Les États-Unis veulent bannir les gras trans

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Les huiles végétales partiellement hydrogénées (PHOs) sont notamment souvent utilisées pour frire les aliments.

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Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
WASHINGTON

Les États-Unis ont banni mardi les acides gras trans artificiels des produits alimentaires, donnant trois ans aux industriels pour les éliminer, après avoir conclu que ces substances étaient dangereuses pour la santé.

«Les huiles végétales partiellement hydrogénées, principale source diététique des acides gras trans artificiels dans la production alimentaire industrielle, ne sont pas généralement jugées sûres pour être utilisées dans la nourriture humaine», a expliqué l'Agence américaine de réglementation des produits alimentaires et des médicaments (FDA).

Cette mesure était attendue. Fin 2013, la Food and Drug Administration (FDA) avait déjà déterminé que ces acides gras trans étaient nocifs, mais l'agence avait attendu d'entendre toutes les parties prenantes, tels les mouvements de défense des consommateurs et les industriels, avant de finaliser sa décision.

«Cette décision de la FDA sur cette source majeure de graisse artificielle montre l'engagement de l'agence à protéger la santé cardiaque de tous les Américains», a fait valoir le Dr Stephen Ostroff, son directeur par intérim.

«Cette mesure devrait réduire les maladies coronariennes et prévenir des milliers de crises cardiaques chaque année», a-t-il souligné.

Depuis 2006, les industries alimentaires étaient déjà tenues d'indiquer sur les étiquettes de leurs produits la présence d'acides gras trans.

Grâce à cette réglementation et à la reformulation des produits, la consommation de ces graisses a diminué d'environ 78% de 2003 à 2012, passant de 4,6 grammes par jour à environ 1 gramme par jour, selon la FDA.

De nombreuses chaînes de distribution alimentaire et des fabricants ont déjà montré que la plupart de ces aliments pouvaient être produits sans acide gras trans, relève l'Agence.

Malgré cette forte réduction, la consommation de ces graisses demeure une préoccupation de santé publique.

«Victoire majeure pour la santé»

L'Institut de médecine américain recommande que leur consommation soit aussi faible que possible.

«Des études montrent que la nutrition joue un rôle clé pour la prévention des problèmes de santé chroniques tels que les maladies cardiovasculaires. La décision de la FDA s'ajoute à d'autres initiatives pour améliorer la santé des Américains, comme une récente mise à jour des labels de nutrition sur les produits alimentaires», a relevé Susan Mayne, directrice du centre de sûreté alimentaire et de la nutrition de la FDA.

Le groupement américain des industries alimentaires (GMA, Grocery Manufacturers Association) s'est déclaré «satisfait de la décision de la FDA qui répond à la fois à ses préoccupations (en matière de graisses trans, ndlr) tout en minimisant les perturbations inutiles pour le commerce».

Le GMA, qui représente plus de 300 sociétés du secteur, a aussi promis de «collaborer avec la FDA pour réduire encore davantage ces graisses dans les aliments», soulignant que les industries ont déjà éliminé au moins 86% d'entre elles.

Plusieurs organisations de défense des consommateurs ont applaudi la décision de la FDA.

Elle «signifie des aliments plus sains, moins de crises cardiaques et de décès cardiovasculaires, ce qui est une victoire majeure pour la santé publique», a déclaré le président du Center for Science in the Public Interest, Michael Jacobson.

Ces acides gras, qu'on peut encore trouver dans les margarines, le popcorn, les pizzas ou des biscuits, contribuent à l'augmentation du mauvais cholestérol (LDL) et à la réduction du bon cholestérol (HDL), souligne l'ONG.

L'ancien maire de New York (2002-2013), Michael Bloomberg, qui avait banni ces acides gras de la nourriture servie dans les restaurants de la ville, a salué cette interdiction.

«Quand la FDA aura achevé ce travail que nous avons commencé à New York, des dizaines de milliers de vies auront été épargnées chaque année», a-t-il dit.

Erik Olson, directeur du programme de santé au sein du mouvement de défense de l'environnement Natural Resources Defense Council, a salué la décision de la FDA.

Mais, a-t-il insisté, l'agence devrait aussi réglementer «plus de mille autres substances chimiques pouvant se trouver dans nos aliments sans son approbation ou son contrôle, ce qui présente un risque pour la santé publique».

En 2013, des nutritionnistes avaient mis en garde contre le fait que des groupes alimentaires continuaient à utiliser des produits riches en graisses saturées et sucres.

«Quand les industriels modifient la composition de leurs produits pour éliminer les graisses trans, ils les remplacent souvent par de l'huile de noix de coco et de palme, riches en graisses saturées», avait prévenu Dana Angelo White, professeure de diététique à l'Université Quinnipiac (Connecticut).

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