Brittany, le suicide assisté et les États-Unis

Brittany Maynard est devenue une célébrité aux États-Unis.... (Archives AP)

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Brittany Maynard est devenue une célébrité aux États-Unis. Dans une vidéo vue par 10 millions de personnes, la jeune femme, atteinte d'un cancer incurable, expliquait pourquoi elle voulait choisir le jour de sa mort.

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Au cours des dernières semaines, Brittany Maynard est devenue une célébrité aux États-Unis. Dans une vidéo vue par 10 millions de personnes, la jeune femme, atteinte d'un cancer incurable, expliquait pourquoi elle voulait choisir le jour de sa mort. Samedi, elle a mis fin à ses jours en prenant des médicaments prescrits par un médecin. Sa mort a ravivé le débat sur le suicide assisté aux États-Unis. Trois choses à savoir sur la question.

Un vieux débat

Le débat sur l'euthanasie fait rage aux États-Unis depuis la création du pays. Selon les principes chrétiens qui ont guidé les pères de la Constitution, le suicide et le suicide assisté étaient vus d'un bien mauvais oeil. Ce principe a été remis en question par Samuel Williams, en 1870. Lors d'un débat à Birmingham, Williams a avancé que la morphine pouvait non seulement être utilisée pour soulager la douleur, mais aussi pour mettre fin à la vie des plus souffrants. Son argument s'est transformé en projet de loi en Ohio en 1906, mais n'a jamais reçu l'assentiment des législateurs. La Seconde Guerre mondiale et l'euthanasie pratiquée par les nazis ont enterré le débat pendant plusieurs décennies, mais le sujet est revenu au premier plan dans les années 70. À ce jour, l'euthanasie par un tiers n'est permise nulle part aux États-Unis. Cependant, une étude publiée dans The Lancet en 2000 démontrait que plus de 3000 médecins américains ont, au cours de leur carrière, pratiqué l'euthanasie à la demande de leurs patients ou les avaient aidés à se donner la mort.

Cinq États

Cinq États reconnaissent aux personnes atteintes de maladies incurables et en phase terminale le droit d'obtenir d'un médecin une ordonnance pour des médicaments qui leur permettront de mettre elles-mêmes fin à leurs jours. L'Oregon a été le premier État à mettre cette mesure en place, en 1997. Depuis, les États de Washington, du Montana, du Nouveau-Mexique et du Vermont ont emboîté le pas. En Oregon, 752 personnes ont à ce jour eu recours à la «loi sur la mort dans la dignité». La procédure stipule qu'un patient en phase terminale doit d'abord faire une demande par écrit à un médecin pour obtenir une ordonnance, qu'il doit revenir à la charge deux semaines plus tard de vive voix et que 15 jours doivent s'écouler avant que l'ordonnance ne soit rendue. Dans les deux tiers des cas, les médecins refusent ces demandes.

Le cancer de Brittany

Originaire de la Californie, Brittany Maynard a reçu un diagnostic de cancer du cerveau le 1er janvier. Quelques semaines plus tard, on lui a appris qu'elle n'avait que six mois à vivre. Avec son mari, elle a décidé d'emménager en Oregon pour avoir recours à la «loi sur la mort dans la dignité». Le 6 octobre, elle a mis une vidéo en ligne dans laquelle elle expliquait son choix et plaidait en faveur d'un plus grand accès à cette mesure humanitaire dans l'ensemble du pays. La vidéo virale, soutenue par l'organisme Compassion et choix, a suscité une vague de sympathie, mais a aussi éveillé des voix discordantes, qui priaient Brittany Maynard de revenir sur sa décision. Samedi, comme prévu, la jeune femme a mis fin à sa vie, entourée des siens. «Aujourd'hui est le jour que j'ai choisi pour mourir avec dignité face à ma maladie en phase terminale, ce terrible cancer qui m'a pris tellement de choses, mais aurait pu m'en prendre davantage», a écrit la jeune femme quelques minutes avant sa mort.

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