La démocrate anti-Wall Street qui menace Hillary Clinton

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

La sénatrice américaine Elizabeth Warren persiste à utiliser le présent: «Je ne suis pas candidate» à la Maison-Blanche, dit-elle. Jamais? «Je ne suis pas candidate à la présidentielle. Voulez-vous un point d'exclamation à la fin?»

L'interview donnée par la sénatrice démocrate à la radio NPR lundi fait écho à tant d'autres, où la démocrate de 65 ans dément avoir d'éventuelles ambitions présidentielles sans les enterrer tout à fait, alors que ses partisans la prient de faire concurrence à Hillary Clinton, 67 ans, archi-favorite des primaires démocrates de 2016 à ce stade.

Le réseau progressiste MoveOn.org a annoncé la semaine dernière qu'il lançait un mouvement pour la convaincre de se présenter, une pré-campagne non coordonnée avec la sénatrice. Dix personnes y travaillent à plein temps, et MoveOn a déjà un million de dollars à dépenser pour recruter des salariés dans le New Hampshire et l'Iowa, les deux États qui voteront en premier aux primaires 2016.

Leur premier rendez-vous officiel aura lieu mercredi dans un café de Des Moines, dans l'Iowa. Des débuts tardifs et modestes, comparés à la gigantesque infrastructure déjà en place autour d'Hillary Clinton, qui n'a toujours pas déclaré ses intentions.

«Nous allons bâtir ce qui pourrait servir de bases à une vraie campagne présidentielle, au cas où Elizabeth Warren décidait de se présenter», dit à l'AFP Nick Berning, porte-parole de MoveOn.

Mais alors que le positionnement politique d'Hillary Clinton peut sembler trop prudent, voire vague, Elizabeth Warren n'a pas ce problème: son combat est la défense de la classe moyenne, et l'ennemi s'appelle Wall Street.

Elizabeth Warren est une nouvelle venue sur la scène politique américaine. Elle fut nommée en 2010 par Barack Obama pour devenir la directrice d'un nouveau Bureau financier de protection des consommateurs. Après le blocage de sa nomination par le Sénat, elle s'est faite élire sénatrice dans le Massachusetts en novembre 2012.

Lors de sa première audition comme sénatrice, elle démolit le panel de régulateurs du secteur financier qui n'ont jamais traîné aucune grande banque de Wall Street devant les tribunaux pour la crise financière de 2008.

L'aiguillon de gauche

La semaine dernière, elle dénonçait depuis l'hémicycle du Sénat la banque Citigroup, accusée d'avoir, par l'entremise de ses lobbyistes, obtenu subrepticement l'abrogation d'une réglementation sur les produits dérivés.

Dans un discours abondamment repris par ses supporters, elle a énuméré les anciens de Citigroup occupant des postes stratégiques à Washington, dont le vice-président de la Banque centrale et le secrétaire au Trésor.

«Citigroup s'est élevée au-dessus des autres. Sa poigne sur les décisions économiques prises par l'exécutif est sans précédent», dit Elizabeth Warren.

A droite, sa pugnacité la fait qualifier de radicale anti-business. Mais elle attire pour les mêmes raisons la gauche du parti démocrate, qui trouve Hillary Clinton trop timorée, voire trop acoquinée avec Wall Street.

Vendredi, 300 anciens collaborateurs des campagnes présidentielles Obama ont aussi signé une lettre ouverte l'exhortant à se lancer.

Mais le temps presse, à un peu plus d'un an des premières primaires. Barack Obama et Hillary Clinton s'étaient officiellement déclarés en janvier 2007. Côté républicain, un premier candidat important s'est lancé mardi, Jeb Bush.

Elizabeth Warren souffre d'un déficit de notoriété. Un sondage Quinnipiac la place à 13% des intentions de vote des démocrates, loin derrière Hillary Clinton qui, avec 57%, dispose d'une avance exceptionnelle à ce stade de la course.

A la même époque en 2006, Hillary Clinton était certes aussi en tête, mais avec seulement 39% des intentions de vote, selon un sondage Washington Post, et trois candidats se montraient sérieux, dont Barack Obama avec 17%.

Les supporters d'Elizabeth Warren sont conscients du caractère «inévitable» d'Hillary Clinton. Aussi, l'objectif avoué est-il aussi de la pousser plus à gauche à l'occasion des futurs débats des primaires.

Mais les démentis de la sénatrice ne les découragent pas. Après tout, en janvier 2006, le sénateur Barack Obama disait sans équivoque qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle, au présent et au futur.

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