Washington souligne avec force ses désaccords avec Nétanyahou

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Barack Obama n'a pas appelé Benyamin Nétanyahou pour le féliciter pour sa victoire.

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Jérôme CARTILLIER, Eric RANDOLPH
Agence France-Presse
Washington et Paris

La Maison-Blanche a salué mercredi du bout des lèvres la victoire de Benjamin Nétanyahou aux législatives israéliennes, réaffirmant son soutien à une solution à deux États, israélien et palestinien, enterrée il y a quelques jours par le premier ministre.

En Europe, les réactions ont été aussi peu enthousiastes, tous les principaux dirigeants insistant sur la nécessité de relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, au point mort depuis près d'un an, et cachant à peine leur scepticisme.

«Le président continue de penser qu'une solution à deux États est la meilleure façon de répondre aux tensions», a déclaré Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain, en précisant que Barack Obama n'avait pas appelé M. Nétanyahou mais que le secrétaire d'État John Kerry s'en était chargé.

Les relations entre les deux dirigeants, notoirement tendues, se sont encore aggravées avec la venue à Washington début mars du premier ministre israélien qui, devant le Congrès dominé par les républicains, a dénoncé avec virulence les négociations en cours avec l'Iran.

La Maison-Blanche a par ailleurs fait part de sa vive inquiétude face à certains discours sur le vote arabe tenus pendant la campagne, des propos «qui divisent» et visent à «marginaliser les citoyens Arabes israéliens», a-t-elle déploré.

Le jour même de l'élection, le premier ministre israélien a posté une vidéo alarmiste sur sa page Facebook: «Le pouvoir de la droite est en danger. Les électeurs arabes se rendent en masse vers les bureaux de vote», disait-il notamment.

«La relation avec les États-Unis est plus mauvaise que jamais. Après avoir présenté sa position de manière si abrupte, il sera difficile pour Nétanyahou de revenir en arrière et de prétendre qu'il ne s'agissait que d'une stratégie de campagne», juge David Hartwell du magazine Middle East Insider, basé à Londres.

L'Union européenne a félicité le premier ministre israélien, tout en soulignant la nécessité d'une «relance du processus de paix».

Le premier ministre britannique David Cameron a adopté une position similaire, adressant ses félicitations au vainqueur sur Twitter tout en laissant son porte-parole souligner qu'«il souhaite voir la paix, voir une solution à deux États».

Le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius a également appelé le prochain gouvernement à la «responsabilité» et réaffirmé son soutien à un État palestinien.

«Soit les États-Unis, l'Europe s'investissent, avec un plan, une volonté, soit on s'achemine vers une nouvelle guerre de Gaza, peut-être même dans les mois qui viennent», estime Jean-Pierre Filiu, professeur à l'Institut des Sciences politiques de Paris et auteur du livre «Histoire de Gaza».

L'Iran en toile de fond 

Pour certains experts cependant, l'Occident n'a d'autre choix que de composer avec le futur gouvernement que va mettre en place le premier ministre israélien.

«L'alternative si vous ne travaillez pas avec moi, selon mes conditions, c'est la violence et ce sera mauvais pour tout le monde, y compris à Londres et Paris comme l'ont montré les manifestations de l'an dernier», va en substance dire le dirigeant israélien à ses homologues occidentaux, prédit Daniel Levy, spécialiste du Moyen-Orient au sein de l'organisme European Council on Foreign Relations.

Nathan Thrall, de l'International Crisis Group, souligne aussi la nécessité d'attendre de voir les directions que prendra Benyamin Nétanyahou une fois son gouvernement formé. Son rejet d'un État palestinien «est survenu dans les dernières 48 heures de sa campagne», et en privé, il aurait «accepté à de nombreuses reprises de négocier avec les Palestiniens sur la base des frontières de 1967», note cet expert.

Ce n'est pas seulement le problème palestinien, mais aussi le refus absolu de Benjamin Nétanyahou de soutenir les négociations avec l'Iran sur son programme nucléaire qui oppose Israël à ses partenaires internationaux.

Le premier ministre israélien, qui compte de solides soutiens solides parmi l'opposition républicaine aux États-Unis, maintient que la communauté internationale ne peut pas faire confiance à l'Iran pour limiter ses ambitions nucléaires, et que ce pays représente une menace existentielle pour Israël.

L'exécutif américain s'est déclaré convaincu que la réélection de M. Nétanyahou ne changerait pas la donne sur ce dossier et n'aurait pas d'impact sur les négociations en cours.

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