Un vétéran du Vietnam exécuté pour le meurtre d'un policier

Un ancien combattant américain au Vietnam a été exécuté mardi soir en Géorgie... (Photo: Reuters)

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Agence France-Presse
Washington

Un ancien combattant américain au Vietnam a été exécuté mardi soir en Géorgie pour le meurtre d'un policier, la première exécution de l'année 2015 aux États-Unis, a-t-on appris auprès des autorités pénitentiaires.

Andrew Howard Brannan, 66 ans, dont 15 dans le couloir de la mort, a été déclaré décédé par injection létale à 20h33 mardi au pénitencier de Jackson, en Géorgie, a indiqué à l'AFP Susan Megahee, porte-parole des prisons de l'État.

Cet ancien combattant du Vietnam, souffrant du syndrome post-traumatique (PTSD), avait été reconnu coupable le 28 janvier 2000 du meurtre «avec méchanceté» d'un policier de 22 ans.

«Brannan a tiré à de multiples reprises sur la victime et l'a tué lors d'un contrôle de la circulation», a écrit le bureau des grâces de Géorgie, en refusant sa clémence.

La vidéo embarquée du policier Kyle Dinkheller a enregistré sa propre mort. Le 12 janvier 1998, l'officier arrêtait le pick-up du condamné en excès de vitesse. Selon un document de la Cour suprême de Géorgie, la vidéo montre Brannan dansant sur la chaussée, criant des insultes et mettant au défi le policier de le tuer, avant de prendre un fusil dans son pick-up et de commencer à tirer aux cris de «Meurs, enculé».

Son ultime appel a également été rejeté par la Cour suprême des États-Unis, qui l'avait déjà débouté en juin dernier.

Jusqu'au dernier moment, ses avocats ont argué de ses bons et loyaux services au Vietnam, où il avait été déployé «volontairement» et d'où il était revenu «décoré pour son combat héroïque».

Andrew Howard Brannan... (Photo: Reuters) - image 2.0

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Andrew Howard Brannan

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«M. Brannan souffre d'une maladie mentale grave résultant de son expérience du combat, et dont les symptômes ont perduré jusqu'au moment du crime», a écrit Brian Kammer, dans son ultime recours mardi.

Celui-ci rappelait à la haute Cour de l'«exemption de peine capitale» dont bénéficient «les anciens combattants américains comme M. Brannan» quand ils sont malades mentaux, et jugeait en conséquence son exécution inconstitutionnelle en vertu du 8e Amendement.

Ses avocats n'avaient jamais contesté que cet homme, aux cheveux blancs et lunettes rondes, ait tué le policier, jeune père de famille. Mais ils estimaient qu'il y avait «un lien direct entre son déploiement au Vietnam, la violence à laquelle il a été exposé là-bas, et les événements ultimes qui se sont déroulés ici».

«La question de base qui se pose est vraiment: doit-on exécuter un ancien combattant de la guerre du Vietnam, âgé de 66 ans et sans antécédent judiciaire, qui, au moment du meurtre du shérif-adjoint, a été diagnostiqué handicapé à 100%, selon les critères du ministère des anciens combattants, pour PTSD et troubles bipolaires?», demandait son autre avocat Joe Loveland.

Il s'agit de la première exécution de l'année 2015 aux États-Unis, où la peine capitale a reculé en 2014 avec 35 exécutions, le chiffre le plus bas depuis 20 ans, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC).

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