Troisième course à la Maison-Blanche: la tentation de Mitt Romney

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L'étonnement n'est pas la seule réaction que Mitt Romney a soulevée en évoquant son intérêt pour une troisième course à la Maison-Blanche. Il y a également eu de l'amusement chez les démocrates et de l'hostilité chez les républicains.

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(New York) «Oh, non, non, non. Non, non, non, non. Non, non, non.»

C'est clair, non?

Il y a un peu plus d'un an, Mitt Romney a servi cette série de non à une journaliste du New York Times qui lui demandait s'il laissait la porte ouverte à une course à la Maison-Blanche en 2016.

«Je veux être président. Tout le monde ici présent peut dire à ses amis que je songe à faire campagne.»

Mitt Romney

Sa réponse n'a surpris personne. L'ancien gouverneur du Massachusetts, aujourd'hui âgé de 67 ans, a quand même tenté sa chance à deux reprises, subissant en 2012 une défaite sévère contre un président sortant vulnérable. Et bien qu'honorable, il a laissé le souvenir d'un candidat gaffeur et déconnecté.

Aussi Mitt Romney a-t-il suscité un vif étonnement au sein de la classe politique et médiatique américaine en faisant cette déclaration devant un groupe de 30 donateurs républicains à New York, le 9 janvier: «Je veux être président. Tout le monde ici présent peut dire à ses amis que je songe à faire campagne.»

Il a ajouté que sa femme Ann l'appuyait, ce qui n'est pas moins étonnant. En octobre dernier, celle-ci a rejeté la possibilité d'une troisième campagne présidentielle en utilisant une formulation aussi catégorique que celle de son mari: «C'est fini. Complètement. C'est fini non seulement pour moi et Mitt, mais c'est également fini pour les enfants. Fini. Fini. Fini.»

Mais qu'a-t-il bien pu se passer au cours des derniers mois pour que Mitt et Ann Romney changent ainsi d'avis?

Deux hypothèses circulent. La première tient à la difficulté de tourner le dos à une ambition présidentielle. Mitt Romney a pu se dire l'an dernier qu'il ne voulait plus briguer la Maison-Blanche, mais la politique est une drogue dure à laquelle les pratiquants de haut niveau ont du mal à renoncer. L'ex-rival de Barack Obama doit d'autant plus avoir le goût d'en tâter de nouveau qu'il se retrouve depuis des mois en tête de sondages parmi les nombreux candidats potentiels du Parti républicain à la présidence.

L'autre hypothèse est liée aux manoeuvres d'un de ces candidats pressentis: Jeb Bush. Celui-ci a récemment commencé à amasser des fonds en vue d'une éventuelle course à la Maison-Blanche. Or, en manifestant un intérêt renouvelé pour la présidence, Mitt Romney cherche à empêcher l'ancien gouverneur de Floride d'accaparer les plus riches donateurs républicains, juste au cas où il voudrait vraiment se lancer dans la mêlée.

Deux thèmes

Mais que dirait-il aux électeurs qu'il n'a pas dit en 2012 lors de sa deuxième candidature malheureuse? S'il faut se fier à ses déclarations récentes, Mitt Romney axerait une troisième campagne présidentielle sur deux thèmes majeurs: la pauvreté et la politique étrangère.

«Sous le président Obama, les riches sont devenus plus riches, l'inégalité des revenus s'est creusée et il y a plus d'Américains sous le seuil de la pauvreté que jamais», a-t-il déclaré vendredi devant un groupe de dirigeants républicains réunis à San Diego.

Le thème de la pauvreté serait audacieux de la part du fondateur d'une société d'investissement qui a été dépeint en 2012 par ses adversaires comme le candidat des «1%» (et qui a dénigré les «47%» d'Américains qui ne paient pas d'impôts au fédéral).

Mitt Romney se présenterait d'autre part comme un prophète en matière de politique étrangère. Il affirme avoir eu raison de qualifier la Russie de Vladimir Poutine de «plus grande menace géopolitique pour les États-Unis au XXIe siècle», de dénoncer le retrait des troupes américaines d'Irak et de mettre en garde contre la montée de l'islam radical au Moyen-Orient et en Afrique.

«Les résultats de la politique étrangère d'Hillary Clinton-Barack Obama ont été dévastateurs», a-t-il déclaré vendredi à San Diego, prenant soin d'inclure dans sa critique le nom de l'ex-secrétaire d'État et candidate potentielle du Parti démocrate à la présidence. «Le monde n'est pas plus sûr.»

Disons que l'étonnement n'est pas la seule réaction que Mitt Romney a soulevée en évoquant son intérêt pour une troisième course à la Maison-Blanche. Il y a également eu de l'amusement chez les démocrates et de l'hostilité chez les républicains.

Randy Kendrick, un donateur républicain, a fait circuler un courriel contenant une promesse belliqueuse: «Ma famille a dépensé beaucoup de temps et d'argent pour faire élire Mitt Romney, en dépit de nos réserves. Cependant, la leçon n'est pas perdue, et je travaillerai sans relâche pour qu'il ne soit pas de nouveau notre candidat.»

«Il a eu sa chance, il l'a bousillée», a déclaré de son côté Rupert Murdoch, magnat des médias.

Le sénateur du Kentucky, Rand Paul, l'un des adversaires potentiels de Mitt Romney, a été à peine moins cinglant en affirmant qu'une troisième campagne présidentielle était «la définition de la folie».

Son père, Ron, qui a brigué la présidence à trois reprises, n'a pas dû la trouver drôle.

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