La discrimination des femmes enceintes au travail devant la Cour suprême

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Peggy Young (à droite) et son avocate Sharon Gustafson devant la Cour suprême, à Washington, le 3 décembre.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

La Cour suprême des États-Unis s'est penchée mercredi sur la discrimination pendant la grossesse, alors qu'au pied de l'imposant édifice à Washington des militants de la cause féminine réclamaient «justice pour les travailleuses enceintes».

Peggy Young travaillait comme chauffeur-livreur pour l'entreprise postale américaine UPS quand elle a demandé en 2009 une adaptation de ses conditions de travail après être tombée enceinte par fécondation in vitro.

Ses médecins ont requis qu'elle ne soulève pas plus de neuf kilos, alors que ses fonctions exigeaient qu'elle puisse porter des colis de plus de 32 kilos.

Son employeur United Postal Service a refusé de lui attribuer un poste avec des charges «légères», UPS arguant que ces postes étaient réservés à ses employés «blessés» ou handicapés, forçant la jeune femme à prendre un congé sans solde de sept mois, lui faisant perdre du coup son assurance-maladie.

Pendant une audience d'une heure, deux des trois femmes juges ont ouvertement pris position pour la plaignante, déboutée devant la justice inférieure.

Mais dans cette affaire susceptible d'avoir des répercussions pour toutes les femmes actives, il était difficile de prédire quel serait le vote de la gent masculine de la haute Cour.

De retour d'une opération cardiovasculaire, Ruth Ginsburg, 81 ans, fervente défenseuse des droits des femmes, et sa collègue progressiste Elena Kagan ont conduit un interrogatoire en règle de l'avocate d'UPS, Caitlin Halligan.

Donnez-moi «un seul exemple d'une personne qui voulait une dispense et qui ne l'ait pas obtenue, à part les femmes enceintes», a demandé la juge Ginsburg.

Concluant de vifs échanges, Elena Kagan a estimé que la loi était censée «enlever les stéréotypes qui font des femmes enceintes des travailleurs marginaux». Le texte «est censé assurer que (les femmes enceintes) ne soient pas injustement exclues de la main d'oeuvre et vous êtes en train de me dire que la politique (d'UPS) est accommodante pour certains employés mais met toutes les femmes enceintes au bout de la file d'attente».

A l'audience, l'avocat du gouvernement Donald Verrilli a apporté son soutien à la plaignante, qui affirme qu'UPS a violé la loi sur les discriminations contre la grossesse --qui proclame que les femmes enceintes et celles qui ne le sont pas sont «similaires dans leur capacité ou incapacité à travailler».

«L'objectif» de la loi, a plaidé Me Verrilli, c'est de «réduire le nombre de femmes éliminées de la main d'oeuvre ou forcées à partir pendant des mois sans salaire car elles sont enceintes».

Après de récents revers pour le droit des femmes à la haute Cour, comme en matière de contraception, les militantes féministes espèrent que ce cas leur donnera raison. Devant l'édifice, elles avaient déployé des banderoles «Stand with Peggy» (Soutien à Peggy), «justice pour les travailleuses enceintes», ou «protégez les gens, pas les paquets».

Au pied des marches de la Cour suprême, Peggy Young, qui avait assisté à l'audience, s'est dite «pleine d'espoir». La décision de la haute Cour est attendue avant juin.

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