Affrontements à l'horizon à Washington

Le président Obama n'a pas versé dans le... (PHOTO BRENDAN SMIALOWSKI, AFP)

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Le président Obama n'a pas versé dans le mea-culpa, lors de son discours hier, malgré la contre-performance des démocrates aux élections de mi-mandat.

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Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) «Je vous ai entendus», a déclaré Barack Obama aux électeurs américains au lendemain de la vague républicaine qui a déferlé sur les États-Unis. Mais les promesses de collaboration du président pourraient vite se muer en gestes d'affrontement. Retour sur des élections qui ont comporté quelques bonnes nouvelles pour les progressistes américains et les conservateurs canadiens.

À tour de rôle, ils ont promis de collaborer, interprétant les résultats des élections de mi-mandat comme une expression de l'exaspération des Américains à l'égard des blocages de Washington.

«J'ai hâte de travailler avec le nouveau Congrès pour faire en sorte que les deux prochaines années soient les plus productives possible», a déclaré Barack Obama au lendemain des nombreuses défaites qu'ont subies les démocrates dans les courses au Sénat et à la Chambre des représentants.

Prenant la parole lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, le président américain a même affirmé qu'il prendrait plaisir à boire «un peu de bourbon du Kentucky avec Mitch McConnell», le sénateur républicain de cet État qui devrait devenir chef de la majorité au Sénat en janvier prochain.

Le grand gagnant des élections de mi-mandat a lui-même tendu la main au président lors d'un point de presse à Louisville, au Kentucky.

«Quand les Américains choisissent un gouvernement divisé, cela ne signifie pas qu'ils ne veulent pas que nous fassions quelque chose. Nous devrions commencer par l'idée qu'il y a des choses sur lesquelles nous pouvons nous entendre pour faire progresser le pays», a dit le sénateur McConnell.

Mais le démocrate de la Maison-Blanche et le républicain du Sénat n'ont pas tardé à tracer les contours de leurs prochains affrontements.

Barack Obama a notamment indiqué qu'il n'avait pas l'intention de renoncer à son engagement d'agir par décret pour régulariser le statut de millions d'immigrés clandestins aux États-Unis d'ici la fin de l'année. Il a précisé que les républicains pourraient annuler les nouvelles mesures en adoptant un projet de loi migratoire susceptible d'obtenir son appui.

«J'ai hâte de voir ce qu'ils ont à offrir, mais je ne me contenterai pas d'attendre», a-t-il dit.

Lors de sa conférence de presse, le sénateur McConnell avait déclaré que le recours à une approche unilatérale en matière d'immigration «serait comme agiter un drapeau devant un taureau».

Si Barack Obama a été sonné par la défaite des démocrates aux élections de mi-mandat, il l'a bien caché, hier, lors de sa conférence de presse. Adoptant un ton volontaire, il a refusé à maintes reprises d'admettre que sa performance ou ses politiques aient pu peser dans le verdict de mardi.

«Le peuple américain a envoyé un message, toujours le même depuis plusieurs élections, a-t-il déclaré. Les gens s'attendent à ce que les politiciens qu'ils élisent travaillent aussi fort qu'eux. Ils veulent que nous accomplissions le boulot.»

Et d'ajouter: «Le peuple américain croit massivement que cette ville ne fonctionne pas bien.»

Ebola et État islamique

Le président a évoqué plusieurs dossiers sur lesquels il veut que les élus du Congrès agissent rapidement. Il est notamment à la recherche de nouveaux fonds pour la lutte contre l'Ebola et d'un texte autorisant l'utilisation de la force contre le groupe État islamique.

Le président a également évoqué des compromis possibles avec les républicains sur le commerce international, la réforme de la fiscalité des entreprises et les dépenses d'infrastructure.

Il aura l'occasion d'aborder ces questions avec les dirigeants républicains et démocrates du Congrès demain à la Maison-Blanche. «À tous ceux qui ont voté, je veux qu'ils sachent que je vous ai entendus», a déclaré le président au cours de sa conférence de presse.

Mais les républicains ont l'impression que le locataire de la Maison-Blanche n'a pas bien compris le message de l'électorat américain. Et ils ont l'intention d'agir rapidement sur des dossiers qui ne font pas partie des priorités du président, dont la construction de l'oléoduc Keystone XL.

Le projet de loi autorisant le projet «Keystone XL fera l'objet d'un vote au Sénat, quelque chose que la majorité actuelle a évité depuis littéralement des années», a déclaré le sénateur McConnell.

Sénat

52

Nombre de sièges républicains

45

Nombre de sièges démocrates

L'issue des courses en Virginie, en Alaska et en Louisiane reste à déterminer.

Chambre des représentants

243

Nombre de sièges républicains

178

Nombre de sièges démocrates

L'issue de courses dans 14 circonscriptions reste à déterminer.

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