Polémique des courriels: Hillary Clinton sur la défensive

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L'ancienne secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton

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Carole Landry, Ivan Couronne
Agence France-Presse
NEW YORK, WASHINGTON

Candidate pressentie à la Maison-Blanche en 2016, Hillary Clinton a retrouvé mardi la tourmente politique, assaillie de critiques pour avoir utilisé une messagerie personnelle lorsqu'elle était secrétaire d'État - un choix qu'elle a regretté, mais défendu.

Mettant fin à plus d'une semaine de silence sur la question, Hillary Clinton a fait face à des dizaines de journalistes mardi après un discours sur les droits des femmes aux Nations unies, à New York, dans le but de mettre fin à une controverse qui fait tanguer ce qui pourrait devenir sa seconde candidature à la présidentielle.

Pourquoi a-t-elle choisi, à sa nomination par Barack Obama en 2009, d'utiliser son propre serveur d'emails, au nom de domaine @clintonemail.com, plutôt qu'une adresse officielle en .gov?

«Je pensais qu'il serait plus simple d'avoir sur moi un seul appareil plutôt que deux pour le travail et pour mes emails personnels», a dit Hillary Clinton, avant de convenir: «avec le recul, il aurait probablement été plus intelligent d'avoir eu deux appareils». Elle n'a pas évoqué la possibilité d'avoir deux comptes sur le même appareil.

«Mais je suis absolument convaincue que tout ce qui pouvait avoir trait au travail est désormais en possession du département d'État», a-t-elle ajouté.

A la demande du département d'État, en octobre 2014, ses avocats ont fait le tri des 62 320 messages accumulés entre mars 2009 et février 2013 sur son serveur, installé physiquement dans sa maison de l'État de New York.

Environ la moitié (30 490) étaient liés à ses responsabilités officielles et ont été transmis, pour archivage, au département d'État en décembre 2014, a détaillé son bureau personnel dans un document de neuf pages envoyé à la presse.

Ces messages, environ 55 000 pages imprimées, ont vocation à être publiés dans plusieurs mois sur internet par le département d'État, une fois expurgés de toute information sensible.

«J'ai pris la décision sans précédent de dire, allez-y, rendez-les publics pour que les gens puissent les voir», a dit Hillary Clinton. «Les lois et règlements en vigueur lorsque j'étais secrétaire d'État m'autorisaient à utiliser mon email pour le travail».

Courriels personnels effacés 

La loi américaine dispose effectivement que les responsables gouvernementaux sont chargés de la préservation de toute communication professionnelle. Mais Hillary Clinton n'a pas expliqué pourquoi elle avait attendu près de deux ans après son départ de l'administration pour remettre ses messages.

«Mme Clinton n'a pas remis ses emails par bonté de coeur, elle a été forcée de le faire par la supervision intelligente, déterminée et efficace de la commission de la Chambre sur Benghazi», a affirmé Michael Steel, porte-parole du président républicain de la Chambre des représentants.

Cette commission, créée par les républicains non sans arrière-pensées politiques, enquête sur les attaques de Benghazi, en Libye en septembre 2012, lors desquelles quatre Américains dont l'ambassadeur ont été tués. Hillary Clinton dirigeait la diplomatie à l'époque.

À l'aube d'une nouvelle campagne présidentielle, les républicains ont saisi l'affaire pour dénoncer le supposé attachement au secret du couple Clinton, a fortiori de l'archi-favorite de l'investiture démocrate.

Ils ont lancé une virulente offensive politique pour réclamer l'examen, par un tiers indépendant, du serveur d'Hillary Clinton pour vérifier qu'aucun email important - ou gênant - n'avait été effacé.

La démocrate a rejeté cette option. Elle assure que les seuls emails effacés étaient d'ordre personnel: le mariage de sa fille, l'enterrement de sa mère, ses cours de yoga, ses vacances... Mais les messages personnels, soit 31 830, ont été supprimés, «pour assurer la confidentialité continue de ses emails personnels, non liés au travail», selon son bureau.

Elle a aussi affirmé que la sécurité du serveur n'avait jamais été compromise et que, dans tous les cas, aucun message classifié n'avait été échangé.

Loin de rendre les armes, les républicains devraient redoubler leurs efforts. Le président de la commission Benghazi, Trey Gowdy, a annoncé qu'il convoquerait «au moins deux fois» Hillary Clinton à la Chambre, ce qui s'annonce comme un événement politique.

Des démocrates avaient également appelé Hillary Clinton à s'expliquer, mais beaucoup jugent le «scandale» artificiel.

Le parti démocrate a rappelé que Jeb Bush, candidat quasi-déclaré à l'investiture républicaine, utilisait aussi un compte personnel, jeb@jeb.org, lorsqu'il était gouverneur de Floride.

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