Obama à Selma, symbole de la défense des droits civiques

Barack Obama, le premier président noir de l'histoire... (PHOTO BRENDAN SMIALOWSKI, AFP)

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Barack Obama, le premier président noir de l'histoire des États-Unis, doit s'exprimer devant le pont Edmund Pettus.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
SELMA

«Le travail n'est pas terminé»: Barack Obama célèbre samedi à Selma, en Alabama, la marche pour les droits civiques qui a marqué un tournant dans l'histoire des États-Unis en garantissant le droit de vote aux Afro-Américains des États du Sud.

Le premier président noir de l'histoire des États-Unis doit s'exprimer devant le pont Edmund Pettus sur lequel, le 7 mars 1965, plusieurs centaines de manifestants pacifiques furent violemment repoussés par la police dans un assaut qui traumatisa l'Amérique et aboutit, quelques mois plus tard, au Voting Rights Act.

Barack Obama avait trois ans au moment des faits. Il a appris cette histoire par sa mère, quand il avait «six, sept, huit ans». «Elle me donnait des tas de livres pour enfants sur la lutte pour les droits civiques. Elle mettait des chansons de Mahalia Jackson (qui fut une proche de Martin Luther King, NDLR)», a-t-il raconté à la veille de cette célébration.

Le discours présidentiel intervient trois jours après la publication d'un rapport accablant du ministère de la Justice pointant les comportements discriminatoires de la police de Ferguson (Missouri), théâtre de violentes émeutes après la mort en août dernier d'un jeune Noir abattu par un policier blanc.

Selma, ville de 20 000 habitants (dont 80 % de Noirs), se prépare depuis plusieurs jours à ce week-end de commémoration auquel l'ancien président George W. Bush et plus d'une centaine d'élus du Congrès doivent participer.

Le 15e amendement de la Constitution américaine, adopté en 1870, interdit de refuser le droit de vote à tout citoyen «sur la base de sa race ou de sa couleur». Dans plusieurs États du Sud, il a longtemps été bafoué.

«Au rythme actuel, il faudra 103 ans pour que les 15 000 Noirs du comté de Dallas puissent s»inscrire sur les listes électorales», lançait Martin Luther King en janvier 1965 à Selma.

Si la loi signée le 6 août 1965 par le président Lyndon Johnson a marqué une rupture, nombre d'activistes considèrent que ce chapitre n'est cependant pas clos.

Le texte, véritable socle des droits civiques, a été partiellement remis en cause par la Cour suprême en 2013. Cette dernière a estimé que le pays n'était «plus divisé comme il l'était en 1965» et que la loi devait évoluer.

D'autres combats à mener

Les démocrates accusent par ailleurs les républicains de brandir la menace de la fraude électorale pour introduire dans certains États des contraintes supplémentaires sur l'identification des électeurs dans le but de dissuader les minorités, qui votent majoritairement démocrate, de se rendre aux urnes.

«A de nombreux égards, la lutte qui a commencé ici à Selma se poursuit», explique à l'AFP Julian Castro, secrétaire au Logement dans le gouvernement Obama, présent pour les célébrations.

«L'Amérique change, se diversifie et, dans le même temps, nombre de nouvelles restrictions sont mises en place pour décourager le vote», poursuit cet élu hispanique d'origine mexicaine, étoile montante du parti démocrate.

Dans cette petite ville du Sud qui connaît un taux de chômage supérieur à 10 %, soit le double de la moyenne nationale, et où près de 40 % des foyers vivent en-dessous du seuil de pauvreté, la lutte est aussi aujourd'hui aussi celle pour l'égalité des chances.

«Cette région a connu de nombreuses périodes de récession, les gens ont besoin d'espoir», souligne Dane Shaw, qui dirige Arsenal Place Accelerator, structure dédiée à l'aide à la création d'entreprises. «Selma a reçu beaucoup d'attention pour son rôle dans la lutte pour les droits civiques. Mais si vous parlez à ses habitants aujourd'hui, ils veulent de la croissance économique».

Pour Letasha Irby, 36 ans, qui travaille dans une usine de pièces détachées pour l'automobile, «il y a d'autres combats à mener aujourd'hui» en Alabama.

«S'ils se sont unis et ont fait front ensemble (il y a 50 ans), cela peut être fait aujourd'hui», ajoute la jeune femme, qui gagne 12 dollars de l'heure et cite, comme priorité, la lutte pour des «salaires décents».

«J'espère que les célébrations (du 50e anniversaire) attireront à nouveau l'attention sur Selma et que, une nouvelle fois, des changements positifs en sortiront».

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