Obama nomme Ashton Carter à la tête du Pentagone

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Connu pour son franc-parler, Ashton Carter, 60 ans, expert des questions budgétaires, est un fin connaisseur des arcanes du Pentagone, dont il fut le numéro 2 entre 2011 et 2013.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le président américain Barack Obama a annoncé vendredi la nomination comme secrétaire à la Défense d'Ashton Carter au moment où la coalition contre le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie prédit un combat de longue haleine.

Cet homme de 60 ans, qui fut numéro deux du Pentagone entre 2011 et 2013, devra s'appuyer sur son franc-parler et sa fine connaissance du Pentagone pour trouver sa place au sein de l'administration mais aussi relever les nombreux défis auxquels l'armée américaine est confrontée.

M. Obama a mis en avant vendredi la lutte contre les jihadistes de l'EI, la fin des missions de combat en Afghanistan à la fin de l'année, la riposte au virus Ebola en Afrique de l'Ouest où des militaire américains ont été déployés, ou encore le renforcement des alliances militaires des États-Unis, OTAN en tête.

La coalition menée par les États-Unis a estimé mercredi que l'organisation Etat islamique était «en train d'être stoppée» en Irak et en Syrie. Mais elle a aussi reconnu que ce combat pourrait durer «des années» et qu'il faudrait faire plus pour tarir les revenus de l'EI et endiguer le «flot de combattants terroristes étrangers».

La confirmation d'Ashton Carter par le Sénat ne devrait - a priori - pas poser de problème dans la mesure où plusieurs élus républicains de premier plan ont déjà indiqué qu'ils n'y étaient pas opposés. «Je m'attends à ce qu'il soit confirmé», a affirmé le sénateur républicain Lindsey Graham.

Le sénateur John McCain a pour sa part jugé qu'il était «extrêmement compétent, très travailleur et doté d'une solide expérience». Cependant, a-t-il ajouté ironique, «j'espère qu'il comprend bien qu'il aura probablement une influence limitée sur le petit cercle qui entoure le président et qui contrôle visiblement tout le processus de décision».

«Franchise» 

M. Obama a souligné qu'il avait travaillé étroitement avec lui au cours de ces dernières années: «Il était à mes côtés pour répondre aux défis complexes auxquels nous étions confrontés, je me suis appuyé sur ses compétences et son jugement».

En acceptant cette nomination lors d'une brève cérémonie à la Maison-Blanche, M. Carter, diplômé d'histoire médiévale et de physique, a affiché sa détermination à faire preuve de «franchise» avec le président américain.

Signe des tensions qui entourent le départ de Chuck Hagel, ce dernier n'était pas présent lors de cette cérémonie à la Maison-Blanche, contrairement à ce qui avait été initialement annoncé.

«Il est difficile d'imaginer quelqu'un de mieux préparé (que M. Carter) pour ce poste», juge Stephen Biddle, professeur à George Washington University. «Il est très respecté à la fois par les civils et par les militaires au sein du Pentagone. C'est un manager d'expérience. Et il est extraordinairement intelligent».

«Mais la grande incertitude concerne sa capacité à façonner la politique de défense américaine au sein d'une administration aussi centralisée», ajoute-t-il, estimant que s'il «y a toujours eu un certain niveau de tension entre civils et militaires», il est «incontestablement plus fort sous cette administration».

Interrogé jeudi sur la marge de manoeuvre qu'aurait le successeur de M. Hagel, le porte-parole de l'exécutif, Josh Earnest, a assuré que l'existence de frictions entre la Maison-Blanche et le Pentagone n'était «ni nouvelle, ni propre à cette administration».

Mais il a aussi clairement souligné la répartition des rôles: «Le président est le commandant en chef (des forces armées) et est au sommet de la chaîne de commandement. Cela signifie que le président a une responsabilité importante dans ce qui se passe au ministère de la Défense».

Au-delà de ses relations avec le président, Ashton Carter, qui a plutôt travaillé dans l'ombre jusqu'ici, devra aussi s'habituer à la pleine lumière.

«Occuper un poste de haut niveau dans l'administration à Washington, c'est un peu comme être un chrétien dans le Colisée», écrivait-il il y a quelques années. «Vous ne savez jamais quand ils vont lâcher les lions et vous faire dévorer pour le plus grand plaisir du public».

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