New York: deux femmes arrêtées pour avoir voulu construire une bombe

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Malgré leur désir de vouloir construire une bombe, les deux femmes n'avaient pas élaboré de complot terroriste spécifique, selon NBC News.

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Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
NEW YORK

Deux femmes s'identifiant avec le groupe djihadiste État islamique ont été arrêtées jeudi à New York, accusées de vouloir fabriquer une bombe pour commettre un attentat aux États-Unis.

Noelle Velentzas, 28 ans, et Asia Siddiqui, 31 ans, toutes les deux Américaines, vivaient jusqu'à récemment dans le même appartement dans le quartier du Queens. Accusées de complot visant à utiliser une arme de destruction massive, elles risquent la réclusion à perpétuité.

«Depuis au moins août 2014, les accusées auraient comploté pour construire une bombe et l'utiliser dans un attentat terroriste aux États-Unis», a annoncé la procureure fédérale de Brooklyn Loretta Lynch.

Les deux jeunes femmes, qui étaient suivies par un agent du FBI sous couverture depuis 2013, avaient «à maintes reprises exprimé leur soutien au djihad violent», a ajouté la procureure. Siddiqui «avait eu des contacts répétés avec des membres de l'organisation terroriste Al-Qaïda dans la péninsule arabique pour offrir son soutien», selon l'acte d'accusation.

En novembre dernier, les accusées avaient acheté de l'engrais, sachant qu'il pouvait entrer dans la composition d'une bombe, et du gluconate de potassium. Velentzas avait aussi cherché à vérifier en ligne que l'«ami» auquel elle se confiait n'était pas un agent du FBI.

En 2009, Siddiqui avait écrit un poème publié par Al-Qaïda dans la péninsule arabique, qui exhortait ses lecteurs à rejoindre le jihad.

Velentzas, qui avait une photo de Ben Laden en fond d'écran sur son téléphone portable, avait en octobre dernier déclaré qu'elle et Asia Siddiqui devaient être considérées comme des «citoyennes de l'État islamique», le groupe extrémiste qui a proclamé un califat sur les territoires irakiens et syriens qu'il contrôle.

En juin 2014, elle avait aussi affirmé être prête à mourir en martyre.

Pas de cible précise

Asia Siddiqui était «en possession de nombreuses bouteilles de gaz et d'instructions sur comment les transformer en engins explosifs», selon l'acte d'accusation. Quatre d'entre elles étaient stockées dans sa cage d'escalier.

Les jeunes femmes, qui avaient regardé des décapitations et attaques par l'EI sur internet, semblaient vouloir éviter les victimes civiles.

Dans une conversation enregistrée par l'agent du FBI, Velentzas évoquait sa «préférence pour attaquer des sources militaires ou gouvernementales, plutôt que civiles».

Mais aucune cible précise n'est mentionnée dans l'acte d'accusation.

Velentzas, apparemment la plus exhaltée des deux, avait fait de nombreuses recherches sur internet sur la fabrication de bombes et sur les matériaux utilisés dans de précédents attentats comme ceux de Boston en 2013.

Elle semblait obsédée par les cocottes-minute, utilisées dans les attentats du marathon de Boston dont l'auteur est actuellement jugé.

Elle avait commencé à lire le «livre de recettes de l'anarchiste», ouvrage de 1971 expliquant comment fabriquer des explosifs, s'était rendue sur des forums en ligne discutant chimie et électricité. Elle avait aussi acheté un téléphone portable prépayé, pour faire ses recherches sans être repérée.

En décembre elle avait commencé à lire le magazine d'Al-Qaïda, «Inspire», que lui avait procuré l'agent du FBI, car elle refusait de le télécharger par peur d'attirer l'attention.

Il y a deux semaines, la jeune femme, mariée, interrogée sur l'arrestation d'un Américain, Tairod Pugh, 47 ans, ayant cherché à rejoindre le jihad en Syrie, avait répondu qu'elle ne voyait pas pourquoi les gens partaient, quand il y avait plus d'opportunités de «plaire à Allah» aux États-Unis.

Velentzas était amie sur Facebook avec cet ancien mécanicien de l'armée de l'Air, qui a plaidé non coupable le 18 mars à Brooklyn de soutien à une organisation terroriste.

Les jeunes femmes, arrêtées tôt jeudi selon la police, ont comparu dans l'après-midi au tribunal fédéral de Brooklyn. Elles ont été maintenues en détention.

Leur arrestation s'ajoute à trois autres en février à New York liées à l'EI: trois New-Yorkais originaires d'Asie Centrale, dont deux s'apprêtaient à partir en Syrie, avaient été arrêtés et accusés de soutien au groupe djihadiste.

Le plus jeune, un Kazakh de 19 ans identifié comme Akhror Saidakhmetov, avait été arrêté alors qu'il essayait de prendre un avion pour la Turquie.

Abdurasul Hasanovich Juraboev, un Ouzbek de 24 ans, avait aussi acheté un billet d'avion pour partir à Istanbul en mars. Le troisième, Abror Habibov, un Ouzbek de 30 ans, a été accusé de les financer.

Fin février, le directeur du FBI James Comey avait déclaré que la police fédérale enquêtait sur des sympathisants plus ou moins radicalisés de l'EI dans les 50 États américains.

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