Trois gardiens inculpés pour la mort d'un détenu à Rikers Island

Le centre pénitentiaire de Rikers Island, qui compte... (PHOTO LUCAS JACKSON, ARCHIVES REUTERS)

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Le centre pénitentiaire de Rikers Island, qui compte environ 14 000 détenus pour la plupart en attente de procès, souffre «d'une culture profondément enracinée et endémique de violence», en particulier des brutalités commises par les gardiens contre les adolescents, avait dénoncé un rapport officiel l'année dernière.

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Agence France-Presse
NEW YORK

Trois gardiens de la prison de Rikers Island, où deux n'y travaillent plus, ont été inculpés mercredi pour avoir notamment battu à mort un détenu en 2012 dans cet établissement particulièrement dur situé à New York, selon les procureurs.

Ronald Spear, 52 ans, était mort le 19 décembre 2012 après avoir reçu des coups de pied à la tête alors qu'il était maintenu au sol, face contre terre, dans une aile médicale de la prison.

Spear, qui souffrait d'une maladie des reins, avait été maîtrisé par les gardiens après qu'il eut copieusement insulté l'un d'eux, Brian Coll, auquel il demandait de pouvoir voir un médecin, selon des documents de justice.

Brian Coll, qui ne travaille plus à Rikers Island, et Byron Taylor, qui est toujours gardien dans cette prison, ont été arrêtés mercredi par la police fédérale (FBI) en lien avec la mort de Ronald Spear, et pour avoir voulu cacher les circonstances de l'altercation qui a conduit à son décès.

Coll a été inculpé pour obstruction à la justice et faux témoignage et risque jusqu'à 20 ans de prison. Taylor, également accusé d'avoir menti à un grand jury fédéral et d'avoir comploté pour faux témoignage, risque aussi jusqu'à 20 ans de prison.

Un autre ancien gardien de Rikers Island, Anthony Torres, a déjà plaidé coupable de conspiration et de faux témoignage dans cette affaire.

«Les détenus de Rikers, bien que mis à l'écart de la société, ne sont pas à mis l'écart de notre Constitution», a fait valoir le procureur de Manhattan Preet Bharara, en présentant les charges.

L'an dernier, la ville de New York avait conclu un accord à l'amiable, payant 2,75 millions de dollars pour mettre fin à des poursuites à son encontre dans le cadre du décès de M. Spear.

Ce dernier, qui attendait son procès, n'était pas satisfait des traitements médicaux qu'il recevait à la prison. Il avait besoin de dialyses régulières et marchait avec une canne.

Après une altercation verbale, Brian Coll lui a donné un coup de poing au visage et plusieurs coups de pied dans la tête alors qu'il était maintenu au sol.

Après l'avoir frappé, Coll a pris la tête de Ronald Spear et l'a amenée tout près de la sienne, disant: «Rappelle-toi que je suis celui qui t'a fait ça», soulignent encore les documents de justice.

Spear a cessé de respirer peu après et n'a pas pu être ranimé.

Les procureurs notent que Coll a continué à donner des coups de pied au détenu même après qu'un autre gardien lui a demandé d'arrêter et tenté de protéger la tête de M. Spear.

Coll et Taylor se seraient ensuite mis d'accord pour passer sous silence cette agression.

Le centre pénitentiaire de Rikers Island, qui compte environ 14 000 détenus pour la plupart en attente de procès, souffre «d'une culture profondément enracinée et endémique de violence», en particulier des brutalités commises par les gardiens contre les adolescents, avait dénoncé un rapport officiel l'année dernière.

Le week-end passé, un jeune homme de 22 ans, emprisonné sans procès et maltraité pendant trois ans à Rikers Island, s'est donné la mort deux ans après sa sortie.

Kalief Browder était devenu le symbole des excès de l'administration pénitentiaire, et sa famille a rendu le traitement subi en prison responsable de sa mort.

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