Le plus grand syndicat américain opposé à Obama sur le libre-échange

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Richard Trumka, président de l'AFL-CIO.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le président de la plus grande fédération syndicale américaine, AFL-CIO, a exhorté mardi le Congrès américain à ne pas donner de pouvoirs étendus à Barack Obama pour négocier des traités de libre-échange, notamment avec la région Asie-Pacifique.

«Vous disposez aujourd'hui d'un levier pour peser sur le fond, mais vous allez l'abandonner», a averti Richard Trumka, président de l'AFL-CIO, lors d'une audition au Sénat américain.

«Trop longtemps, les décisions commerciales ont été prises à huis clos, dans le plus grand secret. Le secret tend à servir les intérêts politiques et économiques des élites, et non l'intérêt plus large de la classe moyenne américaine», a dit Richard Trumka.

Le Congrès débattra prochainement d'une proposition de loi accordant au président américain des pouvoirs accrus pour négocier des accords de libre-échange.

Washington négocie avec l'Union européenne, mais le traité le plus avancé, dit partenariat transpacifique («TPP» en anglais), inclut les États-Unis et onze pays: Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam.

Selon le secrétaire d'État adjoint pour l'Asie, Danny Russel, les États-Unis et le Japon sont à «deux doigts» de conclure cet accord. C'est une priorité de Barack Obama, ainsi que du premier ministre japonais, Shinzo Abe, en visite à Washington la semaine prochaine.

Pour éviter un enlisement au Congrès, qui doit approuver tout traité commercial, les républicains et une partie des démocrates veulent forcer les parlementaires à voter en bloc pour ou contre le traité, sans possibilité d'amendement.

Il leur faudra auparavant adopter cette loi autorisant une procédure accélérée, dite «fast track». Mais la gauche du parti démocrate et le mouvement syndical sont opposés au texte de compromis élaboré la semaine dernière par des élus des deux partis, car il ne fixerait pas assez de conditions préalables.

Ils craignent qu'une plus grande ouverture des marchés américains n'affaiblisse des secteurs industriels sensibles comme l'automobile.

Richard Trumka exige notamment que le Congrès impose dans le TPP des clauses contre la manipulation monétaire par d'autres pays, une pratique visant à favoriser les exportations.

Mais la Maison-Blanche s'y oppose, soutenue en ce sens par les républicains, une alliance inhabituelle.

«Nous sommes opposés à des règles de discipline monétaire, car cela comporterait des risques pour notre capacité à créer des emplois et protéger notre économie», a indiqué un responsable de l'exécutif américain mardi.

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