Ronald Reagan, le modèle républicain

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Une affiche géante de Ronald Reagan est vue lors d'un discours prononcé par le sénateur Ted Cruz, candidat à l'investiture républicaine pour la présidentielle de 2016, à Nashua, au New Hampshire, le 27 mars.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON

Barack Obama est faible, Ronald Reagan était fort : les prétendants républicains à la Maison-Blanche érigent en modèle l'ancien président pour contrer les adversaires de l'Amérique, au risque d'escamoter les nuances de la diplomatie reaganienne.

La nostalgie pour l'ancien président, décédé en 2004, n'est pas nouvelle. Affiches et badges à son effigie sont fréquents dans les rassemblements républicains. Mais elle atteint des sommets en ce début de campagne présidentielle, chaque candidat jouant des coudes pour récupérer l'héritage reaganien.

Ronald Reagan est le président républicain le plus admiré de l'après-guerre : selon Gallup en 2013, 61 % des Américains le jugent exceptionnel, et il n'est dépassé que par le démocrate John F. Kennedy.

«L'élection de Reagan et l'allégeance de mon grand-père furent fondamentales pour moi politiquement. Je suis républicain depuis», a écrit Marco Rubio, qui en annonçant sa candidature lundi à la Maison-Blanche a emprunté à l'optimisme et au thème du renouveau emblématiques de Reagan.

«Ronald Reagan était probablement, à mon avis, l'un des meilleurs présidents pour la politique étrangère», a affirmé de son côté Scott Walker, le gouverneur du Wisconsin.

«La parole du président doit reposer sur la plus grande force militaire du monde. J'ai grandi politiquement dans les années 80, en observant Ronald Reagan et mon père», a assuré Jeb Bush.

Jeb Bush, Marco Rubio, Scott Walker, mais aussi les sénateurs Ted Cruz et Rand Paul usent et abusent de la carte Reagan. Sans craindre l'anachronisme, ils déclarent vouloir vaincre l'Iran, la Russie et le groupe armé État islamique comme Ronald Reagan avait mis à genoux l'Union soviétique.

Négocier avec l'ennemi

Le Ronald Reagan qui s'installe à la Maison-Blanche en janvier 1981, en pleine Guerre froide, est un anticommuniste inconditionnel. Il promet «la paix par la force», relance les dépenses militaires, et rompt avec la stratégie de détente de ses prédécesseurs pour combattre l'influence soviétique dans les pays menacés - il finance les contras au Nicaragua et les moudjahidine en Afghanistan.

Mais après sa réélection de 1984, Reagan change. Il rencontre le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev et négocie avec l'URSS un accord historique de réduction des arsenaux nucléaires.

«Il était inflexible sur les fins, mais flexible sur les moyens», se souvient Philip Hughes, ancien de la Maison-Blanche et du département d'État sous la présidence Reagan.

«Malgré un extérieur faussement simple, Ronald Reagan est une figure très compliquée», dit l'ancien ambassadeur à l'AFP. «Ronald Reagan n'est pas une religion. Personne ne peut donner une interprétation définitive de ce qu'est Ronald Reagan».

Il serait aussi dangereux de comparer les années 80 à 2015, insiste aussi Philip Hughes. La menace soviétique, étatique, était d'une nature différente des menaces actuelles, multiples, décentralisées et teintées de religion dans le cas de l'«islam radical».

Les candidats républicains ont pour la plupart rejeté l'accord international conclu avec l'Iran sur le nucléaire, jugeant les concessions de Barack Obama excessives.

Ils promeuvent une méthode reaganienne : doper les dépenses militaires, ce qui intimidera en temps utile les Iraniens et les forcera à accepter toutes les conditions américaines pour une négociation.

«Les candidats républicains oublient que Ronald Reagan a toujours pensé que, bien que l'Union soviétique fût notre ennemie, nous pouvions négocier avec elle», dit à l'AFP John Bradshaw, directeur exécutif du National Security Network, un centre de réflexion proche des démocrates.

Quand Reagan a commencé à parler aux Soviétiques, «les néoconservateurs du parti républicain étaient horrifiés», rappelle-t-il au passage.

Un aspect plus prosaïque différencie les républicains actuels de Ronald Reagan. L'ex-gouverneur de Californie est arrivé au pouvoir en 1980 accompagné d'un vaste carnet d'adresses de conseillers, experts et responsables prêts à mettre en oeuvre son programme dès l'investiture.

Or, selon Philip Hughes, aucun de la dizaine de prétendants républicains actuels ne peut en dire autant; seule la démocrate Hillary Clinton dispose d'un réseau comparable.

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