Le directeur des services secrets reconnaît un problème d'alcool à l'agence

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Le directeur des services secrets, Joseph Clancy

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Sous le feu des critiques au Congrès, le directeur du Secret Service Joseph Clancy a reconnu mardi un problème d'alcool au sein de cette police d'élite chargée de la protection du président américain, mais dont l'image a souffert de récents scandales.

Pour sa première audition parlementaire depuis sa nomination mi-février Joseph Clancy a été malmené par plusieurs élus visiblement outrés par le dernier incident en date: deux agents du Secret Service ont, le 4 mars, heurté en voiture une barrière de sécurité de la Maison-Blanche après une soirée bien arrosée.

Le nouveau directeur, sous le gril des membres d'une commission de la Chambre des représentants, a précisé qu'une enquête avait été ouverte et que les deux agents incriminés avaient été affectés à des tâches administratives «sans responsabilité» hors de la Maison-Blanche, en attendant d'être probablement licenciés.

«Il y a des éléments dans notre agence qui font face au stress en se tournant vers l'alcool» et qui causent «un grand tort» au reste du personnel, a-t-il admis, en référence également à de précédents incidents, comme un voyage présidentiel aux Pays-Bas à la veille duquel des agents du Secret Service s'étaient enivrés.

«Il n'y pas d'excuse pour ces actions, il doit y avoir une autodiscipline, une reconnaissance des responsabilités. Nous devons trouver un moyen d'aider ceux qui se tournent vers l'alcool par mécanisme de protection», a-t-il ajouté.

M. Clancy s'est attiré les foudres des élus quand il a reconnu n'avoir été informé de l'incident que cinq jours plus tard.

«J'aurais dû être informé», a-t-il admis, annonçant vouloir instiller «un changement de culture». «Que cette information n'ait pas remonté la chaîne (de la hiérarchie) n'est pas excusable. Cela prendra du temps, mais je vais devoir bâtir la confiance au sein de notre agence».

Particulièrement virulent, le président républicain de la commission, John Carter, a dit avoir «le coeur brisé d'assister à la dégringolade en six ans de l'une des agences de légende chez les Américains».

Plusieurs scandales liés à la prostitution et à l'alcool ainsi que des intrusions ou tentatives à la Maison-Blanche ont éclaboussé cette police d'élite qui comprend quelque 6.500 hommes et femmes chargés notamment de protéger le président des États-Unis et une trentaine d'autres personnalités. La dernière directrice Julia Pierson avait dû démissionner après une spectaculaire intrusion dans la Maison-Blanche.

Manque de moyens

Joseph Clancy a demandé 8 millions de dollars au Congrès pour construire une réplique grandeur nature de la Maison-Blanche sur un terrain du Maryland, près de Washington, pour fournir «un environnement plus réaliste, favorable à des exercices d'entraînement sous forme de scénarios».

«Les services secrets utilisent actuellement une maquette rudimentaire qui n'est pas à l'échelle sur les terrains nord de la Maison-Blanche, en utilisant des barricades pour vélos pour simuler les barrières», a écrit M. Clancy, dans ses arguments devant une commission de la Chambre des représentants. «Nous n'avons pas de structure, de portails pour véhicules, de lampes ou d'autres instruments pour nous aider à renforcer nos simulations d'entraînement», a-t-il ajouté.

Ce financement, qu'il demande pour le budget 2016, «permettra aux services secrets d'assurer la construction de la façade de la Maison-Blanche, y compris la résidence (présidentielle), les ailes est et ouest, les baraques de gardes, les terrains environnants et la route d'accès», a-t-il ajouté.

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