujours reconnaissants», a-t-il dit.

Ancien général, Muhammadu Buhari avait dirigé le pays entre 1983 et 1985 à l'époque des dictatures militaires. Il revient au pouvoir avec comme priorité la lutte contre les insurgés islamistes de Boko Haram, désormais affiliés au groupe djihadiste État islamique (EI).

Depuis sa prise de fonction le 29 mai, le pays fait face à une vague de violences : plus de 660 personnes ont péri au Nigeria en un mois et demi. Le Cameroun, le Tchad et le Niger voisins ont aussi été frappés par des attaques de Boko Haram.

L'insurrection islamiste et sa répression par les forces nigérianes ont fait plus de 15 000 morts et 1,5 million de déplacés depuis 2009.

Des ONG ont à plusieurs reprises dénoncé les exactions commises par Boko Haram, mais aussi par les militaires nigérians, ce qui a perturbé la coopération entre les deux alliés, la loi américaine interdisant la vente d'armes aux pays soupçonnés d'atteintes aux droits de l'homme.

L'administration Obama avait ainsi bloqué la vente au Nigeria d'hélicoptères d'attaque Cobra en 2014, en plein effort pour retrouver les quelque 200 adolescentes de Chibok (nord-est) dont l'enlèvement par Boko Haram avait suscité une émotion planétaire.

Dans un geste clair de rupture avec son prédécesseur, le président nigérian a limogé et remplacé à la mi-juillet l'ensemble des chefs de l'armée qui avaient été nommés par Goodluck Jonathan.

Si le pays poursuit sur la voie des réformes, selon Barack Obama, «le Nigeria deviendra non seulement une ancre de prospérité et de stabilité», mais «pourra aussi devenir un modèle exceptionnel pour les pays en développement du monde entier».

Le président américain s'est dit lundi prêt à voir «comment nous pouvons être utiles» au Nigeria pour avancer.

Il reste toutefois improbable que Barack Obama ordonne de renforcer les actions militaires américaines contre Boko Haram, craignant de voir les États-Unis s'engager dans un nouveau conflit et que le groupe islamiste ne l'utilise pour attirer de nouvelles recrues.

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