Manif à New York après la décision de ne pas poursuivre un policier

Des manifestants ont organisé un «die-in» à la... (Photo: Reuters)

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Des manifestants ont organisé un «die-in» à la gare ferroviaire Grand Central Terminal, à Manhattan, en pleine heure de pointe mercredi.

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Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
New York

Des manifestations ont eu lieu mercredi soir dans plusieurs quartiers de New York, et plusieurs personnes ont été arrêtées, après la décision d'un grand jury de ne pas inculper un policier blanc impliqué dans la mort d'un père de famille noir.

Cette décision est intervenue dix jours après une décision similaire à Ferguson, au Missouri, qui avait suscité des émeutes, et de très importantes forces de police avaient été déployées à New York pour éviter tout incident.

Plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés près du Rockefeller Center, se mêlant aux touristes venus admirer le sapin qui devait être illuminé dans la soirée, et plusieurs protestataires ont été arrêtés alors qu'ils essayaient de s'asseoir sur la chaussée, a constaté l'AFP.

D'autres, par dizaines ou centaines, se sont retrouvés à Times Square, Union Square, Columbus Circle, Harlem, d'autres encore à Staten Island, l'arrondissement de New York où est mort Eric Garner, 43 ans, lors d'une interpellation musclée le 17 juillet.

Ce père de six enfants soupçonné de vente illégale de cigarettes avait été plaqué au sol par plusieurs policiers blancs, après avoir refusé d'être arrêté.

Dans une vidéo amateur, on voit un de ces policiers, Daniel Pantaleo, le prendre par le cou pour le jeter à terre, une pratique pourtant interdite au sein de la police new-yorkaise. «Je ne peux pas respirer», se plaint à plusieurs reprises Garner, obèse et asthmatique, avant de perdre connaissance. Il avait été déclaré mort peu après, et le médecin légiste avait conclu à un homicide.

Le président Obama a rapidement réagi, en termes généraux, après la décision du grand jury de ne pas inculper Daniel Pantaleo, affirmant que «trop souvent, les gens n'ont pas confiance qu'ils sont traités de manière équitable. Dans certains cas, cela peut-être une incompréhension, mais c'est parfois la réalité».

«Nous n'arrêterons pas, avant de voir un renforcement de la confiance et de la responsabilité qui existe entre nos communautés et notre police», a aussi déclaré le président américain.

Enquête fédérale 

Le policier ne sera donc pas poursuivi au niveau local, mais le ministre de la Justice Eric Holder annoncé mercredi soir une enquête fédérale sur une éventuelle violation des droits civiques d'Eric Garner, dont la mère n'a pas caché sa colère après la décision du grand jury.

«Comment pouvons-nous avoir confiance dans notre système judiciaire quand ils nous déçoivent à ce point», a déclaré Gwenn Carr lors d'une conférence de presse.

«C'est un jour très émouvant, très douloureux pour la ville», a de son côté déclaré le maire de New York, Bill de Blasio, qui a estimé qu'il fallait «trouver une façon d'aller de l'avant».

Sur un ton plus personnel, M. de Blasio, dont l'épouse est noire, a même expliqué qu'il avait évoqué avec son fils métis pendant des années «les dangers qu'il pourrait rencontrer» lors d'interactions avec la police.

Il a cependant appelé les manifestants à protester «de manière pacifique», et les a incités à «travailler pour que ça change».

Le grand jury, 23 citoyens américains qui avaient commencé à se réunir en septembre, «a trouvé qu'il n'y avait pas de cause raisonnable de voter pour une inculpation» de Daniel Pantaleo «après délibération sur les éléments de l'enquête qui lui a été présentée», avait auparavant expliqué le procureur de Staten Island Daniel Donovan.

Daniel Pantaleo, 29 ans, a lui expliqué dans un communiqué qu'il «n'a(vait) jamais eu l'intention de faire du mal à qui que ce soit. Je me sens très mal par rapport à la mort de M. Garner (...) et j'espère que (sa famille) acceptera mes condoléances personnelles pour leur perte».

À la gare de Grand Central, une cinquantaine de personnes se sont couchées sur le sol en fin d'après-midi, prétendant être mortes, a constaté l'AFP.

«J'en ai marre d'être en colère», a expliqué Soraya Soi Fre, une des manifestantes.

«Nous devons réfléchir, ne pas nous laisser dépasser par nos émotions. Le plan est de s'unir, de s'organiser et de faire changer les choses», a-t-elle ajouté.

Les manifestants du Rockefeller Center, bloqués par la police au niveau de la 46e rue, portaient des panneaux «Ferguson est partout», «la brutalité de la police et les meurtres doivent s'arrêter», ou encore «la vie des Noirs compte». Certains, comme à Grand Central, scandaient «je ne peux pas respirer», les derniers mots d'Eric Garner.

Les autorités qui, quelques heures plus tôt, avaient annoncé le lancement d'un programme pilote équipant des policiers de minicaméras «pour améliorer la confiance entre la police et les communautés», avaient mis en garde contre tout débordement.

«Les gens ont le droit de manifester, de protester. Mais s'ils s'engagent dans des activités criminelles, tel le vandalisme, ils seront arrêtés, tout simplement», avait déclaré Bill Bratton, le chef de la police de New York qui compte 35 000 hommes et femmes en uniforme.

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