Le fondateur du Bikram Yoga condamné pour hacèlement

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Bikram Choudhury, à gauche, lors d'une session de yoga à Los Angeles en 2003.

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Brian Melley
Agence France-Presse
LOS ANGELES

Bikram Choudhury, fondateur du Bikram, une forme de yoga pratiquée dans une pièce à 40 degrés et au succès mondial, a été condamné mardi à verser 6,47 millions de dollars de dommages et intérêts pour harcèlement moral et sexuel.

Le fondateur d'un véritable empire du yoga était poursuivi par une avocate, Minakshi Jafa-Bodden, qui avait dirigé son département juridique.

Elle affirmait avoir fait l'objet de brimades pour avoir pris la parole contre le harcèlement de femmes sur le lieu de travail, et notamment pour avoir enquêté sur des allégations selon lesquelles une stagiaire aurait été violée au cours d'un entraînement au Bikram.

Lundi, le même jury lui avait déjà alloué une indemnité compensatoire de 924.554 dollars, estimant que Mme Jafa-Bodden avait fait l'objet de harcèlement, discrimination et représailles de la part de Bikram Choudhury.

Lors de sa déclaration finale, l'avocat de Mme Jafa-Bodden, Mark Quigley, avait assuré que M. Choudhury «pense qu'il peut faire tout ce qu'il veut», ajoutant qu'«il est hors de contrôle, il faut le stopper».

Le concepteur très controversé d'une séquence de 26 poses de hatha yoga, qui avait déjà fait scandale en voulant les breveter alors qu'il s'agit d'une forme d'exercice physique et de respiration ancestrale, a déclaré mardi qu'il était proche de la banqueroute.

L'Indien aux longs cheveux noirs et aux tenues de rock star possède un garage de 30 à 40 voitures de luxe, mais celles-ci contiennent de vieilles pièces détachées provenant d'autres véhicules, a-t-il assuré.

Selon les avocats de M. Choudhury, la plaignante a été limogée parce qu'elle n'avait pas le permis légal d'exercer en Californie et n'avait par ailleurs jamais été employée directement par le «gourou» du yoga mais par un cabinet d'avocats prestataire de service.

Mme Jafa-Bodden avait poursuivi M. Choudhury, né à Calcutta en 1946, en juin 2013.

Elle demandait des dommages et intérêts pour discrimination sexuelle, harcèlement sexuel, diffamation, intention d'infliger une détresse émotionnelle, négligence, agression, licenciement abusif, entre autres.

Mme Jafa-Bodden affirmait dans son dépôt de plainte avoir été incitée à quitter son emploi à New Delhi en Inde en 2011 pour prendre la tête du département juridique de la société de M. Choudhury, pour un salaire de 125 000 dollars par an, mais que l'accusé «ne l'a pas payée comme il avait été convenu».

D'après elle, M. Choudury qualifiait en sa présence des femmes de «connasses» et avait «créé un environnement hypersexualisé, insultant et dégradant pour les femmes», en leur demandant par exemple de «brosser ses cheveux ou de lui faire des massages».

D'après la plaignante, M. Choudhury «amenait sa maîtresse sur le lieu de travail», «demandait à ce que de jeunes adeptes de ses studios de yoga ou des stagiaires soient amenées à sa chambre d'hôtel», et quand Mme Jafa-Bodden s'y est refusée elle a été «victime de représailles et sortie du cercle de proches» du yogi-entrepreneur.

La plainte fait état d'autres allégations d'agressions sexuelles contre des femmes lors d'entraînements ou de stages de Bikram Yoga par le chef d'entreprise et par des proches.

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