Des vétérans morts faute de soins?

Pricella Valdez, endeuillée par la mort de son... (PHOTO SAMANTHA SAIS, REUTERS)

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Pricella Valdez, endeuillée par la mort de son père, réagit aux révélations sur les retards persistants dans le traitement médical des anciens combattants à l'hôpital militaire de Phoenix.

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Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) Après avoir risqué leur vie dans les forces armées des États-Unis, d'anciens combattants sont-ils morts dans leur pays faute d'obtenir un rendez-vous avec un médecin?

La question suscite ces jours-ci un vif émoi aux États-Unis et menace de plomber encore davantage le second mandat de Barack Obama, qui avait promis d'améliorer le traitement médical des vétérans.

«Si ces accusations sont avérées, c'est déshonorant, scandaleux, et je ne le tolérerai pas, point à la ligne», a déclaré un président sur la défensive hier à la Maison-Blanche.

Mais le scandale - c'est le mot qu'utilisent certains politiciens et médias - met en cause d'abord et avant tout le ministère des Anciens Combattants, lequel gère un réseau de 152hôpitaux militaires et 817 cliniques qui reçoivent quelque 200 000 vétérans par jour.

Pourquoi d'anciens combattants seraient-ils morts en pareilles circonstances? Et que fera-t-on pour corriger la situation? Décryptage de cette controverse en quatre questions.

Comment l'affaire a-t-elle éclaté?

Les retards persistants dans le traitement médical des anciens combattants ne constituent pas un nouveau problème aux États-Unis. Mais le sujet est devenu explosif le mois dernier lorsque des personnes, dont l'ancien directeur d'une clinique médicale, ont dénoncé à l'Arizona Republic le fait qu'au moins 40 vétérans étaient morts alors qu'ils tentaient en vain d'obtenir un rendez-vous avec un médecin à l'hôpital militaire de Phoenix. CNN a révélé par la suite que des responsables de cet établissement avaient mis en place un système pour dissimuler le nombre de vétérans malades - de 1400 à 1600 - qui étaient obligés d'attendre plusieurs mois pour voir un médecin. Depuis, d'autres hôpitaux militaires ont été accusés à leur tour d'avoir cherché à camoufler des retards en établissant des listes d'attente secrètes.

Quelle a été la réaction du ministère des Anciens Combattants?

L'inspecteur général des Anciens Combattants a lancé une enquête sur l'hôpital militaire de Phoenix qui pourrait déboucher sur des accusations criminelles. De son côté, le ministre des Anciens Combattants, le général à la retraite Eric Shinseki, doit terminer d'ici à la semaine prochaine un examen préliminaire sur les retards et les manipulations de listes d'attente dans plusieurs hôpitaux militaires.

Qu'en est-il de la réaction des élus du Congrès?

Républicains comme démocrates ont vivement dénoncé les graves dysfonctionnements dans certains hôpitaux militaires, dont celui de Phoenix. Ils ont déposé hier un projet de loi bipartite destiné à faciliter le congédiement des gestionnaires et des employés incompétents. Mais des républicains sont allés plus loin en réclamant en outre la tête du ministre des Anciens Combattants, Eric Shinseki, accusé d'avoir voulu étouffer le scandale. D'autres républicains ont voulu voir dans cette affaire une autre preuve de l'incompétence de Barack Obama, qui se relève à peine des ratés du lancement de sa réforme de la santé. Ils ont promis de revenir sur le sujet pendant la campagne qui mènera en novembre aux élections de mi-mandat.

Obama congédiera-t-il des responsables?

Le président a réitéré hier sa confiance en Eric Shinseki, vétéran de la guerre du Viêtnam qu'il a nommé en 2009 à la tête du ministère des Anciens Combattants. Mais il s'est engagé à sévir s'il appert que des responsables de l'hôpital militaire de Phoenix sont en faute. «Je sais que les gens sont en colère et veulent un aboutissement rapide. Je comprends cela. Mais il faut que les enquêteurs puissent faire leur travail et aller au fond des choses», a-t-il dit hier matin. En attendant, il a demandé à son chef de cabinet adjoint, Rob Nabors, de mener une vaste enquête sur le système de santé géré par le ministère des Anciens Combattants. Comme d'autres experts l'ont fait avant lui, il constatera sans doute que ce système est mal équipé pour faire face aux tsunamis des vétérans rentrés d'Afghanistan et d'Irak et aux besoins grandissants des vétérans du Viêtnam.

EN CHIFFRES

154 milliards

Budget du ministère des Anciens Combattants en 2014

8,3 millions

Nombre d'anciens combattants traités chaque année dans les hôpitaux militaires du gouvernement




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