Les tensions persistent entre le maire de New York et sa police

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M. de Blasio prenait la parole lors d'une cérémonie de prestation de serment de 884 nouveaux policiers au Madison Square Garden.

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Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
NEW YORK

Les tensions restaient vives lundi entre la police et le maire de New York qui a été sifflé lors d'une cérémonie de prestation de serment, alors que les obsèques du deuxième policier récemment assassiné sont prévues le week-end prochain.

Des centaines de policiers avaient tourné le dos au maire Bill de Blasio lorsqu'il avait pris la parole samedi aux obsèques de Rafael Ramos, l'un des deux policiers assassinés le 20 décembre en pleine journée dans leur voiture à Brooklyn.

Lundi, certains l'ont encore accueilli avec des sifflets, alors que M. de Blasio prenait la parole lors d'une cérémonie de prestation de serment de 884 nouveaux policiers au Madison Square Garden.

Et en dépit de l'éloge qu'il a rendu à «la meilleure police du monde», saluant le «choix héroïque» et la «force intérieure» des nouvelles recrues, les applaudissements ont été maigres et au mieux polis, beaucoup moins chaleureux que ceux destinés au chef de la police Bill Bratton qui a ensuite pris la parole.

Comme il l'avait fait dimanche, M. Bratton a continué à défendre Bill de Blasio, en saluant sa «passion» pour sa police, en des temps «très difficiles».

L'entourage de M. de Blasio a tenu à souligner que ce n'était pas la première fois qu'un maire était sifflé dans ce genre de cérémonie.

Et comme il le fait depuis une semaine, M. de Blasio n'a répondu à aucune question de la presse.

Nouvelles obsèques ce week-end

Les obsèques du deuxième policier assassiné par un déséquilibré noir de 28 ans affirmant voulant venger la mort de Mike Brown et Eric Garner, deux Noirs tués cet été par la police, auront lieu ce week-end.

La veillée de prière en hommage à Wenjian Liu, 32 ans, qui était marié depuis deux mois, aura lieu samedi de 13h00 à 21h00 à Brooklyn, et son enterrement est prévu dimanche. Une partie de sa famille doit venir de Chine.

L'assassinat des deux policiers, tués par balles dans leur voiture, sans qu'ils aient même eu le temps de voir leur agresseur qui s'est ensuite suicidé, a profondément choqué les New-Yorkais et fait éclater au grand jour les tensions entre la police et M. de Blasio.

M. de Blasio a été accusé par certains policiers de ne pas assez les soutenir et d'être trop bienveillant envers les manifestants qui ont protesté à répétition à New York après la mort d'Eric Garner à New York et Mike Brown à Ferguson.

Certains policiers ne lui ont pas pardonné d'avoir déclaré début décembre qu'il avait expliqué à son fils adolescent, qui est métis, qu'il devait faire très attention dans ses interactions avec la police.

Le dirigeant d'une des principales associations de policiers l'a même accusé d'avoir du sang sur les mains après la mort des deux policiers.

Et l'ancien maire républicain de New York, Rudolf Giuliani a estimé dimanche que M. de Blasio devait purement et simplement «présenter des excuses à la police de New York».

Bill Bratton est l'un des rares à être monté ces derniers jours au créneau pour le défendre, dans un délicat exercice d'équilibriste.

Lors des émissions politiques dominicales, M. Bratton a ainsi estimé «très déplacée» l'attitude des policiers ayant tourné le dos lorsque M. de Blasio a pris la parole lors des obsèques de Rafael Ramos samedi dans une église du Queens. Plus de 20 000 policiers venus de tout le pays assistaient à ces obsèques.

Elles «rendaient hommage au policier Ramos. Introduire de la politique, introduire d'autres questions, était très déplacé», a déclaré M. Bratton sur CBS.

Mais ce vétéran, dans la police depuis 44 ans, a admis que le moral des 35 000 policiers new-yorkais était «bas», et estimé sur NBC que les divisions avec le maire allaient encore durer un moment.

«Mais nous allons faire un effort, nous asseoir avec les représentants des syndicats et discuter de leurs problèmes», a-t-il dit, affirmant que les tensions actuelles dépassaient «largement celles des relations raciales dans cette ville. Elles englobent des contrats de travail, elles englobent une histoire (...) très différente de ce qui se passe dans l'ensemble du pays».

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