L'ex-imam radical Abou Hamza condamné à la perpétuité à New York

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Abou Hamza en 2002

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Jennie MATTHEW
Agence France-Presse

L'ancien prêcheur radical britannique Abou Hamza a été condamné vendredi à la prison à perpétuité à New York pour onze chefs d'inculpation liés à une prise d'otages, et pour terrorisme, le juge parlant de crimes «diaboliques» et «barbares».

L'ex-imam de la mosquée londonienne de Finsbury Park avait été reconnu coupable le 19 mai dernier par un jury new-yorkais de complot et prise d'otages, pour avoir aidé les ravisseurs de 16 touristes occidentaux au Yémen en 1998. Quatre des otages avaient été tués lors d'une opération des forces yéménites pour les libérer.

Il avait aussi été reconnu coupable d'activité terroriste en lien avec un projet en 1999 de créer un camp d'entraînement au djihad dans l'Oregon, dans le nord-ouest des États-Unis, qui n'a finalement jamais vu le jour.

Abou Hamza, 56 ans, borgne et amputé des deux avant-bras après une explosion accidentelle au Pakistan, a accueilli sa condamnation avec seulement une petite moue impassible, le regard fixé sur sa table.

La juge Katherine Forrest lui a signifié qu'il purgerait sa peine aux États-Unis, après trois heures d'audience.

De son vrai nom Mustafa Kamel Mustafa, l'imam d'origine égyptienne s'était défendu lui-même durant son procès, au printemps dernier.

Vendredi, il n'a de nouveau montré aucun remord pour ses actes et a encore une fois plaidé son innocence, rejetant toutes les accusations contre lui.

Le visage pâle derrière une barbe grise, vêtu d'une blouse bleu marine, il a demandé à être envoyé dans une prison-hôpital où, a-t-il dit, il sera mieux soigné, étant double amputé et souffrant de diabète.

«En toute honnêteté je maintiens mon innocence», a-t-il affirmé.

Au cours de son procès au printemps dernier il avait cependant reconnu avoir eu parfois des termes très durs dans ses prêches et discours enflammés, dont de nombreux extraits avaient été montrés aux jurés. Il avait également reconnu qu'il aimait et admirait Oussama ben Laden «pour certaines raisons», mais souligné qu'il n'avait jamais été membre d'Al-Qaïda.

Un leader du djihad 

La juge Forrest a précisé avoir longtemps hésité sur la peine à prononcer à l'encontre d'Abou Hamza, mais elle a finalement décidé que le monde ne serait pas en sécurité si le prêcheur britannique était en liberté.

«Le mal peut avoir différentes formes et n'apparaît pas toujours au premier abord dans toute sa noirceur», a expliqué la juge. Il y a «une partie de vous que ce tribunal considère comme diabolique».

Mme Forrest a condamné l'ancien imam à deux peines de prison à vie pour deux charges relatives à l'enlèvement de touristes au Yémen, et à 100 ans de prison pour neuf autres charges.

Cette peine était la seule appropriée, pour le procureur Edward Kim: «L'accusé était un leader dans la guerre globale qu'est le djihad», a-t-il dit.

L'avocat d'Abou Hamza, Sam Schmidt, avait lui demandé une peine plus réduite «pour permettre à cet homme de 56 ans de passer les dernières années de sa vie avec sa famille». Il a aussi demandé à ce que son client soit incarcéré dans une prison médicale fédérale, et qu'il ne soit pas transféré dans la prison de haute sécurité de Florence, dans le Colorado (ouest), où les États-Unis enferment la plupart des condamnés les plus dangereux.

Abou Hamza, père de neuf enfants et ingénieur de formation, était devenu imam de la mosquée de Finsbury Park en 1997, une figure haute en couleur, aux prêches au vitriol, notamment contre le grand Satan américain.

Le Britannique Richard Reid, qui avait ensuite tenté de faire exploser un avion transatlantique avec des chaussures piégées, ou le Français Zacarias Moussaoui, condamné à la prison à vie en liaison avec le 11-Septembre, étaient notamment allés l'écouter, mais il a affirmé ne pas les connaître.

La mosquée de Finsbury avait été fermée en 2003, après une perquisition et la découverte d'armes.

Abou Hamza avait été arrêté en 2004 à la demande des autorités américaines, qui l'avaient inculpé des 11 charges dont il a été reconnu coupable.

Il avait ensuite été jugé en Angleterre en 2006, pour incitation au meurtre et à la haine raciale, et avait passé sept ans en prison. Il avait tenté en vain d'éviter son extradition aux États-Unis en octobre 2012.

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