Le meurtrier d'«American Sniper» condamné à la perpétuité

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Eddie Ray Routh

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Agence France-Presse
Washington

Le procès aux États-Unis du meurtrier de Chris Kyle, le tireur d'élite qui a inspiré le film à succès American Sniper, s'est conclu sur une condamnation à la prison à perpétuité pour Eddie Ray Routh, les jurés texans n'ayant pas retenu l'hypothèse de la folie.

L'ancien Marine de 27 ans, également condamné pour le meurtre de l'ami de Kyle, Chad Littlefield, a écopé mardi soir d'une peine qui exclut toute possibilité de libération.

Pendant deux semaines, ce procès a captivé l'Amérique en raison de la personnalité d'une des deux victimes, Chris Kyle, surnommé la «Légende» et auteur d'une autobiographie à succès qui a inspiré le film American Sniper, dont l'adaptation sur grand écran par Clint Eastwood a dominé le box-office américain pendant plusieurs semaines.

Héros pour les uns, salaud pour les autres, Chris Kyle, 38 ans, s'est lui-même vanté d'avoir tué 255 personnes lors de ses quatre passages en Irak, même s'il n'est officiellement crédité que de la mort de 160 personnes.

Chris Kyle et son ami Chad Littlefield, 35 ans, ont été abattus par Eddie Ray Youth dans un stand de tir de Glen Rose, au sud-ouest de Fort Worth (Texas), le 2 février 2013. Chris Kyle avait proposé son aide à l'ancien Marine, sujet au stress post-traumatique après avoir notamment servi en Irak et en Haïti, lors du tremblement de terre de 2010.

Après moins de trois heures de délibéré, mardi, les jurés du tribunal de Stephenville (160 km au sud-ouest de Dallas) ont rejeté à l'unanimité les arguments de la défense qui plaidait la folie de l'accusé. Le procureur Alan Nash avait, avant les débats, annoncé qu'il ne demanderait pas la peine de mort.

La mère de Chad Littlefield a assuré mardi soir que la famille était heureuse d'avoir ce verdict. «Nous avons attendu deux ans que Dieu rende justice à notre fils, et Dieu a été fidèle», a déclaré Judy Littlefield.

Les avocats d'Eddie Ray Routh soutenaient que leur client souffrait de «psychose», un trouble mental grave qui fait perdre au malade le contact avec la réalité. L'ancien Marine était sorti d'un traitement psychiatrique une semaine avant de rencontrer les deux soldats.

Au premier jour du procès, le procureur a raconté comment les corps des deux victimes avaient été retrouvés criblés de balles, surtout dans le dos, au stand de tir où les trois hommes s'étaient rendus. Chris Kyle a reçu six balles de son propre pistolet de calibre 45.

Après les tirs, l'accusé s'était enfui à bord de la camionnette de Chris Kyle, avant d'être arrêté le jour même et de confesser les meurtres en affirmant que «des gens suçaient son âme et qu'il pouvait renifler les cochons».

Triomphe en salles

Une «maladie mentale n'enlève pas la possibilité de distinguer le bien du mal», avait estimé le procureur en précisant que le jour des faits, Eddie Routh avait fumé de la marijuana et bu de l'alcool.

Au cours du procès, les jurés ont appris que Kyle et Littlefield s'étaient rendu compte que quelque chose n'allait pas seulement quelques minutes avant les tirs.

Sur la route du centre de tir, Kyle avait envoyé un SMS à son ami qui se trouvait à l'avant du véhicule avec lui : «Ce type est complètement dingue», en parlant d'Eddie Routh, assis à l'arrière.

«Il est juste derrière moi, surveille mes arrières», avait répondu Littlefield.

La défense doutait qu'Eddie Routh bénéficie d'un procès équitable dans la petite ville du Texas, étant donné le succès d'American Sniper et l'opinion largement répandue selon laquelle Chris Kyle était un héros.

Le juge Jason Cashon avait refusé de délocaliser et repousser le procès à une date ultérieure, le temps que l'émotion suscitée par le film s'estompe. Le long-métrage de Clint Eastwood, avec Bradley Cooper dans le rôle du tireur d'élite, triomphe actuellement dans les salles américaines et a engrangé plus de 320 millions de dollars (280 millions d'euros) de recettes.

Les critiques ont décrit le film comme une vision simpliste et manichéenne du conflit en Irak, et souligné le terme de «sauvages» que Kyle emploie pour décrire les Irakiens dans son autobiographie.

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