L'homme accusé d'avoir tué «American Sniper» souffrait de «psychose»

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Taya Kyle, l'épouse de Chris Kyle, a été la première personne à témoigner.

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Fabienne FAUR
Agence France-Presse
Washington

L'ancien Marine accusé d'avoir tué Chris Kyle, le tireur d'élite qui a inspiré le film à succès American Sniper, souffrait de «psychose», a plaidé sa défense au premier jour de son procès, mercredi au Texas.

Eddie Ray Routh, 27 ans, qui plaide non coupable, «souffrait d'une psychose si sévère qu'il ne savait pas que ce qu'il faisait était mal», a attaqué dès le début de l'audience son avocat, Tim Moore, lors de sa plaidoirie préliminaire devant le jury du tribunal de Stephenville, au sud-ouest de Dallas.

L'ex-soldat, vêtu mercredi d'un costume, le crâne rasé et beaucoup plus corpulent qu'au moment de son arrestation, est accusé d'avoir tué l'ancien Navy Seal de 38 ans, ainsi que l'ami de ce dernier, Chad Littlefield, 35 ans, dans un stand de tir de Glen Rose, au sud-ouest de Fort Worth, au Texas, le 2 février 2013.

Ce procès captive l'Amérique en raison de la personnalité de Chris Kyle, surnommé la «légende» et auteur d'une autobiographie à succès qui a inspiré le film American Sniper, adapté sur grand écran par Clint Eastwood.

Héros pour les uns, salaud pour les autres, il est officiellement crédité de la mort de 160 personnes lors de ses quatre passages en Irak, mais s'est lui-même vanté d'avoir tué 255 personnes.

Le long métrage triomphe actuellement dans les salles américaines et a engrangé six nominations pour les prochains Oscars, dont celle de meilleur film et de meilleur acteur pour Bradley Cooper dans le rôle-titre.

«Ce type est dingue» 

Le procureur Alan Nash a raconté comment les corps des deux victimes avaient été retrouvés criblés de balles, surtout dans le dos, au stand de tir où les trois hommes s'étaient rendus.

Le tireur d'élite avait proposé son aide à l'ancien Marine, qui souffrait de stress post-traumatique. Il avait notamment servi en Irak et avait été envoyé en Haïti lors du tremblement de terre avant de quitter l'armée.

Une «maladie mentale n'enlève pas la possibilité de distinguer le bien du mal», a estimé le procureur en précisant que le jour des faits, Eddie Routh avait fumé de la marijuana et bu de l'alcool.

Après les tirs, l'homme s'était enfui à bord de la camionnette de Chris Kyle puis était passé chez sa soeur avant d'être arrêté le jour même et de confesser les meurtres.

Son avocat a pour sa part demandé au jury de décider que M. Routh «était fou et non-coupable pour cause de maladie mentale», détaillant les séjours fréquents à l'hôpital de l'ancien Marine.

Il souffrait selon lui de «psychose», un trouble mental grave qui fait perdre au malade le contact avec la réalité.

«Rough pensait que Kyle et Littlefield voulaient le tuer», a-t-il affirmé.

Selon l'avocat, lors du trajet, Kyle avait envoyé un SMS à son ami qui se trouvait à l'avant du véhicule avec lui: «Ce type est complètement dingue», en parlant d'Eddie Rough, assis à l'arrière.

Taya Kyle, l'épouse de Chris Kyle -- jouée à l'écran par Sienna Miller -- a été la première personne à témoigner, contenant difficilement ses larmes au moment où des photos de famille étaient projetées, remarquait la presse américaine.

«Je suis émue», a-t-elle dit avant de raconter comment la mère de l'accusé avait demandé à Kyle de s'occuper de son fils.

Avant le jour des meurtres, les deux hommes ne s'étaient parlé qu'au téléphone, a-t-elle précisé.

La jeune femme a également indiqué qu'elle avait pu contacter son mari au stand de tir et qu'il avait écourté la conversation, semblant préoccupé.

Les débats se sont poursuivis dans la journée avec les témoignages de la mère de la seconde victime, du gérant et d'un employé du stand de tir qui a porté les premiers secours. Des photos des corps ont été montrées aux jurés.

Eddie Routh risque la prison à vie sans possibilité de libération, le procureur Alan Nash ayant, avant les débats, annoncé qu'il ne demanderait pas la peine de mort.

S'il est reconnu malade mental à l'issue du procès qui doit durer deux semaines, il pourrait passer le reste de sa vie en institution psychiatrique.

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