Quand l'espion en chef de Washington dîne avec le général nord-coréen qui a piraté Sony

James Clapper, directeur du renseignement national, a fait... (PHOTO SUSAN WALSH, ARCHIVES AP)

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James Clapper, directeur du renseignement national, a fait un récit détaillé de cette entrevue lors d'une conférence sur la cybersécurité à New York, quelques jours après que les États-Unis ont infligé de nouvelles sanctions à la dictature nord-coréenne en représailles à l'attaque informatique du célèbre studio fin novembre, dont Pyongyang a nié être à l'origine.

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Agence France-Presse
NEW YORK

Le chef du renseignement américain a révélé mercredi son étonnant dîner avec le général nord-coréen qui serait l'instigateur du piratage de Sony Pictures, à l'occasion d'une mission secrète en Corée du Nord il y a deux mois.

James Clapper, directeur du renseignement national, a fait un récit détaillé de cette entrevue lors d'une conférence sur la cybersécurité à New York, quelques jours après que les États-Unis ont infligé de nouvelles sanctions à la dictature nord-coréenne en représailles à l'attaque informatique du célèbre studio fin novembre, dont Pyongyang a nié être à l'origine.

À l'occasion d'une courte mission en Corée du Nord le 7 novembre qui visait à la libération de deux prisonniers américains, M. Clapper a dîné avec le général Kim, «responsable du RGB qui a chapeauté l'attaque contre Sony», a-t-il raconté, en référence à la principale agence nord-coréenne de renseignement.

Même s'il n'a pas donné son nom complet, il pourrait s'agir du général Kim Yong-chol, le directeur du RGB, l'une des trois entités visées par la nouvelle salve de sanctions américaines.

Le dîner, composé de pas moins de douze plats, est «l'un des meilleurs repas coréens que j'ai mangés», a indiqué M. Clapper, regrettant toutefois que le général quatre étoiles ait passé le dîner à le houspiller sur les agressions américaines et pour dire que «nous sommes un peuple horrible».

«Ils pensent sincèrement être en état de siège, et nous présenter comme un ennemi susceptible de les envahir du jour au lendemain reste l'un de leurs principaux éléments de propagande pour souder le pays», a-t-il ajouté.

D'après son récit, le général Kim «pointait systématiquement son doigt vers moi en disant que les exercices américains et coréens sont une provocation guerrière». «N'étant pas un diplomate, j'ai répondu en pointant à mon tour mon doigt sur son torse.»

Clapper dit avoir finalement présenté une lettre du président Obama qui le décrivait comme son émissaire et indiquant que la libération des deux citoyens américains serait interprétée comme un geste positif.

Le lendemain, M. Clapper a été conduit dans un hôtel pour une «cérémonie d'amnistie» à l'issue de laquelle les deux Américains, en tenue de prisonniers, ont été libérés et emmenés directement à l'aéroport.

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