New York: deuil et appels à la réforme après des bavures policières

Des amis d'Akai Gurley, tué le 20 novembre... (PHOTO REUTERS/THE NEW YORK TIMES)

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Des amis d'Akai Gurley, tué le 20 novembre «par accident» par un jeune policier blanc dans une cage d'escalier mal éclairée d'une HLM de Brooklyn, se recueillent sur sa tombe, le 6 décembre.

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Jennie MATTHEW
Agence France-Presse
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Les obsèques samedi d'un jeune père de famille noir tué «accidentellement» par un policier blanc à New York ont donné lieu à un appel à une réforme judiciaire et policière, après une série de bavures qui ont déclenché des manifestations dans tout le pays.

Un homme de 28 ans, Akai Gurley, a été tué le 20 novembre «par accident» par un jeune policier blanc dans une cage d'escalier mal éclairée d'une HLM de Brooklyn.

L'affaire a suscité l'émotion dans tout le pays et intensifié les manifestations dénonçant depuis cet été le comportement de la police dans une succession d'altercations mortelles face à des Noirs non armés, ravivant les tensions raciales.

À New York, au moins 300 personnes ont été arrêtées au cours des trois dernières soirées. Des manifestants ont envahi vendredi soir des magasins, comme le grand magasin Macy's et la boutique Apple de la Cinquième avenue, et multiplient les die-in, une forme de protestation par laquelle ils s'allongent, comme morts, sur le sol.

Samedi matin, une centaine de proches et de militants des droits civiques, ainsi que plusieurs responsables de la ville, se sont recueillis sur le cercueil d'Akai Gurley dans une église baptiste de l'arrondissement de Brooklyn. Sa mère, Sylvia Palmer, et sa compagne, Melissa Butler, étaient présentes à la cérémonie.

«Akai était innocent, innocent, innocent», a martelé le militant Kevin Powell. Il a remercié la ville de New York et le maire Bill de Blasio pour avoir pris en charge le coût des obsèques.

«Encore et encore, nous assistons à des lynchages des temps modernes. Akai Gurley n'en est que la dernière des victimes», a-t-il lancé, en appelant à l'inculpation du jeune policier.

Une nouvelle manifestation a eu lieu plus tard dans la journée à New York. Malgré une pluie diluvienne, des dizaines de personnes se sont rassemblées sur Times Square puis sur Union Square.

La foule scandait «Je ne peux pas respirer», les derniers mots répétés par Eric Garner, ce père de famille noir âgé de 43 ans mort étouffé en juillet lors d'une interpellation brutale par la police de New York.

Une autre manifestation était prévue plus tard dans la soirée à Brooklyn.

Dans le cas de la mort d'Akai Gurley, la justice new-yorkaise a annoncé vendredi la convocation d'un grand jury pour décider si le policier, Peter Liang, devait être poursuivi devant les tribunaux ou non.

Le chef de la police de New York, Bill Bratton, avait souligné dès le lendemain qu'il s'agissait d'un «coup de feu accidentel» et que la victime était totalement innocente.

Le mot de «lynchage», particulièrement lourd de sens aux États unis quelque cinquante ans après la déségrégation, a aussi été employé par le représentant de la famille, Kevin Powell, qui voit un lien entre les récentes affaires: «Nous estimons malheureusement que ça ressemble à une série de lynchages modernes», a-t-il affirmé.

Rassemblement à Harlem avec Spike Lee

De multiples affaires policières se superposent en effet depuis cet été et alimentent les appels à une réforme des méthodes policières, et du système pénal en général.

Pour les manifestants, les policiers ont trop souvent recours à une force excessive contre les Noirs, tout en étant rarement renvoyés devant la justice.

Un représentant de New York au Congrès, Charlie Rangel, a tonné que le «cancer du racisme» persistait aux États-Unis.

Les quatre soirées de manifestations consécutives --à New York et dans d'autres grandes villes américaines-- ont été déclenchées par la décision, mercredi, d'un autre grand jury de ne pas poursuivre un policier blanc dans une autre affaire, celle de la mort d'Eric Garner sur l'île de Staten Island à New York.

Soupçonné de vente illégale de cigarettes, Eric Garner est décédé en juillet après avoir été brutalement interpellé par des policiers et serré au cou par l'un des agents. Il est mort étouffé après avoir crié de manière répétée «Je ne peux pas respirer», une mort filmée et dont les images ont fait le tour du monde.

Des policiers ont également tué des Noirs non armés, dont Michael Brown, 18 ans, à Ferguson (Missouri, centre) en août, et le jeune Tamer Rice, âgé de 12 ans, à Cleveland (Ohio, nord) fin novembre.

À Washington vendredi soir, des centaines de personnes ont convergé vers le quartier de la Maison-Blanche, bloquant des rues en s'asseyant ou s'allongeant au milieu de carrefours pour bloquer la circulation, sans incident.

Des manifestations ont aussi eu lieu à Chicago, Boston, La Nouvelle-Orléans et, pour la première fois, Miami.

Samedi, un rassemblement a eu lieu dans le quartier de Harlem à New York, à l'appel de la figure de la lutte pour les droits civiques Al Sharpton, en présence du réalisateur Spike Lee.

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