Trois ans et demi de prison pour un ancien agent de la CIA

Jeffrey Sterling était accompagné de sa femme, Holly,... (Photo: AP)

Agrandir

Jeffrey Sterling était accompagné de sa femme, Holly, et de son avocat, Barry Pollack, à sa sortie du tribunal d'Alexandria, en Virginie.

Photo: AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Alexandria

Un ex-agent de la CIA a été condamné lundi à trois ans et demi de prison pour avoir fourni des informations classifiées à un journaliste, une peine inférieure à ce que demandait le gouvernement mais plus lourde que celle de l'ancien patron de l'agence de renseignement.

Inculpé en décembre 2010 et arrêté en janvier 2011, Jeffrey Sterling avait été reconnu coupable en janvier de dix chefs d'accusation, dont révélation illégale d'informations secret défense et obstruction à la justice.

Il avait fourni en 2003 au journaliste James Risen, du New York Times, des informations sur une opération de la CIA concernant le nucléaire iranien, publiés en 2006 dans le livre du reporter State of War.

L'ancien agent de la CIA a écouté le visage tendu la peine de 42 mois de prison ferme, assortie de deux ans de liberté conditionnelle, que lui a infligé la juge fédérale Leonie Brinkema du tribunal d'Alexandria, en Virginie.

«Si vous révélez des secrets en connaissance de cause, il y a un prix à payer», a soutenu la juge, «la justice doit envoyer un message clair».

Cet Afro-Américain de 47 ans a ensuite enlacé sa femme en pleurs et quitté le tribunal sans faire de déclaration. Il devra se présenter ultérieurement dans une prison du Missouri, son État d'origine, pour y purger sa peine.

Le gouvernement avait requis entre 19 et 24 ans de prison. Mais ses avocats avaient demandé qu'il «n'écope pas d'une justice différente» du général David Petraeus, l'ancien directeur de la CIA condamné fin avril à du sursis pour avoir divulgué des documents ultra-secrets à sa biographe et maîtresse.

Le journaliste James Risen en janvier.  ... (Archives AP) - image 2.0

Agrandir

Le journaliste James Risen en janvier.  

Archives AP

À leur sortie du tribunal, les avocats de Sterling n'ont pas exclu de faire appel. «Un triste chapitre est clos aujourd'hui», a déclaré Barry Pollack. Il a estimé que le jury, en rendant un verdict de culpabilité, «s'était malheureusement trompé» mais il s'est félicité «que, dans ce contexte, la juge ait rendu une peine juste».

Jesselyn Radack, qui représente Edward Snowden, ex consultant de l'agence de renseignement NSA, et d'autres «lanceurs d'alerte» au Government Accountability Project (GAP), a affirmé que la décision était «un moindre mal».

Elle a toutefois estimé que «toute condamnation est injuste», en particulier «si on la compare à celle du général Petraeus».

La juge Brinkema a au contraire estimé «justifié» d'infliger une peine «plus lourde» qu'au général Petraeus qui «a admis sa culpabilité» ou même qu'à l'ex-responsable de la CIA John Kiriakou, qui a également plaidé coupable et écopé de deux ans et demi de prison en 2013.

Employé à la CIA de mai 1993 à janvier 2002, Sterling avait été chargé d'une opération clandestine visant à déstabiliser le programme d'armement nucléaire iranien. Par ses fonctions, il s'était engagé à ne laisser filtrer aucune information classée secret défense aux personnes «non autorisées», y compris les médias.

La responsabilité de l'opération sur le nucléaire iranien lui avait été retirée en août 2000, date à laquelle il avait entamé une procédure civile et administrative contre la CIA. «Pour des motifs de vengeance personnelle, Jeffrey Sterling a dévoilé des informations extrêmement importantes, hautement classifiées, qu'il avait juré sous serment de garder secrètes», a commenté dans un communiqué le procureur Dana Boente.

James Risen, journaliste auréolé du prestigieux prix Pulitzer, avait été cité à comparaître en 2008 puis en 2011 au procès de Jeffrey Sterling mais, sommé de révéler le nom de sa source, il avait toujours refusé ces convocations. Le 13 janvier, le ministère de la Justice avait décidé que le journaliste n'aurait finalement pas à témoigner.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer