Les Cubains de Miami dénoncent la «trahison» d'Obama

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Des manifestants ont dénoncé devant un café populaire de Miami la décision de Barack Obama.

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Diego URDANETA
Agence France-Presse
Miami

Pour les exilés anti-castristes de Miami, ville américaine où la majorité de la diaspora cubaine a trouvé refuge, la reprise historique des relations entre les États-Unis et l'île communiste ne va profiter qu'à La Havane.

«C'est une trahison», a réagi Carlos Muñoz Fontanil peu après avoir appris que les États-Unis avaient consenti à libérer trois espions cubains contre l'élargissement d'un espion détenu à Cuba depuis 20 ans et la libération d'un Américain, Alan Gross, détenu depuis cinq ans.

«Les pourparlers ne vont profiter qu'à Cuba», a ajouté ce Cubain, venu retrouver des dizaines d'autres compatriotes au Café Versailles, un lieu de réunion symbolique pour les exilés cubains dans le quartier de Little Havana à Miami.

Les États-Unis «prennent la mauvaise direction, ils se dirigent vers la catastrophe», a encore dit cet homme, installé depuis 40 ans aux États-Unis. «C'est un pays qui a toujours respecté la Constitution, (mais cette fois) Barack Obama s'est moqué d'elle».

«C'est triste que les États-Unis aient tout donné en échange de bien peu», a estimé le maire de Miami, Tomas Regalado, un Cubano-américain présent lui-aussi mercredi au Café Versailles.

«On aurait pu espérer qu'il y ait une demande pour plus d'ouverture démocratique, pour l'organisation d'élections libres mais non, il n'y a rien eu en échange», a-t-il regretté.

«Je savais que cela allait arriver, cela faisait longtemps qu'Obama avait ce projet», a estimé Osvaldo Hernández, de l'organisation anticastriste Vigilia Mambisa.

Constatant l'échec d'un demi-siècle d'isolement du régime castriste, le président américain a appelé de ses voeux un débat avec le Congrès sur la levée de cet embargo inscrit dans la loi.

«L'embargo ne sera jamais levé» parce que cela relève du Congrès américain, et Obama est un «lâche» d'avoir fait une telle annonce, a affirmé M. Hernández, brandissant une pancarte sur laquelle il dénonce «la trahison» de Washington.

Obama castriste 

«C'est un manque de respect. Obama est plus castriste et communiste que les autres», s'est indigné Felix Tirse, arrivé de Cuba il y a 53 ans.

Ces exilés anti-castristes se sont néanmoins réjouis de l'élargissement d'Alan Gross, détenu depuis cinq ans à La Havane pour espionnage.

Washington a toujours conditionné une détente avec Cuba à la libération de cet ancien contractuel de l'agence fédérale américaine pour le développement international (USAID), une branche du département d'État.

Arrêté le 3 décembre 2009 à Cuba, Alan Gross avait été condamné en 2011 à 15 ans de prison pour avoir introduit du matériel de transmission satellitaire interdit dans l'île communiste.

Mais les anti-castristes n'acceptent pas la libération de trois espions cubains, taupes dépêchées par Cuba pour enquêter sur les exilés aux États-Unis. Membres d'une équipe d'espions surnommée le «groupe des Cinq», ces derniers ont été condamnés en 2001 à de lourdes peines de prison pour espionnage et sont considérés à Cuba comme des «héros de la lutte antiterroriste».

«Il s'agit d'une grave erreur», a estimé le secrétaire général du parti Directorio Democratico Cubano, Orlando Gutiérrez-Boronat.

«Ce n'est pas comme cela que l'on devrait traiter un preneur d'otage», s'est indignée en référence à Cuba Rosa Maria Paya, fille du dissident catholique Oswaldo Paya, mort en 2012 dans un accident de la route, au Cuba, estimant qu'Alan Gross n'était pas un simple «prisonnier» mais un «otage».

Pour certains exilés réunis mercredi au Café Versailles, le rapprochement spectaculaire entre les deux pays ne faisait ni chaud ni froid.

«Je ne m'intéresse pas à Cuba. Cela ne me touche pas», a confié Pedro Alvarez, un Cubain de 79 ans, dont 52 ans passés aux États-Unis. «Je doute que cela améliore quoi que ce soit, surtout après un demi-siècle de disputes».

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