Pas d'enfants clandestins dans leur cour

«Retournez à l'expéditeur» et «Go Home Non-Yankees», pouvait-on... (Photo: Reuters)

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«Retournez à l'expéditeur» et «Go Home Non-Yankees», pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des militants anti-immigration lors du passage d'autobus transportant des enfants clandestins.

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Richard Hétu

Collaboration spéciale

La Presse

(New York) Après Murrieta, Oracle. Pour la deuxième fois en moins de deux semaines, des opposants à l'immigration illégale ont empêché hier le transfert d'enfants clandestins dans leur municipalité.

Le 3 juillet, une centaine d'habitants de Murrieta, une ville de la Californie du Sud, ont empêché trois bus transportant 140 mineurs non accompagnés d'Amérique centrale d'accéder à un centre de rétention du gouvernement fédéral.

Hier, plus de 80 manifestants d'Oracle, une petite municipalité située près de Tucson, en Arizona, ont crié victoire à leur tour après avoir appris que des autobus transportant de 40 à 60 enfants clandestins n'arriveraient pas à destination, à savoir un centre de réadaptation pour jeunes en difficulté.

«Retournez à l'expéditeur» et «Go Home Non-Yankees», pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des militants anti-immigration.

La manifestation d'Oracle, soutenue par des élus locaux et des membres d'une milice de l'Arizona, illustre la nature explosive de la crise humanitaire que provoque l'afflux de 57 000 enfants non accompagnés à la frontière entre le Mexique et les États-Unis depuis octobre. Ces mineurs viennent pour la plupart d'Amérique centrale, où plusieurs d'entre eux fuient la violence endémique due aux gangs, à la drogue et à la pauvreté dans leur pays.

«Nous ne savons pas qui ils sont. Nous ne connaissons pas leurs conditions médicales. Nous ne savons rien parce que le gouvernement fédéral ne nous dit rien», a dénoncé Robert Skiba, l'un des organisateurs de la manifestation.

Le département de la Santé et des Services sociaux, qui a pris en charge les mineurs, n'a pas indiqué si leur transfert aurait lieu à une date ultérieure.

Entre-temps, à Washington, deux élus du Texas ont proposé une solution à la crise. Le sénateur républicain John Cornyn et le représentant démocrate Henry Cuellar ont déposé hier un texte destiné à modifier une loi anti-trafic d'êtres humains promulguée par George W. Bush en janvier 2008, à la toute fin de sa présidence.

Cette loi permet aux enfants non accompagnés en provenance de pays non frontaliers d'être entendus par un juge d'immigration, accueillis dans des foyers d'hébergement et, le cas échéant, confiés à des proches aux États-Unis. Il s'écoule souvent plusieurs mois avant qu'un juge ne rende une décision sur leur statut.

Selon le texte Cornyn-Cuellar, les enfants d'Amérique centrale ne jouiraient plus automatiquement des protections incluses dans la loi de 2008 et pourraient être reconduits dans leur pays 72 heures après une demande d'asile. Celle-ci devrait être déposée sept jours après leur prise en charge par les autorités américaines.

Le chef de la majorité au Sénat, le démocrate Harry Reid, s'est prononcé contre ce projet de loi, hier. Comme Barack Obama, il réclame que les républicains du Congrès approuvent une nouvelle enveloppe de 3,7 milliards de dollars pour répondre à la crise de l'immigration illégale.

57 000
Nombre des mineurs non accompagnés qui ont été interpellés à la frontière entre le Mexique et les États-Unis depuis octobre.
3,7
milliards
Montant en dollars américains réclamé par Barack Obama pour augmenter le nombre d'agents et de juges à la frontière, et accroître les capacités d'hébergement et d'expulsions.




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