L'église Emanuel, symbole de l'histoire de la communauté noire du sud des États-Unis

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L'église Emanuel de Charleston a été le théâtre d'une tuerie motivée par la haine raciale, le 17 juin.

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Agence France-Presse
CHARLESTON

L'église Emanuel de Charleston, cible d'une tuerie à caractère raciste, est un symbole fort de l'histoire de la communauté noire dans le sud des États-Unis, marquée par l'esclavage, les mouvements des droits civiques et les tensions raciales actuelles.

Qualifiée de «mère Emanuel» par beaucoup de fidèles, l'Emanuel African Methodist Episcopal Church (AME), située au centre-ville de Charleston, en Caroline du Sud, a joué un rôle important dans la ville, en tant que lieu spirituel et de rassemblement de ses habitants noirs.

Il existe plusieurs dizaines de ces églises AME aux États-Unis, fondées par des Noirs en réaction aux églises méthodistes blanches qui refusaient d'accueillir des Afro-Américains.

Avec ses murs de briques blancs et son clocher coiffé d'une girouette, la haute église gothique AME de Charleston est une silhouette familière de ses habitants, devenue un modèle pour la communauté noire dans tout le pays.

Elle est née dans les années 1700 quand des esclaves ont commencé à s'y rassembler pour prier avec d'anciens esclaves, et a été formellement constituée en prenant le nom de Emanuel AME en 1816.

Elle était à l'époque l'une des plus grandes congrégations AME du pays.

Mais les autorités de la ville l'ont ensuite fermée à deux reprises arguant de violations des lois, très sévères, qui régissaient les rassemblements des esclaves à l'époque.

Complot déjoué

Un des fondateurs de l'église, Denmark Vesey, ancien esclave qui avait acheté sa liberté, a tenté d'y organiser un soulèvement en 1822.

Il avait fomenté, avec d'autres anciens esclaves, de tuer des propriétaires blancs de Charleston, pour libérer les esclaves et les envoyer par bateau en Haïti.

Mais le complot a été déjoué avant son exécution, et Vesay et ses complices ont été pendus.

L'église est brûlée et les fidèles doivent se rassembler dans le sous-sol jusqu'après la fin de la Guerre civile en 1865.

L'église reconstruite est de nouveau détruite par un tremblement de terre en 1886, puis restaurée à nouveau d'une manière flamboyante, avec de très hauts plafonds et un ancien orgue importé d'Europe.

Elle devient une halte obligatoire pour tous les militants des droits civiques, y compris leur leader Martin Luther King Jr.

Comme la plupart des églises AME, elle reste une paroisse essentiellement fréquentée par des Noirs, malgré l'ouverture des autres églises chrétiennes aux fidèles noirs.

L'église, située dans le quartier historique de Charleston, est un lieu très visité.

Devenue un lieu de rassemblement et un lien social fort pour la communauté noire, il n'est pas rare de voir ses fidèles s'y rassembler les dimanches et mercredis soirs, pour étudier la bible.

C'est à l'une de ces réunions mercredi soir, qui est ouverte aux visiteurs, incités à y participer, que s'est présenté le tueur. Il est resté une heure aux côtés des fidèles avant de tirer et d'en tuer neuf d'entre eux.

Parmi les victimes figure son pasteur, Clementa Pinckney, 41 ans, marié et père de deux enfants, qui est également un élu du Sénat local.

M. Pinckney s'était rendu quelques heures auparavant à une réunion d'Hillary Clinton, candidate démocrate à l'élection présidentielle de 2016 après avoir travaillé dans son bureau du Sénat de l'État, à Columbia.

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