Accord entre Washington et La Havane pour la réouverture d'ambassades

Les États-Unis et Cuba ont annoncé en décembre...

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Les États-Unis et Cuba ont annoncé en décembre un rapprochement historique après un demi-siècle de tensions héritées de la Guerre froide.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

Un peu plus de six mois après l'annonce d'un rapprochement historique, les États-Unis et Cuba ont trouvé un accord pour le rétablissement de leurs relations diplomatiques, suspendues depuis 54 ans, et la réouverture d'ambassades.

Cette annonce, qui était attendue depuis que Washington avait retiré fin mai La Havane de la liste noire des États soutenant le terrorisme, sera officialisée mercredi matin par le président Barack Obama, selon un responsable américain s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Une allocution présidentielle est prévue mercredi à 11H00 (15H00 GMT) depuis les jardins de la Maison-Blanche.

Depuis 1977, les deux pays, séparés seulement par le détroit de Floride, sont chacun représentés via des Sections d'intérêt à Washington et La Havane, chargées essentiellement de tâches consulaires.

«Il y a une histoire compliquée entre les États-Unis et Cuba (...) mais l'heure est venue d'entamer un nouveau chapitre», expliquait le 17 décembre dernier M. Obama, constatant sans détour l'échec d'un demi-siècle d'isolement du régime communiste.

À 18 mois de son départ de la Maison-Blanche, le 44e président des États-Unis entend consolider cette initiative majeure de sa politique étrangère à laquelle une large majorité d'Américains sont favorables. L'exécutif américain a, à plusieurs reprises, évoqué la possibilité d'une visite de M. Obama à Cuba en 2016.

«Derniers vestiges de la Guerre froide»

Très bien accueilli dès le premier jour dans la région, ce rapprochement a été salué avec force mardi par la présidente brésilienne Dilma Rousseff, lors d'une conférence de presse commune avec M. Obama à la Maison-Blanche.

Parlant d'une «étape cruciale dans les relations entre les États-Unis et l'Amérique latine», elle a jugé que cela permettrait «de mettre fin aux derniers vestiges de la Guerre froide».

«Je veux souligner l'importance de ce geste pour l'ensemble de l'Amérique latine et, plus largement, pour la paix dans le monde», a-t-elle ajouté, évoquant un exemple à suivre.

Le président américain a jugé, de son côté, que les relations entre les États-Unis et cette région du monde n'avaient «jamais été aussi bonnes».

Au-delà du rétablissement des relations diplomatiques demeure l'épineuse question de l'embargo, imposé à Cuba par John F. Kennedy en 1962 et sévèrement renforcé par la loi Helms-Burton de 1996.

Toujours en vigueur, cet embargo américain total sur les transactions économiques et financières avec Cuba est régulièrement dénoncé par La Havane comme un obstacle au développement de l'île.

La nomination d'ambassadeurs permettra d'améliorer les relations entre les deux pays, mais «la normalisation est un autre sujet», a d'ores et déjà averti le président cubain Raul Castro.

M. Obama a demandé au Congrès, dont les deux chambres sont contrôlées par ses adversaires républicains, de travailler à la levée de cet embargo. Mais l'issue des discussions en cours est incertaine et le processus législatif s'annonce long.

Depuis 50 ans, des centaines de milliers de Cubains ont émigré, pour la grande majorité aux États-Unis.

Si certains représentants de la première vague d'exilés -les émigrés «politiques» des débuts de la Révolution- restent farouchement opposés à tout rapprochement avec le régime de La Havane, les immigrés plus récents, venus davantage pour des raisons économiques, ont de leur côté conservé de solides attaches dans l'île et ont accueilli beaucoup plus favorablement l'annonce d'un dégel.

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