Caroline du Sud: le frère de la victime réclame des comptes à la police

«Les policiers doivent rendre des comptes et ils... (PHOTO JIM WATSON, AFP)

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«Les policiers doivent rendre des comptes et ils doivent penser à deux fois avant de se servir de leurs armes à feu et d'abattre des gens», a affirmé à l'AFP le frère de Walter, Anthony Scott.

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Loic HOFSTEDT
Agence France-Presse
NORTH CHARLESTON, Caroline du Sud

Le frère de l'homme noir abattu de cinq balles par un policier blanc en Caroline du Sud, dans le sud-est des États-Unis, a réclamé des comptes jeudi à la police, accusée dans des drames similaires d'abuser de sa force létale et de racisme.

«Les policiers doivent rendre des comptes et ils doivent penser à deux fois avant de se servir de leurs armes à feu et d'abattre des gens», a affirmé à l'AFP le frère de la victime, Anthony Scott.

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Dans une vidéo filmée par un particulier et révélée mardi soir, on voit le policier, Michael Slager, 33 ans, abattre Walter Scott, 50 ans, qui tente de s'enfuir en courant. Le policier tire à huit reprises, touchant la victime cinq fois.

Le policier venait d'arrêter Walter Scott pour un simple contrôle routier. Les deux hommes ont ensuite eu une altercation, a raconté mercredi le témoin qui a filmé la scène.

Devant des images aussi accablantes, le policier a été arrêté et inculpé pour meurtre trois jours après le drame puis renvoyé des forces de l'ordre. Un fait extrêmement rare aux États-Unis.

En effet, le plus souvent, les policiers ne sont même pas poursuivis, comme cela s'est produit à Ferguson après la mort de Michael Brown, un Noir de 18 ans tué l'été dernier par le policier Darren Wilson, qui ne sera pas jugé.

Ce drame avait provoqué des manifestations, et parfois des émeutes, dans tout le pays.

La South Carolina law enforcement division (Sled), police de l'État chargée de l'enquête, a indiqué jeudi que ses équipes intervenues peu après l'incident fatal avaient relevé des «incohérences» et fait part de leurs «inquiétudes».

«Nous avons pensé très tôt que quelque chose de pas correct s'était passé lors de cette rencontre», a expliqué Mark Keel, chef de la Sled, dans un communiqué, citant en exemple les «multiples blessures par balles dans le dos de M. Scott».

La Sled a également rendu publique jeudi la vidéo filmée par la voiture de police conduite par M. Slager. Elle dure quatre minutes.

Elle montre une Mercedes noire quitter une route urbaine pour aller stationner sur le stationnement d'un commerce, suivie par le policier qui descend de son véhicule et va discuter avec le conducteur. Leur échange est à peine discernable.

Le policier retourne à son véhicule de patrouille - vraisemblablement pour vérifier les documents qui lui ont été remis -, indique quelques secondes plus tard au conducteur - visible pour la première fois à la caméra - qui commence à descendre de la Mercedes, de rester à l'intérieur. Quelques secondes s'écoulent, et le conducteur s'enfuit en courant.

Des minicaméras pour tous les policiers

La presse locale rapportait jeudi que Michael Slager avait fait l'objet d'une plainte en 2013 pour avoir abusivement utilisé son pistolet paralysant, mais n'avait pas été poursuivi.

«Nous sommes témoins des symptômes d'un système policier qui ne rend pas des comptes à la communauté qu'il est censé servir et protéger», a dénoncé le mouvement Black Lives Matter CHS dans un communiqué.

Le fait que Slager soit inculpé est «l'exception plutôt que la règle», a noté la représentante à Charleston du mouvement des droits civiques NAACP, Dot Scott.

Le frère de Walter Scott s'est félicité de l'existence de la vidéo amateur, alors que l'agent avait sur le coup justifié son geste par le fait qu'il s'était senti menacé.

Le maire de North Charleston Keith Summey a fait savoir mercredi qu'une centaine de mini-caméras venaient d'être commandées pour tous les policiers en uniforme de la ville.

Un avocat de la famille de la victime a demandé que tous les agents de North Charleston en soient équipés. «Il s'agit de la protection des policiers et des citoyens, parce que maintenant un policier peut dire "regardez ma caméra, je n'ai rien fait de mal"», a expliqué Chris Stewart à l'AFP. «Ou bien un citoyen peut dire "on m'a menti, regardez la vidéo de la caméra"».

Selon Randolph McLaughlin, professeur de droit à l'université Pace de New York, «aujourd'hui, les policiers dégainent et tirent de plus en plus».

Or, lorsque les préjugés raciaux s'ajoutent à une formation inadéquate, le résultat est alarmant, selon lui.

À Ferguson, le ministère de la Justice n'avait pas poursuivi le policier Wilson mais publié un rapport accablant sur le racisme au quotidien de la police de la ville et de ses édiles.

Des manifestations pacifiques ont été organisées mercredi à North Charleston, ainsi qu'une veillée en hommage à Walter Scott, père de quatre enfants, dont les funérailles sont prévues samedi.

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