Exécution d'un septuagénaire grièvement blessé au cerveau

Cecil Clayton... (Photo: AP)

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Cecil Clayton

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Agence France-Presse
Washington

Un septuagénaire, qui avait été grièvement blessé au cerveau dans un accident du travail, a été exécuté mardi soir au Missouri en dépit d'un ultime appel qui invoquait son irresponsabilité pénale, a-t-on appris auprès des autorités pénitentiaires.

Cecil Clayton, 74 ans, a été déclaré mort par injection létale à 21h21 locales pour le meurtre d'un policier, a indiqué Mike O'Connell, porte-parole des prisons du Missouri. Il est décédé huit minutes après l'injection, a-t-il précisé.

«Alors que la sentence de son meurtrier a été exécutée ce soir, je demande aux habitants du Missouri d'honorer le policier (Christopher) Castetter, qui a donné sa vie au service de notre État», a déclaré le gouverneur Jay Nixon, qui avait auparavant refusé de commuer la peine de Clayton.

Une heure avant l'exécution, la Cour suprême des États-Unis avait rejeté ses trois derniers appels qui arguaient de la méthode d'injection létale mais surtout de ses troubles mentaux et intellectuels, pour soulever l'inconstitutionnalité de son exécution.

Après un accident en 1972 à la scierie dans laquelle il travaillait, Clayton avait dû subir une opération du cerveau, au cours de laquelle un cinquième du lobe frontal avait été retiré pour enlever un morceau de bois qui avait traversé son crâne.

Selon ses avocats Elizabeth Carlyle et Pete Carter, son comportement avait changé après l'opération. Alors âgé de 32 ans, il était devenu sujet à des hallucinations, des accès de dépression et de schizophrénie ainsi qu'à de violentes crises de nerfs. Le meurtre par balles d'un policier était intervenu lors d'une de ces crises, alors que l'adjoint du shérif répondait à un appel pour violences au domicile de Clayton en 1996.

Auparavant, selon ses avocats, Clayton vivait tranquillement avec sa famille sur les terres de son enfance, où il était pasteur et travaillait à une scierie.

Confirmant le diagnostic de plusieurs médecins, un expert psychologue Daniel Foster avait conclu le 2 janvier: «il n'est simplement pas responsable pénalement, il ne serait pas capable de s'occuper de lui-même ni de faire les gestes les plus basiques, s'il n'était pas dans un environnement structuré qui prend soin de lui».

Dans un de leurs appels à la haute Cour, ses avocats rappelaient que la Cour suprême interdit l'exécution des malades mentaux depuis 1986. En outre depuis 2007, elle juge qu'une personne est inéligible pour la peine capitale si elle n'est pas consciente «de son exécution imminente ni de la raison de celle-ci».

Dans ce cas, «il a droit à une audience d'évaluation de sa responsabilité et de son éligibilité à la peine capitale», ce qui n'a jamais été fait, ajoutaient les avocats dans ce document, en demandant un report de l'exécution.

«Cecil Clayton avait littéralement un trou dans la tête. L'exécuter sans audience pour déterminer sa responsabilité viole la Constitution, la loi du Missouri et la dignité humaine de base», a réagi Elizabeth Carlyle après l'exécution, «le monde ne sera pas plus sûr parce que M. Clayton a été exécuté».

Il s'agit de la dixième exécution de l'année aux États-Unis, dont deux au Missouri, qui pour la première fois a exécuté le soir au lieu du milieu de la nuit.

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